Constipation fonctionnelle chez l'adulte
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Ballonnement au ventre, douleurs abdominales, selles dures, défécation pénible, évacuation incomplète… tels sont les signes d’une constipation. À la fois douloureux et incommodant, ce trouble digestif peut occasionner des gênes dans la vie quotidienne. Il peut également être responsable de diverses complications en cas de négligence. Diagnostic, traitements et préventions de la constipation chez l'adulte, découvrez tous les points essentiels dans cet article.
La constipation est trouble digestif caractérisé par une diminution de la fréquence des selles, des selles dures et sèches ainsi qu’une difficulté à déféquer. Dans la majorité des cas, elle est seulement passagère, mais il existe également des formes persistante qui durent plus de 3 semaines. En cas de forme persistante, lisez « constipation chronique chez l'adulte ».
On parle de constipation fonctionnelle lors qu’aucune complication n'est présente. La constipation est un symptôme fréquent et présent chez de nombreuses maladies ; mais qui se traite de la même façon, d'où ce terme « fourre-tout ».
En principe, une personne est constipée lorsque les selles ne progressent pas correctement dans le gros intestin. Ce phénomène est souvent provoqué par un problème d’alimentation (manque d’hydratation, carence en fibres alimentaires), la sédentarité, le stress, les troubles émotionnels ou l’absorption de certains médicaments.
En résidant trop longtemps dans le colon, les selles changent de consistance et deviennent dures, difficiles à évacuer, voire douloureuses.
Parfois, au cours de la période de constipation, il arrive que de fausses diarrhées se produisent. Elles se traduisent par des selles liquides avec des fragments de selles dures liées à une hypersécrétion du tube digestif en amont du bloc de selle dure.
La constipation peut atteindre tout le monde, mais seule la forme chez l’adulte est traitée dans cet article. Cependant, il semblerait que les personnes âgées de plus de 55 ans auraient 5 fois plus de risque d’être constipées que les adultes plus jeunes. 3 à 5 % de la population adulte souffre de constipation chronique.
Un individu constipé devra présenter au moins un de ces 4 symptômes obligatoires :
Diminution de la fréquence des selles (délai de plus de 48 heures entre les selles) ;
Selles dures : utiliser l’échelle de Bristol pour identifier leurs types ;
Difficulté ou douleur d’exonération, exonération incomplète, voire digitale (dyschésie) ;
Fausse diarrhées du constipé ou alternance avec diarrhées du fait de l’obstruction ;
En revanche, la douleur abdominale peut être présente ou pas au cours de la constipation.
L’abdomen d’un patient qui souffre de constipation bénigne est souple et indolore lors de l’examen clinique.
Le toucher rectal s’avère parfois utile, notamment en cas de suspicion de fécalome ou d’impaction fécale (masse de selles dures déshydratées dans le rectum).
Une constipation chez une personne âgée ou alitée de manière prolongée a de grands risques de développer un fécalome ou une occlusion intestinale. Ces pathologies sont marquées par :
des douleurs abdominales voire un ventre intouchable,
des ballonnements,
une incontinence fécale et urinaire,
des douleurs anales,
des selles glaireuses et liquides (fausses diarrhées),
une agitation ou une confusion,
et une présence de masse au toucher rectal.
Par ailleurs, la difficulté d’expulsion des selles peut également entraîner des crises d’hémorroïdes et des fissures anales.
Devant une douleur abdominale, une perte de poids, une émission de sang dans les selles, une diarrhée, un vomissement et un arrêt des gaz, il faudra reconsidérer le diagnostic et penser à affection plus grave que la constipation bénigne de l'adulte.Voir: constipation, que faire?
Au début, aucun bilan n'est nécessaire.
Cependant, en présence de signes d’alerte ou de constipation persistante lors de l’observation clinique, le médecin peut être amené à pratiquer des examens supplémentaires. comme une prise de sang, un scanner du ventre ou une coloscopie. Voir: constipation, que faire?
Pour une constipation occasionnelle, bénigne et sans complications, le sujet peut recourir à l’automédication et demander conseils aux professionnels de santé de ville.
Par contre, si l’épisode est inhabituel ou qu’il y a un doute sur la présence de complication ou sur son origine, il serait plus convenable de se faire consulter par un médecin généraliste. Celui ci pourra rediriger, mais rarement, vers un gastro entérologue.
En cas de suspicion de complications, il vaut mieux se rendre directement aux urgences hospitalières.
Les laxatifs sont les médicaments de référence pour traiter les symptômes de la constipation. Il en existe différentes catégories. En haut de la liste, vous avez celles qu’on choisit généralement en premier.
Laxatif de lest (psyllium sterculia, ispaghul): il agit comme les fibres alimentaires et l’effet est visible 1 à 3 jours après le début de traitement. En revanche, il est conseillé de le prendre en dehors de la prise d’autres traitements.
Laxatif osmotique (lactulose, sorbitol, macrogol): leur action consiste à hydrater les selles et à augmenter leur volume. L’effet s’aperçoit au bout d’un ou deux jours.
Laxatif lubrifiant : il est à base de paraffine et se retrouve généralement sous forme liquide ou en gelée. Leur rôle est de faciliter la défécation en lubrifiant les selles et en les ramollissant par diminution de l’absorption hydrique intestinale. Leur usage devra pourtant être ponctuel, car il diminue l’absorption des vitamines. Ne pas utiliser chez une personne ayant un trouble de la déglutition.
Laxatifs par voie anale (glycérol, sorbitol, laurylsulfoacétate de sodium, bisacodyl): ils sont indiqués en cas de trouble de la défécation, et ce, à cause de son action rapide (5 à 30 minutes). A utiliser ponctuellement.
Lavement rectale à l'eau tiède: une option simple et peu irritante. A utiliser ponctuellement.
Laxatifs stimulants: à réserver au patient en fin de vie.
Méthylnaltrexone: à réserver au patient en fin de vie sous antidouleurs de la classe des opioïdes.
Certaines pratiques comme l’homéopathie, l’acupuncture ou le massage abdominal restent encore mal évaluées et leur bénéfice n’est pas certain. Ils peuvent se tenter au cas par cas.
Par contre, les traitements suivants sont à écarter :
Les laxatifs stimulants style bisacodyl, docusate de sodium, picosulfate de sodium, huile de ricin, dérivés anthraquinoniques (bourdaine, séné, cascara). Ils causent des purges intestinales et donc d’importantes déshydratations en cas d’utilisation répétée.
Les laxatifs salins à base d’hydroxyde de magnésium: risque de déshydratation et excès de magnésium.
Les lavements hypertoniques à base de phosphate de sodium: provoquent des déshydratations et des troubles ioniques.
Le prucalopride (apparenté neuroleptique): efficacité modeste et risques cardiaques trop importants.
Les compléments alimentaires ou tisanes pauvres en fibres et riches en laxatifs : extraits de rhubarbe, tamarin, casse, sulfate de magnésium, sorbitol, mannitol. Ils causent des déshydratations.
Pour les femmes enceintes, il est préférable de traiter la constipation avec les laxatifs de lest ou, en alternatif, les laxatifs osmotiques.
Pour soigner la constipation, il convient d’adopter une meilleure hygiène de vie à commencer par un régime alimentaire riche en fibres végétales. Ainsi, consommer suffisamment de :
Céréales ;
son de blé ;
légumineuses (haricots blancs, pois chiches, lentilles…) ;
légumes (carottes, choux verts) ;
fruits (amandes, noix, bananes…).
Si la carence est trop élevée, il est possible de faire une supplémentation en son de blé. Préférer les fruits contenant des fibres végétales hydrosolubles comme les pommes, les poires crues et les fraises.
Pour faciliter l’évacuation des selles, essayer aussi d’améliorer la position sur les toilettes. Vous pouvez par exemple soulever les pieds en les posant sur un marchepied. Il faudra aussi améliorer l’aménagement des toilettes.
On entend souvent que l’apport en eau suffisante, la pratique d’activité physique régulière et le fait de se présenter à la selle régulièrement sont également efficaces pour traiter la constipation. Cependant, jusqu’à aujourd’hui, on n’a pas pu établir des preuves tangibles leur efficacité.
La constipation aigüe bénigne est par définition un trouble bénin, elle ne dispose pas de retentissement grave sur les organes. Cependant, en cas de forme persistante, lisez constipation chronique de l'adulte.
La constipation peut apparaître à la suite d’une prise de médicament. On peut par exemple citer les puissants anti douleurs (opioïdes, morphine...), les anti hypertenseurs dits « inhibiteurs calciques », le sétrons, les atropiniques, les neuroleptiques, les antidépresseurs, les antiparkinsoniens, les anticancéreux, l’amiodarone, les laxatifs de lest en obstruction, les diurétiques, le fer, l’aluminium, l’antihistaminique... Il faudra revoir l’indication du médicament en question avec votre médecin traitant. Notez que cette liste n’est pas exhaustive.
Comme vu précédemment, il est également important de revoir son apport alimentaire et son apport en eau dans le cadre d’une carence en fibres végétales.
Il existe aussi d’autres facteurs de risque de la constipation qu'il faut prendre en compte :
le manque d’activité physique et l’alitement ;
les changements de rythme de vie : voyage, déménagement, maladie ;
la fièvre ;
la grossesse notamment lors de la supplémentation en fer ;
la ménopause.