Maladie de Baastrup
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Nombreuses sont les personnes qui souffrent de douleur lombaire. Il est important de savoir quelle en est précisément la cause. La maladie de Baastrup figure parmi les affections méconnues du dos. Qu’est-ce que la maladie de Baastrup et comment la traiter ? On répond à cette question dans cet article.
La maladie de Baastrup ou arthrose interépineuse, ou encore kissing spines est une friction entre les pointes des vertèbres du bas du dos (lombaires). Généralement, celles qui sont touchées sont la L4 et la L5 soit la quatrième et la cinquième lombaire.
En réponse au phénomène de friction, un élargissement et une augmentation de volume progressifs du tissu osseux surviennent. Un effet boule de neige se met en place en accentuant encore plus la friction entre les épines des vertèbres.
Il est à noter que l’articulation anormale porte également atteinte aux éléments anatomiques avoisinants.
Dans la majorité des cas, la maladie de Baastrup touche principalement les séniors et les individus en surpoids. Les jeunes ne sont pas pour autant épargnés. Les personnes susceptibles de contracter cette maladie présentent souvent une hyperlordose de la partie lombaire, autrement dit une accentuation de la courbure du dos vers l’arrière.
Cette maladie est une pathologie rhumatismale dégénérative. Elle est étroitement liée à la vieillesse et au phénomène d’ostéolyse des os.
Parfois, la maladie reste silencieuse durant plusieurs années. Elle ne se manifeste que suite aux séquelles engendrées par la friction. Les symptômes de gêne et de douleur n’apparaissent qu’à un certain stade avancé de la maladie.
La maladie de Baastrup se manifeste par une douleur dorsale accentuée en position couchée sur le ventre. Elle s’accompagne d’une raideur en bas du dos. La douleur est accentuée lors des mouvements de flexion et d’extension du dos, limitant ainsi ses mouvements.
On constate globalement une diminution des amplitudes articulaires. La douleur peut être localisée en palpant les pointes des vertèbres à travers la peau.
Le cliché de la radiographie rachidienne montre le point de contact entre les épines vertébrales. Dans certains cas, ces derniers se déforment en étant remodelés. Il y a apparition d’excroissance osseuse et la densité de l’os augmente. Tout cela résulte de la friction que subissent les vertèbres.
L’IRM ou le scanner sont des examens secondaires. Ils confirment le diagnostic et montrent l’altération de la musculature autour de la zone lombaire concernée plus précisément au niveau des muscles para spinaux et de ses tendons. Ils peuvent aussi mettre en évidence la présence de bursite inter épineuse.
Les professionnels de santé de ville conseillent et orientent le patient. Le médecin généraliste a pour rôle de diagnostiquer la maladie. Pour avoir un avis spécialisé, il faut consulter un rhumatologue ou un neurologue.
La pratique d’une activité sportive aide au renforcement musculaire. L’électrostimulation constitue également une option, mais son effet est négligeable, considéré comme placebo.
Certains outils peuvent s’avérer utiles malgré des bénéfices incertains. On peut citer :
la kinésithérapie dont les bénéfices restent non démontrés, mais ne présentent aucun risque démesuré ;
les ultrasons ;
les ceintures: qui aident à soutenir la colonne vertébrale ;
la canne qui permet de répartir le poids et les tensions subis au niveau de la lombaire ;
l’application de chaud ou de froid ;
la balnéothérapie qui se manifeste par des cures et des traitements à travers des bains.
Si ces différents traitements ne portent pas leurs fruits, il est nécessaire de suivre un traitement médicamenteux pour atténuer la douleur.
La première option reste le paracétamol avec sa propriété anti douleur qui aide à soulager les manifestations douloureuses.
Après viennent les AINS (Anti Inflammatoire Non Stéroïdien) à voie orale. Il est préférable d’opter pour l’ibuprofène ou le naproxène. Quant aux AINS locaux, ils ont un effet modeste, mais fugace.
La morphine, la codéine et le tramadol ne sont à préconiser que si les antidouleurs cités précédemment ne sont pas efficaces.
En dernier recours se placent les corticoïdes par voie orale en courte cure.
Les corticoïdes en injection ont des effets antalgiques transitoires, mais leurs efficacités contre la gêne fonctionnelle ne sont pas démontrées.
Il est conseillé d’éviter autant que possible.
Les coxibs, l’acéclofénac, le diclofénac, et le piroxicam: ces antiinflammatoires présentent beaucoup trop d’effets indésirables.
Les kétoprofènes: pris par voie orale, ils viennent avec des effets indésirables digestifs. Les kétoprofènes sous forme de gel apportent encore plus d’effet indésirable que les autres AINS.
Il est important de prioriser le traitement antidouleur. Cela demeure plus sécurisé pour les personnes âgées. Si exceptionnellement, le traitement ne fonctionne pas, la procédure chirurgicale doit être discutée. Celle-ci consiste à réséquer définitivement les processus épineux anormaux responsables de la friction et de la douleur.
Malgré la chirurgie, il n’y aura pas de guérison définitive à la maladie du Baastrup. Elle fait partie des maladies dégénératives. On ne peut que soulager et freiner son évolution.