Bouffée délirante aigüe
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La bouffée délirante aigüe est un épisode de délire où la personne n'est plus en contact avec la réalité. Elle est classée parmi les maladies psychiatriques ou les urgences psychiatriques parce qu'elle peut être potentiellement dangereuse. Grand plan sur la bouffée délirante aigüe dans cet article.
La bouffée délirante aigüe appelée aussi épisode psychotique aigüe se définit par la survenue brutale d’un état psychotique sous forme d’une crise de délire. Ses symptômes durent moins de 6 mois.
Elle touche le sujet sain qui n’a aucun antécédent psychique.
Les causes du déclenchement de la bouffée délirante aigüe sont très variables d’un sujet à un autre. Les 3 grandes causes sont psychiatriques, toxiques et organiques.
La bouffée délirante n’a aucune cible exacte, tout le monde peut être atteint par cette pathologie que ce soit les femmes ou les hommes. Cependant, les jeunes entre l’âge de 15 à 30 ans sont les plus sensibles.
La personne souffrant de cette maladie doit être indemne d’antécédent psychiatrique et sa crises ne doit pas être liée à la consommation de substances toxiques comme les drogues.
La bouffée délirante s’extériorise de manière brutale dans une durée inférieure à 6 mois.
Le thème du délire est variable de même que son mécanisme.
On peut retrouver un trouble de l’attention. Le sujet ignore sa maladie.
Au moment où on remarque un symptôme de la bouffée délirante aigüe, il est important de faire un examen clinique pour en déterminer la cause.
Certains profils de personnes sont plus à risque. Par exemple quand le sujet a des antécédents de tentative de suicide ou des antécédents familiaux psychotiques, la bouffée délirante aigüe a un mauvais pronostic.
De même, si les symptômes se manifestent sans évènement déclencheur. Ou s'ils persistent au-delà de 6mois.
D'autres éléments doivent alerter comme l'angoisse, les pensées hypocondriaques, le « délire pauvre », la mauvaise adaptation et la personnalité schizoïde (le détachement émotionnel).
Le diagnostic peut être compliqué à faire. Si c'était le cas, consultez le guide santé privé Doctolike. Tapez « délire» et laissez vous guider.
Les examens servent à éliminer les causes non psychiatriques.
a) Examen biologique
En général, il propose des examens biologiques comme :
le taux de calcium ;
le bilan rénal ;
le bilan du foie;
le taux de sucre ;
le taux d’alcool et de toxique ;
le dosage de la thyréostimuline (TSH) pour voir si la thyroïde est normale.
b) Électrocardiogramme (ECG)
L’électrocardiogramme sert surtout à savoir si il 'y a pas de contre indication à l'utilisation des médicaments psychiatriques.
c) Scanner cérébral en urgence et électroencéphalogramme
Ces examens consistent à éliminer les pathologies cérébrales.
Le sujet doit être hospitalisé systématiquement et envoyé dans une urgence psychiatrique.
Traitement non médicamenteux
Le soin consiste à rétablir une relation apaisée avec le sujet en lui parlant calmement et en s’expliquant.
Dans certains cas, le sujet a besoin de changer de chambre. Et il est aussi important d’éloigner les objets susceptibles d’aggraver sa situation ou représentant un danger pour lui.
Traitement médicamenteux
Le halopéridol par voie orale s’emploie en première intention. Le traitement consiste à prendre 1 à 2 mg de halopéridol toutes les 2 à 4heures. Pour les personnes âgées, le dosage doit être réduit en moitié.
Le halopéridol intramusculaire figure dans le traitement alternatif avec un dosage de 1 à 5 mg, cependant pour les personnes âgées, il faut réduire le dosage en moitié.
Attention, le dropéridol neuroleptique injectable est un médicament à écarter, il possède plus d’effets indésirables par rapport à l’halopéridol, mais ne présente aucun avantage clinique.
La psychothérapie est le traitement le plus adapté pour soigner la bouffée délirante aigüe.
Il s'associe aux neuroleptiques dit « atypiques ». Ces médicaments sont dotés d’action antipsychotique (anti-délire). En principe, peu importe le type de neuroleptique, car aucun n'a réellement montré sa supériorité par rapport à un autre. On peut citer :
l’amisulpride ;
l’aripiprazole ;
la clozapine ;
l’olanzapine ;
la palipéridone ;
la quétiapine, l’utilisation de ce médicament nécessite une surveillance régulière par prise de sang;
la rispéridone ;
le sertindole ziprasidone.
Il faut tout d’abord bien identifier la cause initiale pour savoir quel type de traitement convient.
Causes
Psychiatriques
La pathologie d’ordre psychotique est un facteur déclencheur de la bouffée délirante aigüe, elle représente les 60% des cas. Ses signes évocateurs sont :
l’accès maniaque ;
la bouffée délirante aigüe ;
l’épisode psychotique aigu ;
le délire paranoïaque ;
l’anxiété ;
l’attaque de panique ;
l’agitation hystérique ;
le syndrome démentiel.
Toxiques
Les étiologies toxiques favorisent la venue d’une bouffée délirante aigüe avec une probabilité de 25 %. Ce sont :
l’alcool ;
l’amphétamine, la cocaïne, l’hallucinogène ;
les médicaments comme l’antidépresseur inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, les neuroleptiques, les corticoïdes, les fluoroquinolones, les atropiniques, antihistaminiques H1 sédatifs, les inhibiteurs de la pompe à proton, les antis TNF alpha, lévothyroxyne ;
le sevrage en benzodiazépine et quétiapine ;
le syndrome sérotoninergique comme les antidépresseurs imipraminiques, les inhibiteurs sélectifs de la sérotonine, les millepertuis, les opioïdes (dextrométorphane, fentanyl, tramadol, lithium, triptans) ;
le sevrage en nicotine.
Organiques
Les 25 % des facteurs de la bouffée délirante aigüe sont des pathologies organiques :
les hypoxémies ;
les hypercapnies ;
le désordre hydro-électrolytique (natrémie, kaliémie, calcémie) ;
l’insuffisance hépatique ;
l’insuffisance rénale ;
l’hypoglycémie ;
la dysthyroïdie ;
l’insuffisance surrénalienne ;
Le syndrome de Cushing ;
l’état de choc ;
les douleurs aigües ;
la rétention urinaire aigüe ;
le fécalome ;
la fièvre ;
l’épilepsie ;
les hémorragies méningées ;
les méningites ;
les encéphalites ;
l’AVC ;
le traumatisme crânien ;
le cancer en phase terminale ;
la carence en B1_PP ;
la porphyrie.
D’autres facteurs comme le conflit familial, conjugal ou social et le post accouchement provoquent également une bouffée délirante aigüe.
Au cas où le délire persiste, il faut discuter une protection de la personne par la mise en place de la sauvegarde de justice. C’est un régime juridique de protection applicable aux personnes majeures quand elles sont incapables d’assurer de façon autonome ses intérêts.
En cas de réinsertion professionnelle difficile, l’accompagnement professionnel du sujet s’avère important.
L’évolution de la bouffée délirante aigüe dépend du sujet.
1/3 des sujets sont guéri sous traitement : quelques jours pour les 60 % et à quelques semaines pour les 40 % et parfois, la bouffée délirante évolue en une dépression de bon pronostic.
1/3 des sujets peuvent avoir une récidive délirante isolée.
Et le 1/3 restant devient sujet de psychose chronique (schizophrénie paranoïde, psychose maniaco-dépressive...).