Maladie de Lyme
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La maladie de Lyme ou borréliose de Lyme est une maladie infectieuse qui se transmet par la piqûre de tique. Elle est fréquente surtout dans les régions à risque. Sans traitement adapté, cette infection risque d’évoluer vers une forme potentiellement grave. Diagnostic, traitements et prévention de la maladie de Lyme, on vous dit tout dans cet article.
La maladie de Lyme appelé encore borréliose de Lyme est une infection due à une bactérie : Borrelia. Cette dernière se transmet à l’homme par la piqûre de tique contaminée.
La maladie de Lyme peut évoluer vers une forme potentiellement grave en absence de prise en charge appropriée.
La borréliose de Lyme est beaucoup plus fréquente dans les régions où les tiques sont abondantes et où le taux d’infestation de ces insectes par la bactérie Borrelia est élevé. Un contact prolongé avec les tiques (plus de 24 h) augmente aussi le risque d’attraper cette maladie.
La maladie de Lyme évolue en 3 phases :
Phase primaire : érythème chronique ;
Phase secondaire et tertiaire : atteinte cutanée, cardiologique, neurologique et rhumatologique.
Voici les régions sur lesquelles le risque de borréliose est élevé :
Amérique du Nord,
Asie,
Europe notamment en Europe centrale,
France (Alsace, Limousin) lors des balades dans les bois ou dans les prairies à une altitude inférieure à 1200m,
Les zones très sèches ou inondables.
Les tiques sont plus actives entre mai et octobre.
Dans la majorité des cas, la borréliose de Lyme ne présente pas de symptômes. Cependant, il pourrait se manifester par un syndrome grippal : fatigue, maux de tête, courbature, douleurs articulaires, frissons, troubles digestifs, adénopathies locales ou générales.
Ces signes s'ajoutent aux signes cutanés liés à la piqûre: prurit, brûlure liée à la morsure de tique. Ces derniers symptômes ne veulent pas forcément dire que la tique est porteuse de borrelia.
À l’examen clinique, le médecin se concentre notamment sur l’aspect de la lésion cutanée. Cette dernière se présente comme un érythème ou une papule rouge (foncée sur une peau noire) de la taille d’une tête d’épingle. Elle est surtout localisée au niveau des membres inférieurs.
La rougeur s’étend en anneau de taille de plus en plus grande d’environ 5 cm. Le centre est clair, mais parfois il est ulcéré ou comporte des vésicules.
Parfois, la lésion est en cocarde ou triangulaire et ne comporte pas de zone centrale claire. Il fait moins de 5 cm dans ce cas.
À la palpation du centre de la lésion, on peut ressentir une induration de celui-ci. Il est aussi possible de trouver des ganglions dans les régions près de la piqûre de tique.
Si l’insecte est attaché à la personne plus de 24 h, le risque de contamination de la maladie de Lyme est plus élevé. Il est de 25 % si la tique reste 72 h ou plus en contact de la personne.
Voici certaines maladies qu’il ne faut pas confondre avec la borréliose de Lyme :
Inflammation cutanée sans maladie de Lyme : réaction inflammatoire 2 jours après la morsure de tique. Elle disparaît spontanément en quelques jours.
Mycose à dermatophyte (herpès circiné) : lésion qui s’étend lentement sur plusieurs semaines avec pellicules en périphérie.
En cas de doute, il est possible d’effectuer une prise de sang pour confirmer le diagnostic de la maladie de Lyme. Dans ce cas, il faudra réaliser une sérologie de Lyme (Elisa). Si le résultat est positif, il faudra compléter l’examen par un test Western Blot.
Un patient qui s'est fait piquer par une tique peut consulter un médecin généraliste. Il fera le diagnostic et commencera les premiers traitements. Si c’est nécessaire, il orientera vers un infectiologue qui est un spécialiste des maladies infectieuses. Le pharmacien pourra conseiller et orienter le patient.
Pour calmer les maux de tête et les éventuelles douleurs cutanées, prendre du paracétamol.
Les soins appropriés
En cas de morsure de tique, il convient de retirer la tête l’insecte de la peau le plus rapidement possible. Pour cela, vous devez utiliser un tire-tique en faisant un mouvement de spirale.
Attention ! Ne pas essayer de l’arracher simplement ou de mettre de l’alcool dessus, car la tique risquerait de décharger le contenu toxique dans son abdomen sur la peau.
Il faudra ensuite nettoyer la plaie avec de l’eau et du savon. On peut également utiliser une solution antiseptique (préférer la Chlorhexidine).
Inspecter le reste du corps afin de s’assurer qu’il n’y a pas d’autres morsures. Répéter l’inspection le lendemain.
Si la tique reste attachée moins de 24 h sur la peau de la personne, le risque de transmission de la maladie de Lyme est faible.
L’utilisation d’un antibiotique
Voici les antibiotiques à choisir en première intention de cas de borréliose de Lyme :
Doxycycline: indiquée chez les adultes et les enfants de plus de 8 ans. La dose est de 200 mg matin et soir pour un adulte ; et de 4mg/kg en deux prises pour un enfant. Le traitement dure 14 jours. Pendant ce délai, il faudra se protéger du soleil, car ce médicament rend sensible aux rayons UV.
L’amoxicilline: 3 à 4 g répartis en 3 prises chez l’adulte et 50 mg/kg répartis en 3 prises chez l’enfant. Durée du traitement : 14 jours.
En deuxième choix, il y a l’azithromycine. La dose est de 500 mg par jour chez l’adulte et 10 mg/kg par jour chez l’enfant. Le traitement dure 7 jours.
Mise en garde : la doxycycline est contre indiquée chez la femme allaitante et chez la femme enceinte à partir du 2e trimestre de la grossesse (coloration des dents).
L’érythème chronique migrant au cours de la maladie de Lyme disparaît généralement après 4 semaines même en absence de traitement. Parfois, il s’étend jusqu’à 30 cm de diamètre puis disparaît en quelques mois avec une pigmentation résiduelle.
La fréquence des formes graves en absence de traitement n’est pas connue.
Pour se prémunir de la maladie de Lyme, il faut éviter de se faire piquer par une tique. Tant que possible, évitez les zones à risque.
En cas de promenade dans des endroits à risque, porter des vêtements longs, serrés aux poignets et aux chevilles, et des chaussures fermées.
Pour les personnes particulièrement exposées (agriculteurs, forestiers…), utiliser le DEET. C’est un produit répulsif contre ces insectes nuisibles. Appliqué sur la peau à une concentration de 50 %, il permet de diminuer le risque de morsure de tique et d’infection grave pendant quelques heures. Il faut toutefois faire attention, car ce produit peut provoquer une irritation de la peau ou des yeux. Il détériore aussi les fibres synthétiques, le cuir et le plastique (montre, lunettes…).
Il est aussi possible d’utiliser du pyréthrinoïde (perméthrine ou autre). Le produit devra être imprégné sur les vêtements. L’effet répulsif contre les tiques est conservé même après 4 à 6 lavages.
Dès le retour de votre promenade, inspecter tout le corps à la recherche d’une morsure de tique.
Le vaccin contre la méningo-encéphalite à tique est également indiqué chez les personnes fortement exposées à ces insectes.
En cas de complications sur l'évolution de l'infection, il faut tout de suite consulter l’avis d’un infectiologue. Voici les signes d’alertes au cours d’une maladie de Lyme :
Nodule violet de 1 à 2 cm de diamètre localisé au lobule de l’oreille, autour des aréoles mammaires ou du scrotum (lésions dermatologiques de la phase secondaire).
Malaises, anomalie à l’électrocardiogramme (trouble de la conduction cardiaque, myocardite…) : font partie de la phase secondaire.
Douleur articulaire (arthrite des grosses articulations) : fait partie de la phase secondaire et tertiaire.
Inflammation des convexités des jambes et des bras : acrodermatite chronique atrophiante de la phase tertiaire.
Méningo-encéphalite à tique (maux de tête, altération de l'état général...).