Poussée d'Hypertension artérielle
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Une poussée de tension peut se déclarer à tout moment notamment chez les individus hypertendus. Elle peut être asymptomatique ou accompagnée de migraines désagréables. Ne paniquez pas, les crises ne sont dangereuses que si elles sont responsables d’une atteinte viscérale engageant le pronostic vital à court terme. Quand est-ce qu’on parle de poussée de tension ou poussée hypertensive ? Quels en sont les symptômes ? Comment traiter et prévenir une augmentation soudaine de la tension artérielle ? Nous allons faire le point sur le sujet.
Qu’est-ce que ?
La poussée de tension appelée également poussée hypertensive désigne une augmentation brutale et importante de la tension artérielle. Elle est fréquente chez les hypertendus et peut être déclenchée par différents facteurs.
La poussée de tension est enregistrée chez près de 1 % des individus hypertendus. Elle représente 3 % des patients admis aux urgences hospitalières.
Les symptômes couramment retrouvés au cours d’une poussée de tension artérielle sont :
Symptômes neurologiques : vertiges, céphalées, acouphènes, phosphène.
Symptômes au niveau de la sphère ORL : épistaxis, bourdonnement d’oreilles…
Signes urologiques : pollakiurie nocturne (besoin fréquent d’uriner pendant la nuit).
Signes cutanés : bouffées de chaleur, rougeur de visage (flush).
Au cours d’une poussée de tension, la tension artérielle peut dépasser les 180/110 mmHg. La prise de la tension se fera au niveau des deux bras, au calme (assis ou allongé), brassard à hauteur du cœur, jambes non croisées. Il est classiquement dit qu'il faut répéter la prise pendant 3 fois à intervalle de 3 minutes et prendre la moyenne. La mesure soit être répétée au cours des jours suivants.
Dans la grande majorité des cas, la poussée de tension ne sera pas compliquée.
Une augmentation trop importante et brutale de la pression artérielle peut engendrer de graves conséquences à savoir :
l’encéphalopathie hypertensive : céphalées intenses avec confusion, convulsions ;
l’accident vasculaire cérébral (AVC) : déficit de sensibilité ou incapacité à bouger des muscles ;
l’insuffisance cardiaque : essoufflement intense, râles crépitants à l’auscultation pulmonaire ;
l’infarctus du cœur : douleurs thoraciques irradiant dans le bras gauche ;
la dissection aortique : douleur thoracique très intense avec disparition d’un pouls au niveau du poignet ;
l’œdème aigu des poumons : dyspnée aigüe aggravée par la position couchée, expectoration mousseuse, abolition du murmure vésiculaire ;
la néphropathie maligne : peau sèche ou œdématiée ;
la rétinopathie hypertensive : hémorragies, exsudats, œdème papillaire ;
l’hypertension intracrânienne : nausées, vomissements en jet ;
l’hypertension artérielle maligne : absence d’appétit, fatigue, amaigrissements, soif, envie d’aller uriner en permanence, tension dépassant parfois 250/150 mmHg. Mortelle parfois.
Le médecin généraliste est parfaitement capable de poser le diagnostic de la poussée de tension et d’instaurer les premiers traitements. En cas de complications, il est préférable d'adresser tout de suite aux urgences.
Pour calmer les symptômes d’une poussée aigüe d’hypertension artérielle, il faut prescrire un long repos de plusieurs heures. C’est nécessaire pour relaxer entièrement le corps et diminuer les sensations d’angoisse.
La mise en place du traitement de la poussée de tension repose en particulier sur les valeurs de la tension artérielle :
Tension artérielle à 180/110 mmHg : on a le choix de ne pas traiter (selon les recommandations britanniques) ou de traiter selon les recommandations françaises.
Tension artérielle à 200/110 mmHg : on a le choix de traiter si toujours élevé dans un délai d’une semaine maximum (recommandations britanniques), ou de traiter d’emblée selon les recommandations françaises.
Tension artérielle supérieure à 220/120 mmHg : il faut traiter immédiatement.
En cas de traitement, il faudra adopter l'une des 2 stratégies : ajouter un nouveau traitement antihypertenseur ou augmenter la dose d’un ancien traitement antihypertenseur.
Pour savoir quel traitement est indiqué, consultez l'article sur l'hypertension artérielle car c'est exactement le même principe.
Il faut éviter de prescrire la Nifédipine en sublinguale pour ne pas risquer une chute rapide de la tension et provoquer un accident cardiovasculaire.
La poussée de tension est bien souvent inexpliquée.
Si la poussée de tension est fréquente et accompagnée d'autres signes, elle peut être liée à certaines maladies. On parle d'hypertension artérielle secondaire.
Une poussée de tension artérielle est souvent liée à une mauvaise prise des médicaments contre la tension ou à un écart de traitement. L’éducation thérapeutique du patient est essentielle. En cas d’arrêt d’un antihypertenseur, il faudra le faire progressivement pour ne pas occasionner d'effet rebond.
L’objectif du traitement de la poussée de tension est de parvenir à une pression artérielle de 140/90 mmHg ou à une diminution de 25 à 30 % de la valeur initiale dans les premières heures.
Si la tension est toujours élevée malgré la prise d'au moins 3 médicaments différentes, lisez l'article sur l'hypertension artérielle résistante.