Rubéole
Fiche maladie Images Ordonnances
La rubéole est une infection virale contagieuse qui ne se voit presque plus dans les pays qui disposent de la vaccination. Malheureusement, elle touche encore les personnes non vaccinés, mettant en péril la grossesse des femmes enceintes. Cet article vous en explique davantage.
La rubéole ou « troisième maladie », est une maladie strictement humaine. Le Rubella virus est l’agent responsable de cette pathologie. Il appartient à la famille des Togaviridae. Le virus présente une structure enveloppée et supporte mal le milieu extérieur (il meurt en dehors du corps humain).
La rubéole se transmet par inhalation de microgouttelettes contenant le virus (rarement pat contact direct entre muqueuse ou par exposition au sang).
Le Rubella virus présente une phase d’incubation de 2 à 3 semaines (qui ne provoque pas de symptôme), mais le sujet sera contagieux une semaine avant l'éruption
Les premiers symptômes apparaissent à la fin de la période d'incubation. La contagiosité devient maximale.
Puis l'éruption disparaît en 3 jours sans laisser de séquelles.
La contagiosité disparaît 14 jours après l'éruption.
A noter que les symptômes sont bénins chez l'enfant, et plus marqués chez l'adulte.
Chez une femme enceinte, le risque de transmission au fœtus est grand (80 à 100%) et a des conséquences différentes selon le stade de la grossesse.
Avant 12 semaines d'aménorrhée (3 premiers mois de grossesse), le risque est le décès du fœtus, ou les malformations sévères (visuelles, auditives, neurologiques)
Entre 12 et 18 semaines d'aménorrhée (3 et 4 mois de grossesse), le risque est surtout celui de la cécité chez l'enfant à naître.
Entre 18 et 29 semaines d'aménorrhée (4 à 7 mois de grossesse), les risques sont quasi nuls.
Après 29 semaines d'aménorrhée (7 et 9 mois de grossesse), le risque est le retard de croissance.
La rubéole atteint surtout les nourrissons, enfants et adolescents (50% des enfants sont immunisés, 95% des adultes). En conséquences, les enfants, jeunes adultes et les femmes enceintes non immunisées en contact de la population fortement à risque se trouvent les plus exposées.
La maladie se propage plus pendant la période hivernale et durant le printemps, notamment dans les pays tempérés.
Comme vu plus haut, la population non vaccinée est celle le plus à risque.
D’une manière générale, les premiers signes de la maladie sont une fièvre modérée qui peut durer un à deux jours.
On peut également observer :
des maux de tête ;
un mal de gorge dû à une pharyngite ;
une conjonctivite.
Des douleurs articulaires
Le patient présente une température corporelle entre 38,5 °C et 40 °C.
On observe des taches rose pâle ou rouge au niveau du visage, vers le tronc et les membres. Elles peuvent ressembler à la rougeole ou la scarlatine. On détecte également à la palpation une augmentation de volume des ganglions, surtout ceux derrière les oreilles.
Parfois, la rougeole peut être confondue avec d’autres éruptions fébriles de l’enfant.
Outre la transmission du virus au fœtus chez la femme enceinte, la complication de la rubéole est rare. La maladie peut provoquer de graves malformations congénitales du fœtus, dont des lésions au cerveau, une surdité, une cécité, des anomalies cardiaques, un retard de croissance ou d’autres handicaps de l’enfant. La maladie peut également provoquer un avortement ou une prématurité.
Si le patient présente une douleur à la nuque, une gêne au son ou à la lumière, des phases de vomissements, il faut suspecter la méningite.
En cas de doute, on peut procéder à une prise de sang pour doser les anticorps dirigés contre la rubéole : la sérologie. Le taux d’immunoglobine G (IgG) indique une infection ancienne. La présence d’immunoglobines M (IgM) témoigne d'une infection plus récente.
Si la femme présente des résultats négatifs à l’IgM et à l’IgG, une prise de sang devra être faite tous les mois pour vérifier l'absence d'infection durant la grossesse.
Si l’IgG est positif, mais pas l'IgM, on peut conclure à une immunité ou à une infection ancienne.
Un taux d’IgM positif et IgG négatif nécessite de renouveler l’examen après 15 jours afin de savoir si les taux d'anticorps augmentent. Si C'est le cas, cela veut dire que l'infection est assez récente, il faut traiter.
Dans le cas où les examens confirment la présence de l’IgM et de l’IgG, il faudra mesurer « l'avidité » des anticorps, c'est à dire l'intensité de leur force d'attraction.
Si elle est faible, cela signifie q'uil s'agit probablement d'une première infection récente. Un 2e prélèvement à 15 jours devra confirmer une augmentation des taux d'anticorps, et si c'est le cas il faudra traiter.
Si elle est forte, on suspecte une première infection plus ancienne. Un deuxième examen aura lieu 30 jours après. Si les taux d'IgG sont stables : ne pas traiter.
Un deuxième moyen de détecter la présence du virus chez le fœtus est par la recherche d’ARN viral via un test PCR directement sur du liquide amniotique. Pour ce faire, il est nécessaire de passer par une ponction du liquide amniotique à partir de 18 semaines d’aménorrhée et au minimum un mois après que les premiers signes biologiques de la maladie aient apparu.
Dès que les premiers signes apparaissent, il faut contacter les professionnels de santé de ville pour orienter et conseiller. Le médecin généraliste peut établir un diagnostic et prescrire un traitement si nécessaire. Dans le cas de la femme enceinte, il est primordial de consulter un gynécologue pour un avis spécialisé et surveiller les potentielles complications.
La prise de médicament à base de paracétamol peut atténuer la fièvre et les maux de tête.
Aucun antiviral n’est efficace contre la rubéole. Il n’existe également aucun traitement curatif.
La femme enceinte nouvellement positive à la rubéole doit effectuer une échographie tous les mois pour suivre de près l’évolution du bébé. Après la naissance, il est nécessaire de suivre de près la santé de l’enfant par des évaluations systématiques comprenant des tests auditifs.
La prévention de la maladie se résume généralement à l’immunisation de l’individu par vaccination.
La femme enceinte ne peut se faire vacciner. Il lui faut éviter le contact avec les enfants les 4 premiers mois de grossesse et se faire vacciner après l'accouchement.
Les bébés doivent se faire vacciner contre la rubéole entre 12 et 18 mois. Le vaccin est efficace un mois après. Une seule dose suffit pour conférer une immunité supérieure à 95 % d’efficacité.
Le dépistage de la rubéole en début de chaque grossesse est préconisé.
Enfin, en principe, pour un enfant, l’éviction scolaire n’est pas obligatoire si les symptômes sont supportables.