Phobie sociale
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Beaucoup de personnes souffrent d’anxiété dans des situations sociales particulières. Cela se traduit par la phobie sociale. Ce trouble engendre parfois des conséquences néfastes et des blocages dans la vie quotidienne aussi bien sur le plan scolaire et professionnel que sur le plan relationnel. Découvrez tout ce qu’il y a à savoir sur cette anxiété sociale.
La phobie est un trouble psychologique qui est associée à certains actes ou situations suscitant la crainte, l’anxiété voire une peur irrationnelle et maladive.
De nombreuses espèces de phobies existent. Parmi elles, on distingue la phobie sociale. Elle se définit comme étant un trouble d’anxiété sociale. Cette phobie se caractérise par une peur persistante et intense d’une ou de plusieurs situations sociales ou de performances dans lesquelles un sentiment de gêne peut survenir.
De ce fait, elle entraîne des répercussions sur la vie sociale et professionnelle.
La phobie sociale est le troisième trouble psychique le plus fréquent, après la dépression et l’alcool.
Elle concerne environ 10% de la population dont 3% présentent des formes graves. Ce trouble touche autant de femmes que d’hommes.
L’apparition de la phobie sociale débute dans l’enfance, l’adolescence ou l’âge jeune adulte, c’est-à-dire avant 20 ans (dans 80 % des cas).
L’histoire de la maladie révèle un trouble situationnel chronique, car elle dure au moins 6 mois. Cela se ressent surtout lorsque le sujet est exposé à l’attention d’autrui.
À ce moment-là, il est centré sur le fait de paraître ridicule ou de montrer des signes d’angoisse. La phobie sociale se manifeste dans de diverses situations sociales comme: manger en public, prendre la parole, rencontrer des inconnus, etc.
Les symptômes généraux du trouble sont :
tremblements ;
sueurs ;
tension musculaire ;
bouche sèche ;
bouffées de chaleur ;
rougissement du visage ;
tensions intracrâniennes.
Au niveau psychologique, les signes de la phobie sociale regroupent :
les sentiments de crainte et de honte ;
l’aggravation des troubles face aux situations phobogènes ;
les difficultés à parler de ses troubles ;
l’éreutophobie (peur de rougir) ;
une anxiété et une détresse intense disproportionnée ;
la manœuvre d’évitement ;
les retentissements sur la qualité de la vie dans de nombreux domaines (scolaire, personnelle, professionnelle et parfois familiale).
Éviction des situations redoutées
Sur le plan cardiaque, elle se manifeste par des palpitations.
L’évaluation du degré de ce trouble peut se faire à l’aide de l’échelle d’anxiété sociale de Liebowitz (en annexe).
Ressentir une peur dans des situations sociales est parfois normale. Par contre, il s'agit d'une phobie sociale compliquées dans les situations suivantes ; à savoir :
une phobie dans la plupart des situations d’interactions sociales banales, ainsi que des situations de performance en public traduisent une phobie sociale généralisée ;
des sentiments et humeurs de tristesse, une anorexie, une insomnie et des idées noires qui sont les manifestations d’une dépression ;
une consommation de psychotoxiques (tel que l’alcool pour ses effets désinhibiteurs ou le tabac) dans 10% de cas fait penser l'addiction aux substances psychoactives ;
des autres phobies simples ou agoraphobies peuvent se présenter (50% des cas)
Le diagnostic différentiel est important, car il permet d’éliminer toutes confusions avec d’autres maladies comme la simple timidité. Cette dernière se traduit par: l’inconfort, le trac et le malaise dans les situations sociales qui impliquent des gens non familiers.
Échelle d'anxiété sociale de Liebowitz (1987, Michael Liebowitz, traduit par Bouvard et Cottraux, 1996)
L'autoquestionnaire est composé de 24 items répartis en deux sous-échelles, 13 concernant l'anxiété de performance et 11 se rapportant à des situations sociales diverses. Les 24 items sont cotés de 0 à 3, d'une part sur l'anxiété ressentie pendant les situations anxiogènes, puis d'autre part sur l'évitement de la situation exposée dans le même item. En additionnant les scores totaux de l'anxiété et des évitements, on obtient un score global avec un maximum de 144 points.
Pour chacune des 24 situations, préciser :
l'intensité de la peur : 0, absente ; 1, légère ; 2, moyenne ; 3, sévère,
la fréquence des évitements : 0, aucun évitement ; 1, évitement moins de 1/3 du temps ; 2, évitement entre 1/3 et 2/3 du temps ; 3, évitement plus de 2/3 du temps.
1. Téléphoner en public
2. Participer au sein d'un petit groupe
3. Manger dans un lieu public
4. Boire en compagnie dans un lieu public
5. Parler à des gens qui détiennent une autorité
6. Jouer, donner une représentation ou une conférence
7. Aller à une soirée
8. Travailler en étant observé(e)
9. Écrire en étant observé(e)
10. Contacter par téléphone quelqu'un que vous ne connaissez pas très bien
11. Parler à des gens que vous ne connaissez pas très bien
12. Rencontrer des inconnus
13. Uriner dans les toilettes publiques
14. Entrer dans une pièce alors que tout le monde est déjà assis
15. Être le centre d'attention
16. Prendre la parole pendant une réunion
17. Passer un examen
18. Exprimer son désaccord ou sa réprobation à quelqu'un qu'on ne connaît pas très bien
19. Regarder dans les yeux quelqu'un qu'on ne connaît pas très bien
20. Faire un compte-rendu à un groupe
21. Essayer de « draguer » quelqu'un
22. Rapporter des marchandises dans un magasin
23. Donner une soirée
24. Résister aux pressions d'un vendeur insistant
Le TAS est d'intensité légère quand le score de Leibowitz est < 30, d'intensité modérée de 30 à 59 et d'intensité sévère lorsque ≥ 60.
En cas de phobie sociale, il est judicieux de contacter :
un médecin généraliste: a une vision médicale du problème;
un psychiatre: mêle la vision médicale et psychologique ;
ou un psychologue: a une vision psychologique.
Divers médicaments contribuent à soulager les symptômes de la phobie sociale.
a) Les anti dépresseurs
Vous pouvez choisir un médicament antidépresseur en cas de phobie sociale sévère.
La paroxétine est un méciament de premier choix. C'est un antidépresseur inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (hormone qui participe à l'humeur). La dose à prendre est environ 20 mg à 50 mg.
En second lieu, on peut utiliser la sertraline.
Il y a aussi d’autres médicaments antidépresseurs aux bénéfices incertains tels que les imipraminiques. On peut les utiliser en l'absence d'autre option disponible, mous n’avons pas encore pu évaluer leurs actions au cours d’essais comparatifs.
Certains médicaments sont à écarter :
IRS: citalopram SEROPRAM, escitalopram SEROPLEX. Ils engendrent des effets indésirables cardiovasculaires.
IRSNA: venlafaxine EFFEXOR. Il accroît également les effets indésirables cardiovasculaires.
b) La benzodiazépine
C'est un anxiolytique (c'est à dire anti anxieux) puissant. Il est idéal de l’utiliser sur une courte durée et dans des situations précises. Aussi, il faut l’administrer avec la dose la plus faible possible pour éviter le risque d’accoutumance qui fait qu'on doit monter les doses, et de dépendance qui fait que la personne a une addiction au médicament.
c) Le bêta bloquant
En cas de tremblements, de rougeurs, ou de palpitations, on propose le propanolol à une dose de 40 mg en prise unique, 60 minutes avant la situation anxiogène. C’est un médicament utilisé par les artistes parfois. Il est efficace plutôt sur le trac mais pas vraiment sur la phobie sociale.
Il existe quelques thérapies pour traiter les causes de la phobie sociale.
La psychothérapie cognitivo-comportementale : elle consiste à une exposition progressive de la personne à la situation qui déclenche la peur. Cette désensibilisation fait appel à l’imagination du patient ou au jeu de rôles. C’est une restructuration cognitive qui vise à modifier les croyances d’être en permanence soumis au jugement des autres.
L’affirmation de soi.
Les techniques de relaxation et de respiration.
Ce ne sont que des exemples, et il faudra trouver l'accompagnement qui correspond à la situation et au patient. Cherchez attentivement. Des personnes ont vaincues ce trouble et partagent leur expérience.
Il est également indispensable de surveiller l’évolution des symptômes d’anxiété sociale. L’intensité des troubles peut fluctuer en fonction des exigences de la vie. En cas d’absence de traitement, les troubles pourraient s’accentuer.