Parkinson
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La maladie de Parkinson est la maladie neurodégénérative la plus courante après Alzheimer. Après l’AVC, elle est également la principale cause de handicap moteur survenant avec l’âge. C’est une pathologie qui attire l’attention de nombreux chercheurs : en plus d’être incurable, sa cause reste encore inconnue jusqu’à ce jour. Découvrez dans cet article tout ce qu’il faut savoir sur la maladie de Parkinson.
La maladie de Parkinson est une maladie dégénérative du système nerveux central (le cerveau). Elle se manifeste par une destruction progressive de certaines cellules nerveuses. Ce phénomène entraîne surtout des troubles moteurs, même si ces derniers sont souvent accompagnés par d’autres symptômes comme la fatigue et les douleurs.
La maladie de Parkinson s’explique par une dégénérescence des neurones dopaminergiques du cerveau. Il s’agit des cellules responsables de la production de la dopamine (substance neurotransmetteur) impliquées dans la réalisation des mouvements.
Dans la majorité des cas, la maladie de Parkinson est de cause inconnue. Les recherches continuent d’avancer et soupçonnent l’influence de certains facteurs environnementaux et génétiques dans le développement de la maladie. Cependant, il n’existe pas encore de preuves concrètes permettant de confirmer ces hypothèses. Seule l’utilisation de pesticides est reconnue comme source sûre de la maladie à travers un décret en vigueur depuis 2012.
La maladie de Parkinson évolue lentement et s’aggrave avec le temps. Jusqu’à aujourd’hui, il n’existe pas de traitement curatif.
Cette maladie résulte de la dégénérescence des neurones souvent liée à l’âge avancé. Cela explique de délais d'apparition : entre 55 et 65 ans. Elle touche 1% des personnes de plus de 65 ans. Les moins de 45 ans peuvent également en être concernés en cas de prédisposition génétique.
Selon les statistiques, il s’avère également qu’elle atteint plus d’hommes que de femmes. En France, 120 000 personnes souffrent de la maladie de Parkinson.
Les premiers signes de la maladie de Parkinson apparaissent seulement après la disparition d’environ la moitié des neurones dopaminergiques. L’un des symptômes caractéristiques est l’hypotension orthostatique. C’est une baisse de la tension qui se produit lorsque le patient se met debout. Elle est à l’origine des vertiges et des chutes. Près de la moitié des patients en souffrent. À ce problème de tension artérielle s’ajoutent des douleurs généralisées et de l’asthénie (fatigue).
D’autres symptômes peuvent se manifester, mais ils varient selon les individus et le temps d’évolution de la maladie. On peut citer :
les tremblements au repos au niveau de la main et du bras ;
les raideurs ;
les troubles olfactifs ;
les fourmillements désagréables ou des paresthésies
les troubles psychiatriques : syndrome anxieux ou dépressif (50 %), incapacité émotionnelle, troubles du sommeil (crampes, sensation de ne plus pouvoir bouger), idées délirantes ;
le ralentissement à l’initiation de mouvement (alias akinésie) ;
la constipation ;
la pollakiurie (urgence mictionnelle), voire incontinence urinaire (relâchement des muscles de la vessie), chez 75 % des patients.
Le diagnostic de la maladie de Parkinson se fait à l'aide d'un cortège de signes. L'examen est à répéter dans le temps car les signes cliniques sont très variables selon les individus et le stade d’évolution de la maladie.
Pour commencer, il faut savoir que des signes dermatologiques peuvent apparaître comme l’aspect pommadé du visage. Toutefois, c'est l'examen neurologique conduit par le médecin qui sera le plus pertinent. Il repose sur de nombreux tests.
a) La rigidité des muscles ou hypertonie plastique
Lorsqu’on étend un membre, une résistance cède par à-coups, c’est l’impression de « roue dentée ». Elle s’accompagne de mouvements saccadés.
Lorsqu’on étend un membre, il reste à sa place : comme un « tuyau de plomb ».
Ces manœuvres sont encore plus visibles si l’autre membre fait la marionnette et le symptôme est prédominant sur les muscles fléchisseurs.
On remarque également :
une attitude générale en flexion : la personne est penchée en avant lors de la marche ;
une diminution du ballant des bras à la marche ;
une rareté du geste ;
une rareté du clignement palpébral ;
l’impossibilité de déplacement de la tête pour explorer l’espace.
b) Le tremblement de repos (chez 66 % des patients)
Elle se distingue par des mouvements lents incontrôlés, de 4-7 par secondes, réguliers, sur des zones bien localisées : lèvre, langue, mandibules, extrémités des membres supérieurs et inférieurs.
Le tremblement s’étend d’abord d’un côté puis des deux côtés. Son intensité s’accentue par les émotions et la fatigue. Par contre, il s’arrête pendant le sommeil et lors des mouvements volontaires.
Anomalies des réflexes
Réflexes ostéotendineux vifs.
La percussion des sourcils fait fermer les yeux : réflexe naso-palpébral inépuisable.
c) La difficulté de coordination des mouvements
Hypokinésie : diminution de l’amplitude du mouvement.
Akinésie parkinsonienne : ralentissement à l’initiation d’un mouvement.
Bradykinésie : ralentissement de l’exécution d’un mouvement.
Voici d’autres troubles qu’on peut observer :
visage impassible ;
troubles de l’équilibre ;
incapacité à initier un mouvement : « freezing », enraillage ou emballement des pieds ; marche par petits pas, piétinement (festination), blocage lors du demi-tour ou face à un obstacle ;
petite écriture ;
difficulté à prononcer les mots (dysarthrie), monotonie du son de la voix, répétition de mots, hypomimie ;
impossibilité de s’asseoir ;
agitation motrice : « akathisie » ;
difficulté à effectuer des tâches minutieuses comme boutonner un vêtement ;
sensibilité du toucher : normale ou parfois diminuée ;
à l’examen des paires crâniennes : troubles de l’olfaction, pas de troubles de coordination des yeux ;
émission de salive par la bouche
problème de la cognition : démence ou perte de mémoire (elles s’observent tardivement avec l’évolution de la maladie).
Nombreuses sont les maladies neurodégénératives dont les symptômes peuvent être confondus avec ceux de la maladie de Parkinson. L'aide d'un neurologue sera indispensable devant les signes suivants :
réflexes ostéo tendineux vifs, signe de Babinski positif (c'est lorsque le gros doigt de pied se lève lorsqu'on chatouille la plante des pieds)
démarche « ivre » du syndrome cérébelleux ;
diminution de la sensibilité du toucher ;
troubles moteurs des yeux ;
démence.
Il convient alors de demander l’avis d’un neurologue pour identifier la pathologie.
Quant aux tremblements au cours des mouvements ou seulement pendant un maintien de position des deux côtés du corps, ce sont des tremblements essentiels à ne pas confondre avec le tremblement de repos.
Chez des patients moins de 40 ans, les signes de tremblement, de dystonie, d’attaque hépatique et oculaire traduisent la présence de la maladie de Wilson (incapacité de l’organisme à éliminer le cuivre).
Les troubles cognitifs (perte de la mémoire, troubles de l’attention, hallucinations visuelles…), troubles moteurs (perte de l’équilibre, chutes, démarche traînante…) et les troubles du comportement et de l’humeur témoignent en faveur d’une démence à corps de Lewy.
Comme les symptômes de la maladie de Parkinson se manifestent petit à petit, il est difficile d’établir un diagnostic. Ainsi, les examens complémentaires ne seront utiles que pour écarter les autres maladies qui peuvent provoquer les mêmes symptômes.
Le plus souvent, le neurologue prescrit une IRM ou un scanner cérébral (appelé DAT Scan) pour confirmer qu’il ne s’agit pas d’une autre maladie. Puis, d’autres examens tels qu’un électro-encéphalogramme, une prise de sang ou une ponction lombaire peuvent être effectués.
Certains traitements de la maladie de Parkinson pouvant être contre-indiqués, un électrocardiogramme est pratiqué pour déterminer le traitement adéquat.
Il faudra répéter les examens, car la maladie varie selon les patients et le temps.
La diminution de la céruloplasmine, la baisse du cuivre sérique libre et l’élévation du cuprurie orientent le diagnostic vers la maladie de Wilson.
Le médecin généraliste est en première ligne pour évoquer le diagnostic. Il passera la main très rapidement à un neurologue étant donné la complexité du diagnostic.
Il existe également des centres experts de la maladie de Parkinson pluridisciplinaires qui regroupent :
les spécialistes : neurologue, médecin généraliste ou gériatre de proximité, centre expert ;
les paramédicaux : kinésithérapeute, orthophoniste, infirmier ou ergothérapeute.
a) Les traitements non médicamenteux
Pour réduire la gêne, privilégiez la kinésithérapie ou d’autres programmes d’exercice physique adaptés comme le yoga. Voici quelques gestes à enseigner au quotidien :
utiliser les bras comme balanciers ;
lever le plus possible les pieds et poser le talon en premier ;
essayer de faire de plus grandes enjambées et se pencher un peu en avant ;
pour faire demi-tour, éviter de pivoter sur soi-même. Faire plutôt un large demi-cercle ;
prendre son temps ;
en cas de port de charge, essayer de la diviser également entre bras droit et bras gauche ;
porter des chaussures antidérapantes, très souples et qui tiennent bien le pied. Préférer les chaussures dont l’extrémité est légèrement relevée. La hauteur du talon ne doit pas dépasser quatre centimètres ;
appliquer les conseils habituels pour sécuriser le domicile contre les chutes.
La sophrologie est également un excellent moyen pour lutter contre la dépression et l’anxiété. Quant à l’orthophonie, son efficacité sur la prononciation des mots reste incertaine.
b) Les traitements médicamenteux
À utiliser avant l'âge de 65 ans, les agonistes dopaminergiques non-dérivés de l’ergot de seigle permettent de retarder le traitement par L-dopa en imitant l’action de la dopamine. Le plus couramment utilisé est le ropinirole. Pour une libération immédiate, 0,75 mg de ropinirole par jour en 3 prises est suffisant. Tandis que pour une libération prolongée, il faut une dose de 2 mg, à augmenter progressivement en veillant à rester en dessous des 24 mg par jour.
La lévodopa alias L-dopa entre en première intention dans le traitement des symptômes de la maladie de Parkinson après l'âge de 65 ans. C’est un précurseur de la dopamine. En étant pourvu d’inhibiteur de la dopadécarboxylase, ce médicament bloque la dégradation de la lévodopa dans l’organisme.
La lévodopa permet de rétablir les mouvements en les accélérant, en réduisant leur rigidité et leur tremblement. Cependant, son efficacité s’atténue avec le temps et elle peut engendrer de nombreux effets secondaires.
Il est conseillé de l’utiliser le plus tard possible. De même, il faut privilégier une prescription à petite dose qui sera à la fois efficace et à effet immédiat. Si vous prenez la Levodopa et le bensérazide, il vous faut 50 mg 3 à 4 fois par jour. En revanche, si elle est associée avec du carbidopa, il faudra prendre une dose de 100 mg 3 fois par jour.
Par contre, il ne convient pas d’employer l’amantadine dans le cas d’une maladie de Parkinson. Elle ne possède pas d’efficacité démontrée. Évitez également les inhibiteurs de la monoamine-oxydase de type B (IMAO-B), dont la rasagiline, la sélégiline ou la safinamide. Ces derniers inhibent la dégradation de la Levodopa, mais leurs efficacités restent modestes comparées aux effets indésirables graves provoqués. Il en est de même pour les agonistes dopaminergiques issues de l’ergot de seigle comme la bromocriptine.
En dernier recours, le neurologue proposera une stimulation cérébrale profonde.
c) Traitements des cas particuliers
Les femmes enceintes peuvent prendre de la Levodopa uniquement après 10 semaines d’aménorrhées. Par contre, elles ne peuvent pas prendre du ropinole. Dans tous les cas, il est impératif de demander l’avis d’un spécialiste en neurologie, gynécologie ou en pédiatrie avant de suivre un quelconque traitement.
Quant aux femmes allaitantes, les traitements par L-dopa ou par ropinirole sont proscrits. L’avis d’un neurologue ou d’un pédiatre reste néanmoins conseillé.
L’évolution de cette maladie peut varier d’une personne à une autre. Elle ne dépend nullement de l'âge de découverte de la maladie. C’est au neurologue de trouver les traitements au cas par cas pour atténuer les symptômes.
Il faut noter que la maladie de Parkinson impacte peu l'espérance de vie. Bien que cette maladie demeure intraitable, les recherches continuent dans l’optique de trouver un vrai traitement antiparkinsonien.
1) Prévention avant la survenue de la maladie
Réévaluer la nécessité de certains traitements qui agissent sur le cerveau comme les antipsychotiques, anti-nauséeux, antiallergiques, antidépresseurs, trimétazidine, etc. Ils sont néfastes. De même, n'utilisez pas des feuilles de racine de corossol en phytothérapie.
Si vous pensez que l'environnement de travail expose à des pesticides, des polluants ou des métaux lourds, faites appel à un médecin du travail. Il se chargera de confirmer ou d’infirmer votre doute et de prendre les mesures nécessaires.
La drogue « MPTP » cause des symptômes permanents de la maladie de Parkinson. En cas d’addiction, suivre un accompagnement.
2) Prévention après la survenue de la maladie
Si le sujet à des confusions (désorientation ou propos incohérent), demandez l’avis d’un spécialiste pour distinguer les effets indésirables des médicaments et ceux de la maladie.
En cas d'anxiété, de dépression, d’hypersexualité ou d’addiction aux jeux, contactez un neurologue et un psychiatre. Demandez un accompagnement.
Enfin, rejoignez des associations pour avoir des soutiens psychologiques en cas d’épuisement.