Chondrocalcinose articulaire
Fiche maladie Images Ordonnances
Avec l’âge, l’organisme s’affaiblit et de nombreuses maladies peuvent apparaître. La chondrocalcinose articulaire en fait partie. C’est une pathologie des articulations caractérisée par la formation de microcristaux de pyrophosphate de calcium. Les symptômes de cette maladie peuvent gêner les mouvements quotidiens quitte à devenir invalidantes. C’est pourquoi le diagnostic et les traitements sont importants. Diagnostic et traitement, découvrez tout ce qu’il y a à savoir dans cet article.
La chondrocalcinose articulaire est une arthrite caractérisée par le dépôt intra-articulaire ou péri articulaire de microcristaux de pyrophosphate de calcium.
Elle est aussi parfois appelée improprement par le terme « pseudo goutte ».
Avec le vieillissement et la répétition des traumatismes, les cartilages s’abîment.
Il y a une augmentation du taux de pyrophosphates au niveau de l’articulation. Cela est dû à une diminution des capacités de destruction et une augmentation de sa production.
L'accumulation de pyrophosphates provoque une cristallisation au sein des articulations. Il y a alors inflammation, qui au fur et à mesure engendre une dégradation de cartilage.
Les causes de la chondrocalcinose articulaire sont inconnues dans 90 % des cas.
Toutefois, dans certains cas, la chondrocalcinose est en lien avec d’autres pathologies et d’autres facteurs comme:
l’hyperparathyroïdie primitive (dans 20 % des cas) ;
l’hypophosphatasie (manque de phosphate) ;
l’hémochromatose (excès de fer dans le sang) ;
les syndromes de Barten et de Gitelman ;
une chirurgie ;
des traumatismes ;
une infection.
La chondrocalcinose articulaire a une forte prévalence chez les personnes âgées, avec un taux de :
10 % pour les individus de 65-75 ans ;
30 % chez les plus de 75 ans.
Selon les statistiques, la maladie est plus fréquente chez les femmes.
Il se peut qu’une chondrocalcinose articulaire ne provoque aucun symptôme.
Sinon, elle se manifeste par une inflammation d'une ou plusieurs articulations avec douleurs et enflure, d'apparition brutale. Par ordre de fréquence, l'atteint se situe au niveau du genou, du poignet, des mains (articulation métacarpo-phalangienne), épaule, cheville, disque intervertébral.
Le patient peut ressentir une fièvre.
Le praticien constatera une inflammation articulaire, c'est à dire une rougeur et une inflammation visibles, et un gonflement et une douleur à la palpation de la zone atteinte.
Pour confirmer le diagnostic, des examens biologiques et radiologiques peuvent être nécessaires.
a) Examens biologiques
L’analyse du sang permettra de déterminer si l'inflammation se voit dans le sang.
La présence d'un syndrome inflammatoire: la NFS (numération de la formule sanguine) montre une élévation des leucocytes et de la CRP (C réactive protéine) ;
Les autres éléments de la prises de sang sont là pour rechercher une cause à la chondrocalcinose:
le taux de calcium, de phosphate et de magnésium ;
la ferritinémie et le coefficient de saturation de la transferrine: évaluation du taux de fer ;
le taux des enzymes phosphatases alcalines (PAL) ;
le taux de parathormone (PTH) régulant le taux de calcium.
L’analyse de liquide articulaire :
Le praticien peut être amené à ponctionner le liquide d'une articulation pour soulager le malade et analyser sa composition. Du point de vue bactériologique, le liquide doit se révéler stérile. L’analyse biochimique met par contre en évidence la présence de cristaux de pyrophosphate de calcium biréfringents, courts à bouts carrés et à localisation intra et extraleucocytaires.
L’analyse à l’uricase est négative et celle à l’EDTA est positive.
Examen radiographique
Des radiographies des articulations de la main, du poignet, de l’épaule, du genou (en charge face et profil), du bassin (de face) sont parfois nécessaires pour évaluer :
une arthrose : pincement, ostéocondensation, excroissance osseuse, trous osseux ;
une calcification articulaire: un trait blanc linéaires au niveau des cartilages.
Devant une chondrocalcinose articulaire, il est important de se méfier des complications telles que l’arthropathie destructrice rapide. Il s’agit d’une forme clinique grave de l’affection, avec une destruction du cartilage articulaire plus rapide..
Les diagnostics différentiels sont nombreux et il faudra éliminer l’arthrite infectieuse ou les autres types arthrites.
En cas de suspicion de chondrocalcinose articulaire, il serait judicieux de consulter des professionnels médicaux comme :
un pharmacien ou un professionnel de santé: pour demander conseils et orientations ;
un médecin généraliste: pour faire le diagnostic ;
un rhumatologue: pour un avis plus spécialisé.
Généralement, aucune hospitalisation n’est requise.
En première ligne, on recommande le repos de l’articulation avec utilisation d’arceau de protection si besoin.
L’utilisation de vessie de glace sur l’articulation douloureuse pendant 30 minutes 4 fois par jour semble aussi diminuer la douleur.
En outre, on pourra proposer aussi un traitement à base d’antalgiques et d’anti-inflammatoires à l’instar de :
l’ibuprofène: 400 mg matin midi et soir ;
le naproxène: 750 mg lors de la première crise puis 250 mg toutes les 8 h ;
la morphine à dose minimale efficace.
Si les traitements de première intention s’avèrent inefficaces, il existe des alternatives comme :
les corticoïdes : administrés à une dose de 30 mg par jour pendant 5 jours. Leur efficacité est comparable aux autres anti-inflammatoires non stéroïdiens ;
le paracétamol : son indication n’a pas encore été très bien évaluée. De ce fait, sa prescription ne reste qu’une option.
Si les symptômes persistent encore, on opte pour les substances suivantes :
La cortisone intra-articulaire (c'est à dire en infiltration) ;
La colchicine est à utiliser en dernier recours car elle est très difficile à manier. En cas de surdosage le patient risque de mourir. De plus, elle est peu efficace dans la chondrocalcinose articulaire et son administration requiert des doses exactes et des précautions à savoir 1,5 mg en une ou deux prises le premier jour, puis 1 mg en une ou deux prises par jour pour le reste du traitement. Il ne faut jamais dépasser 3 mg par jour. Éviter aussi de l’associer à un antidiarrhéique ou à un opioïde, car la diarrhée est le premier signe de surdosage. Il en est de même avec le macrolide ou la pristinamycine.
Certains médicaments sont proscrits :
Coxibs, acéclofénac, diclofénac, piroxicam : ce sont des anti-inflammatoires de faible efficacité, mais avec trop d’effets indésirables ;
Colchicine + rémonium + poudre d’opium dans un même comprimé (COLCHIMAX) : à écarter, car ils inhibent les diarrhées, signes importants témoignant d’un éventuel surdosage en colchicine.
Pour les femmes enceintes souffrant de chondrocalcinose articulaire, les anti-inflammatoires sont contre-indiqués. On recommande plutôt le paracétamol.
Une chirurgie est envisageable uniquement si les conséquences de la chondrocalcinose articulaire sont sévères.
Elle consiste à suivre de près l’état du patient et l’évolution de la chondrocalcinose articulaire. La maladie peut évoluer vers une résolution spontanée avec restitution ad integrum de l’articulation.
Il consiste à évaluer les facteurs de risques à l'origine de la maladie du patient et à adopter les traitements relatifs.