Rhume
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Nez bouché, écoulement nasal, maux de tête, éternuement et parfois maux de gorge avec toux, ce sont les signes classiques d'un bon rhume. Il s’agit d’une maladie courante qui est isolée ou qui fait partie d'une maladie génrale d'origine virale (grippe, COVID...), notamment en période de froid. Elle n'est pas toujours facile facile à traiter. On fait le point dans cet article.
Le rhume, aussi appelé rhinite, est une inflammation de la muqueuse nasale. C’est une maladie banale et bénigne dans la plupart des cas.
Le rhume est d’origine virale et peut être provoqué par de nombreux virus. Les plus connus sont les rhinovirus, mais il y en a de toutes sortes (grippe, coronavirus...). Le mode de transmission de cette maladie s’effectue exclusivement par voie aérienne. Le sujet infecté envoie des microgouttelettes contaminées dans l’air en toussant ou éternuant. La propagation des virus se fait aussi par contact physique comme la poignée de main et le contact avec des objets souillés. Le temps d’incubation du virus est de 2 à 3 jours puis il y a l’apparition des symptômes les plus forts qui subsistent pendant 2 à 3 jours.
Lorsqu’une personne contracte le rhume, c'est souvent par le biais d’épidémie. Sa contagion est d’autant plus forte en automne et en hiver où la prévalence peut atteindre 3 personnes sur 4. La fréquence moyenne des épidémies de rhume est de 3 fois par an en moyenne.
Le rhume se caractérise principalement par un écoulement nasal transparent puis vert ou jaune (mucopurulent), une obstruction nasale, un ronflement, des éternuements répétitifs ou des toux, un enrouement, des maux de gorge, des troubles de l’odorat et un prurit nasal. Une sensation de fatigue et de céphalées est constamment présente, mais il n’y a pas de fièvre. Chez le nouveau-né, le développement d’un tableau de gastroentérite fébrile est possible.
Au cours d’un rhume, la température du corps peut demeurer normale ou légèrement élevée (toujours inférieur à 38,5 °C).
On aperçoit généralement un arrière gorge rouge (pharynx rouge) avec un filet de sécrétion qui descend du nez (jetage postérieur). On peut aussi ressentir des ganglions sur les deux côtés du cou.
Il faut noter que le rhume n’occasionne pas de troubles graves au niveau des poumons. L’auscultation au stéthoscope montre souvent un résultat normal.
Si dans la majorité des cas, le rhume est simple et s’apaise en une dizaine de jours environ, certaines catégories de personnes restent vulnérables à ses effets. C’est le cas des nouveau-nés qui peuvent souffrir de fièvre intense ou persistante, de gêne respiratoire ou alimentaire et une toux persistante. Bien entendu, ces manifestations exigent un avis médical au plus vite.
Par ailleurs, certaines pathologies se favorisent également avec le rhume entraînant des complications. Ce sont entre autres la conjonctivite, la sinusite, les otites séromuqueuses, les otites moyennes aiguës, la bronchite ou la pneumonie.
Sinusite, rhinite allergique, grippe… beaucoup d’infections nasales se confondent avec le rhume. Il est pourtant nécessaire de savoir les distinguer pour pouvoir les soigner efficacement. Voici donc quelques exemples de maladies ORL les plus courantes qui présentent les mêmes signes que le rhume :
Sinusite : majoration des douleurs par la pression des sinus, céphalées sus-orbitaires, œdème périorbitaire, fièvre très élevée, troubles oculaires, troubles de l’odorat.
Rhinite allergique : elle est saisonnière et se manifeste généralement dans un contexte d’allergies. Elle s’accompagne de conjonctivite.
Grippe : toux, courbature, fièvre élevée.
Écoulement aqueux : stimulé par le tabac et divers polluants.
Brèche ostéoméningée : écoulement d’un seul côté. Habituellement lié à un traumatisme crânien.
En cas de rhume, le patient peut consulter son pharmacien en l’absence de complications. Les sujets fragiles tels que les nourrissons et les personnes immunodéprimées devront en revanche recourir à un médecin généraliste ou un pédiatre. C’est à eux de faire le diagnostic et prescrire les médicaments nécessaires.
Il est possible de traiter le rhume par diverses manières : traitement médicamenteux ou remèdes de grands mères…l’efficacité des médicaments sont variées et certains sont plus dangereux qu’utiles. Il faut alors faire très attention au choix du traitement.
En première intention, il est conseillé de laver régulièrement le nez au sérum physiologique ou avec du spray, sauf chez le nourrisson (risque de fausse route). Il convient également d’éliminer les sécrétions en se mouchant bien ou en les aspirants avec des matériels spécifiques. Pour adoucir la gorge, les boissons chaudes et les confiseries sont de bons remèdes. Ils sont aussi efficaces que les sirops ! Le paracétamol est également utile pour alléger les symptômes douloureux et la fièvre. En présence de toux, il est possible de faire un traitement avec du dextromethorphane.
Les médicaments suivants possèdent encore des bénéfices incertains (on peut les utiliser en l'absence d'autres options disponibles) :
Les AINS comme l’ibuprofène : en option en cas de douleur ou fièvre. Il est à éviter si on n’est pas sûr du diagnostic, car peut aggraver la situation dans certains cas. De plus, ils ne conviennent pas à la femme enceinte.
Les corticoïdes par voie orale. Préférer les prendre avec une posologie faible : 7,5 à 15 mg/j.
Les antiseptiques par voie nasale : pas d’efficacité démontrée.
Les inhalations d’air chaud et humide : pas de réduction de la gêne. Expose aux brûlures.
Acétylcystéine et carbocystéine : ce sont des mucolytiques sans efficacité démontrée.
Les médicaments suivants sont à écarter absolument :
Les solutions nasales en spray chez le nourrisson : risques de fausses routes.
L’ipratropium par voie nasale : pas efficace.
Les vasoconstricteurs « sympathomimétiques » par voie nasale ou orale (éphédrine, naphazoline, oxymétazoline, phényléphrine alias néosynéphrine, pseudoéphédrine, tuaminoheptane) : exposent à des risques cardiaques trop graves.
Les antihistaminiques atropiniques et sédatifs (chlorphénamine, diphénhydramine, mequazine, prométhazine) : exposent à de nombreux effets indésirables.
Les corticoïdes à libération prolongée intramusculaire : effets indésirables généraux.
Les dérivés terpéniques (camphre ou manthol) exposent à des convulsions ou confusions.
La pholcodine : un sirop antitussif qui expose aux chocs au cours de certaines anesthésies.
Les ambroxol et bromhexine : pas d’efficacité et exposent aux allergies.
Les pastilles à sucer d’anti-inflammatoire ou anesthésiques : pas d’efficacité et exposent aux allergies.
Il faut également arrêter d'abuser des décongestionnants nasaux car ils provoquent eux même des rhume...
Chez la plupart des patients, le rhume guérit spontanément. La durée de la fièvre est de 2 à 3 jours et l’écoulement nasal s’étale sur 7 à 10 jours. Il faudra continuer les traitements durant cette période, sans céder à la tentation des mauvais traitements.
En cas de présence de toux, les symptômes persistent environ 3 semaines au maximum.
Dès qu’une personne attrape le rhume, il est important de veiller à ce que la maladie ne se transmette pas aux entourages. Pour cela, il faut appliquer les gestes de barrières :
Se laver les mains fréquemment pour réduire la transmission des virus.
Limiter les contacts directs.
Stocker et éliminer les mouchoirs sales dans un endroit isolé.
Éternuer dans le coude et non pas sur ses mains ou porter un masque de type chirurgical.
Nettoyer les surfaces souillées par les projections.
Arrêter l’exposition au tabac.
S'habiller chaudement.
Des études ont montré que les effets secondaires de la sitagliptine (un antidiabétique) peuvent induire des infections respiratoires hautes plus fréquentes. Ainsi, si le patient utilise ce type de médicament en traitement parallèle, il faut réévaluer l’indication du traitement.
Chez la femme enceinte, un rhume prolongé peut apparaître. Il serait alors judicieux d’attendre la fin de la grossesse et de ne pas recourir à de lourds traitements.