Hyperhidrose aisselles, pieds, mains
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Certaines personnes transpirent beaucoup plus que les autres. On appelle cet excès de sueurs une hyperhidrose. Elle touche 1 à 3 % de la population mondiale et croyez moi ça les embête. Dans 90 % des cas, l’hyperhidrose est localisée, le plus souvent au niveau axillaire, palmaire ou plantaire. Diagnostic, symptômes et traitements des sueurs abondantes localisées, nous allons faire le point sur ce sujet.
L’hyperhidrose est la production excessive de sueur au-delà de ce qui est nécessaire pour réguler la température corporelle.
Elle est dite localisée quand elle touche seulement une partie du corps : le plus souvent les aisselles, les paumes des mains et les plantes des pieds (les faces en contact avec le sol ou face palmaire). L'hyperhidrose généralisée n'est pas traitée ici.
Ne cherchez pas, les véritables causes d’une sudation excessive restent encore inconnues à ce jour.
L’hyperhidrose commence habituellement à l’âge de la puberté. En général, elle survient pour la première fois avant l’âge de 25 ans. Par ailleurs, d’autres cas sont présents dans la famille.
L’hyperhidrose se caractérise principalement par hypersudation qui évolue depuis au moins 6 mois. Elle est localisée sur une zone corporelle limitée et symétrique à droite et à gauche. On la retrouve le plus souvent sur les mains, les pieds et les aisselles. Elle est fréquente, car il existe au moins un épisode d’hypersudation par semaine.
L’hyperhidrose est favorisée par certains facteurs comme le stress, l’émotion, l’effort physique, la concentration intellectuelle, le café, l’alcool ou l’épice. Par contre les signes sont absents pendant la nuit.
Voici d’autres signes facultatifs qu’on peut retrouver :
Rougeurs et œdèmes parfois en cas de transpiration intense.
Gène dans les activités quotidiennes (poignet des mains, travail…), détérioration des vêtements.
Mauvaise odeur (rare).
Au cours d’une consultation, on recherche surtout des lésions associées à ce trouble de sudation : dermatite de contact, engelures (peau froide), verrues, kératolyse ponctuée (infection bactérienne de la peau), eczéma atopique, intertrigo des orteils.
L’hyperhidrose est parfois confondue avec d’autres maladies :
Acrocyanose : une sudation excessive des doigts accompagnée d’une coloration violacée des extrémités. Elle est majorée par le froid et les émotions.
Hyperhidrose généralisée ou hyperhidrose secondaire. C'est un autre sujet. Elle est souvent causée par une infection, un lymphome ou un cancer, une hyperthyroïdie, un diabète, l’anxiété, la maladie de Parkinson, une défaillance cardiaque, une neuropathie périphérique, les complications neurologiques d’un traumatisme, la ménopause, les insecticides, les herbicides ou le mercure.
Le premier recours est le médecin généraliste pour faire le diagnostic et prescrire le traitement approprié pour l’hyperhidrose.
Le dermatologue quant à lui, a une expertise plus fine, dispose de l’ionophorèse et est plus à même de pratiquer des injections de toxine botulique.
Pour éviter la sudation excessive, il faudra conseiller une toilette des zones concernées en lavant régulièrement les zones touchées et bien les sécher.
Il est important de laver fréquemment les vêtements et de toujours mettre des habits propres (notamment les chaussettes).
Dans le cadre du traitement de l’hyperhidrose, l’anti transpirant de composition simple est indiqué en première intention. Il devra être appliqué sur une peau propre le soir (ne pas appliquer sur une peau irritée, ou rasée depuis au moins 48 h). La zone d’application sera lavée le matin au réveil.
Faites répéter les applications à 2-3 soirs consécutifs puis 1 à 2 soirs par semaine. Il faut éviter un usage prolongé.
A noter qu'il n’existe à ce jour pas de lien solide entre le cancer et les anti-transpirants, mais des études complémentaires sont quand même souhaitables. Notez que la pierre d’Alun est lui aussi un sel d’aluminium dont la composition est variable.
En deuxième intention, le traitement de l'hyperhidrose palmo plantaire est l’ionophorèse des mains et des pieds. Il s’agit d’une technique qui permet de traiter l’hyperhidrose avec des ions. Pour ce faire, il faudra suivre quelques étapes :
Enlever tous les bijoux.
Protéger les lésions éventuelles avec de la vaseline.
Placer les mains du patient dans un récipient dans lequel baignent des électrodes envoyant du courant électrique.
Au cours des premier mois, 3 séances de 20 minutes d’ionophorèse par semaine sont nécessaires. Ensuite, comptez une séance par semaine. Le résultat est visible après 3 à 4 semaines de traitement. Cette méthode est efficace à 90 % mais ne convient pas pour les personnes qui portent des stimulateurs cardiaques.
En cas d’échec du traitement, l’hyperhidrose des aisselles peut être traitée par des injections de toxine botulique de type A. Il faudra compter environ une quinzaine d’injections (50 unités) sous la peau des aisselles. Au besoin, la séance est répétée 4 mois après l’intervention. Il faut cependant savoir qu’une hyperhidrose compensatrice survient chez 5 % des patients. Aussi, l’injection de toxine botulique A sur les mains et les pieds ne propose pas de résultat prouvé.
En ultime recours, on peut discuter chirurgie des nerfs (sympathectomie par voie endoscopique) qui présente de nombreux effets indésirables.
On peut aussi envisager l’exérèse des tissus, mais les risques ne sont pas négligeables : récidive, perte de mobilité et cicatrice inesthétique.
Il est tout à fait possible de vivre avec une hyperhidrose. Il convient de connaître les facteurs aggravants et de les éviter. Dans les cas extrêmes, le traitement par anti-transpirant et par ionophorèse proposent des résultats satisfaisants avec moins d’effets secondaires.
Il est difficile de prévenir l’hyperhidrose localisée puisqu’on n’en connaît pas vraiment la cause.
En outre, voici quelques recommandations qui pourraient être utiles :
Porter des vêtements perméables à l’air (en coton) et des chaussures en cuir pour éviter la transpiration.
Limiter tous les facteurs aggravants comme les stimuli psychoaffectifs, l’émotion, le stress, les efforts physiques ou de concentration intellectuelle, le café, l’alcool ainsi que les épices…
Si le problème affecte l’état psychologique, il faudra se faire accompagner.