Crise suicidaire
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La crise suicidaire est un des facteurs fréquents de mortalité. C’est la 10e cause de décès aux États-Unis. Souvent, elle est vue comme le désir de mettre fin à sa vie vis-à-vis des problèmes insupportables. Mais en réalité, la crise suicidaire résulte de l’évolution de divers états psychologiques qui varient selon leur gravité et leur urgence. Pour mieux comprendre une crise suicidaire, découvrez dans cet article tous les détails.
La crise suicidaire est une crise psychique. Elle se déroule en plusieurs étapes.
Tout commence par des idées suicidaires qui se traduisent par le désir de mourir. Le sujet est « suicidaire ». Des réflexions s’enchaînent alors pour planifier le suicide. Le sujet cherche des moyens pour concrétiser ses idées suicidaires par des actions: on parle de tentatives suicidaires et de sujet « suicidant ». Ces dernières mettent clairement la vie du sujet en danger sans pour autant forcément aboutir à la mort. Le suicide se définit par le fait de se donner la mort de façon volontaire et consciente. Le sujet est suicidé.
La crise suicidaire résulte de plusieurs facteurs. Elle peut directement faire suite à un état de choc (décès, rupture, etc.), mais elle peut aussi se produire de façon progressive. Dans ce dernier cas, il y a progression depuis l’état d’équilibre vers un état plus vulnérable qui aboutit à un état de crise.
Les facteurs de risques les plus connus de la crise suicidaire sont :
la précocité sociale ;
le problème familial ;
le mauvais entourage ;
le stress financier ;
l’intimidation (rejets sociaux, humiliations…) ;
les antécédents personnels psychiatriques : dépression, anxiété, schizophrénie, alcoolisme, autres tentatives de suicide ;
les antécédents familiaux de tentative de suicide.
Concernant les idées suicidaires
Cela concernerait 15 % de la population. Le pourcentage de passage à l’acte s’élèverait à 40 % si les idées sont récurrentes.
Concernant les tentatives de suicide
Elles s’observent notamment chez les personnes de moins de 50 ans et les jeunes. Selon les chiffres, elles affectent deux fois plus de femmes que d’hommes.
Toutefois, après 50 ans, elles concernent autant de femmes que d’hommes.
Les moyens utilisés par les sujets suicidaires sont nombreux : médicaments mortels, phlébotomie (se saigner) et bien d’autres encore.
Concernant les suicides
3 fois plus d’hommes que de femmes passent à l’acte proprement dit. Le suicide se réalise, dans la plupart des cas, pendant le jour, en début de semaine et au printemps ou en été.
-On peut classer les actes suicidaires selon leur ordre de fréquence. Chez les hommes : en premier lieu se trouve la pendaison. Viennent ensuite les armes à feu, les médicaments, la noyade, les chutes.
-Chez les femmes, on constate par ordre de fréquence, les suicides par médicaments et pendaison, ensuite la noyade, la chute et les armes à feu.
La maladie commence par une rupture avec l’état antérieur. Puis une accalmie soudaine s’installe aboutissant à la décision de passage à l’acte.
On retrouve dans l'histoire un état de vulnérabilité qui apparaît à la suite d’événements négatifs de la vie.
En général, le patient évoque des plaintes multiples.
Concernant les symptômes psychiatriques. Ils se manifestent par un retentissement sur l'humeur :
anxiété ;
désespoir ;
dépression ;
souffrance ;
impulsivité.
On pourrait aussi observer des mimiques qui expriment la douleur ou la prostration chez le sujet qui souffre de crise suicidaire.
En ce qui concerne les pensées de la personne, elles sont plutôt négatives.
Au quotidien : elles sont dominées par la culpabilité, l’auto dépréciation, la rumination (revenir sans cesse sur les pensées négatives), les idées noires (voire chez les enfants : le désir de mort), les idées suicidaires exprimées.
Sur le long terme et le futur, elles sont caractérisées par le pessimisme, la notion que la situation est « incurable ».
Les personnes ont parfois des idées délirantes (au delà du réel) et une imagination mélancolique.
La crise s’accompagne de troubles de sommeil, de cauchemars (surtout chez les enfants) et aussi des troubles de l’attention.
Au niveau affectif, on constate le repli sur soi, le refus du contact des proches, ce sont aussi des signes de la crise suicidaire.
À tous ces symptômes s’ajoutent encore une modification des activités quotidiennes:
le désinvestissement des centres d’intérêts habituels ;
l’absentéisme ;
l’usage de toxiques (alcool, tabac, drogues...) ;
le refus d’être aidé ;
la préparation à la mort (moyens létaux, intérêt naissant pour les armes, les poisons, le sujet de la réincarnation, etc.)
Ces individus ont parfois des personnalités pathologiques.
L’intoxication aux benzodiazépines par exemple. Elle se reconnaît par des signes comme la baisse de vigilance, l’hypotonie, le réflexe pupillaire normal.
Généralement, le diagnostic de la crise suicidaire ne requiert aucun examen complémentaire spécifique hormis la recherche de toxiques ou d'anomalie organique.
En cas de crise suicidaire, il faut consulter des professionnels de santé pour orienter et conseiller :
un professionnel de santé paramédical pour l'orientation et les conseils
un médecin généraliste pour le diagnostic ;
un psychiatre ou psychologue : pour un avis spécialisé.
Dans les cas graves, il est judicieux d’aller aux urgences psychiatriques, pour une prise en charge immédiate et une hospitalisation (si les risques de passage à l’acte sont élevés).
Les mesures de protection sont indispensables pour éviter l’irréparable. Elles se résument à la suppression des éléments qui pourraient être utilisés pour l’acte suicidaire : les lacets, les médicaments, les ouvertures (fenêtres), les objets coupants, etc.
Pour calmer les idées et les tentatives de suicide, les premières solutions sont :
rétablir une relation apaisée (parler calmement et s’expliquer) ;
changer de pièce si besoin ;
éloigner les objets dangereux susceptibles d’aggraver la situation.
Certains médicaments sont aussi efficaces.
Pour les états non confusionnels
En première ligne, les médecins proposent les benzodiazépines, par voie orale si le patient accepte de les prendre et hors intoxication à ce médicament bien entendu.
Il est possible d’écraser les comprimés pour une administration sublinguale.
Parmi ces benzodiazépines, les plus utilisées sont :
Diazépam par voie orale 5 à 20 mg ;
Lorazépam par voie orale 2 à 4 mg.
Si l’administration orale est impossible, il existe des benzodiazépines intramusculaires :
Lorazépam ;
Diazépam à 0,1 à 0,2 mg/kg ;
Clorazépatedipotassique 0,1 mg/kg ;
Sinon, on peut opter pour les benzodiazépines par voie rectale :
Clonazépam ;
Diazépam ;
En seconde ligne, on peut administrer de l’halopéridol intramusculaire : 1 à 5 mg (cette forme est aussi adaptée aux états confusionnels).
Pour les syndromes confusionnels
En première intention se trouve l’Halopéridol par voie orale, un médicament neuroleptique. La dose prescrite est de 1 à 2 mg toutes les 2 à 4 h.
En alternative, il y a aussi l’halopéridol intramusculaire à une dose de 1 à 5 mg.
Pour les deux médicaments, la dose est toujours réduite à moitié chez les personnes âgées.
Pour ce qui est du Dropéridol, un neuroleptique injectable, il est à proscrire. Comparé à l’halopéridol, il présente plus d’effets indésirables et ses avantages cliniques ne sont pas intéressants dans la prise en charge de la crise suicidaire.
Les benzodiazépines s’utilisent fréquemment dans le traitement de la crise suicidaire. Toutefois, en cas d'abus, elles peuvent être à l’origine d’effets indésirables et d’intoxication qui peut aboutir au coma. Dans ce cas, l’administration d’ANEXATE flumazénil est possible. C’est un antagoniste des benzodiazépines, mais il est contre indiqué si le patient prend de l’antidépresseur « tricyclique ».
Posologie:
0,3 mg en bolus ;
0,1 mg par 0,1 mg toutes les 5 minutes jusqu’à efficacité (max 2 mg) ;
0,1 à 0,1 mg/h en entretien.
Pour éviter les complications, la surveillance est indispensable. Elle inclut l’observation du patient elle-même, la surveillance de son environnement et le suivi de son traitement.
Cette surveillance doit être efficace et discrète, sinon elle risque d’être trop intrusive et engendrerait, au contraire, de l’anxiété chez le patient.
Il faut que le patient soit rassuré, surtout s’il est hospitalisé. Pour garantir cela, il est mieux d’installer le patient dans une chambre à proximité des personnels soignants.
La surveillance de son environnement est également cruciale. Cela consiste à s’assurer de l’absence de tout ce qu’il peut utiliser pour réaliser l’acte suicidaire. Il faut aussi vérifier que l’accès aux divers médicaments est impossible au patient.
Il faut aussi que quelqu’un veille à ce qu’il prenne convenablement ses traitements.
Ils consistent à traiter le fond de la crise par des actions qui varient selon les signes évocateurs observés lors du diagnostic :
faire un état des lieux des besoins de la personnes (santé, argent, relations etc) pour l'aider à améliorer sa condition ;
gérer les médicaments qui peuvent être à l'origine de la crise.