Maladie de Forestier
Fiche maladie Images Ordonnances
La maladie de Forestier fait partie des maladies du dos assez méconnue qui touche particulièrement les personnes âgées. Dans cet article, on va parler de son diagnostic et de son traitement.
La maladie de Forestier est une affection articulaire décrite par un des premiers rhumatologues « Jacques Forestier » en 1950. Cette maladie correspond à des calcifications ligamentaires qui touchent particulièrement les ligaments sur le côté des vertèbres, les ligaments au niveau des coudes, des genoux et des talons.
Elle est également connue sous d’autres noms :
hyperostose ankylosante sénile rachidienne ;
hyperostose diffuse idiopathique ;
hyperostose ankylosante ;
hyperostose vertébrale engainante ;
mélorhéostose vertébrale.
Cette maladie est attribuée au vieillissement normal.
La présence de la maladie de Forestier augmente avec l’âge. Environ 15 % des personnes de plus de 50 ans sont atteintes. Elle est plus fréquente chez les personnes âgées supérieures à 60 ans. Cette affection touche plus d’hommes que de femmes.
La cause exacte de la maladie est encore mal connue. Néanmoins, il existe quelques facteurs susceptibles de favoriser sa survenue :
le vieillissement (âge) ;
l’obésité ;
le diabète ;
une concentration élevée d’acide urique.
La maladie de Forestier est souvent silencieuse. Elle peut aussi se manifester par des raideurs, voire des douleurs du cou et du dos. Les atteintes articulaires au niveau du bassin, des coudes, des genoux et des talons sont également un signe de la maladie de Forestier. Les personnes souffrantes de cette pathologie ont un trouble de la déglutition ou une sensation de gêne et une difficulté à avaler de la nourriture ou des liquides, aggravé par l’extension du cou, et soulagé avec la flexion.
On pourrait constater une diminution des amplitudes articulaires , des douleurs localisées et des contractures.
Il faut se méfier de la maladie de Forestier lorsqu’elle est accompagnée de signes compressifs avec troubles de déglutition, ou altération de la voix, sensation de gêne respiratoire ou stridor (bruit respiratoire). Dans ce cas-là, l’avis d’un spécialiste est important.
La présence d’une douleur neurologique par compression prouve également une maladie de Forestier compliquée. Pour la confirmer, un examen par IRM est essentiel.
Cette maladie est souvent confondue avec la spondylarthrite ankylosante. La spondylarthrite ankylosante touche les personnes jeunes et se manifeste par des douleurs présents la nuit.
a) Radiographie de thorax
La radiographie du thorax montre bien l’état des os et des articulations.
Une présence d’un pont osseux sur au moins quatre vertèbres prouve l’existence de la maladie de Forestier.
b) Scanner ou IRM
Un de ces deux examens d’imagerie sont parfois nécessaires pour clarifier le diagnostic.
c) Les examens pour les formes compliquées
Un examen radiologique classique par le transit oeso -gastro-duodénal permet de dépister la présence d’une dysphagie par compression.
Le patient atteint de maladie de Forestier peut être pris en charge en ville. Il peut consulter :
des professionnels de santé de ville pour avoir des conseils et être orienté ;
un médecin généraliste pour le diagnostic ;
un rhumatologue pour un avis spécialisé.
a) Les traitements non médicamenteux
L’activité physique aide à soulager les symptômes de la maladie de Forestier. Elle concerne plus particulièrement les exercices de renforcement musculaire. D’autres activités physiques sont également recommandées, à l’instar des exercices d’étirements et des exercices d’endurance.
L’électrostimulation est parfois mentionnée dans les traitements de la maladie de Forestier. Cependant, son effet sur la maladie est surtout placebo.
L’effet de la kinésithérapie et le traitement par ultrason sur la maladie de Forestier est encore non démontré. L’utilisation de ceinture, de canne, l’application de chaud ou de froid et la balnéothérapie sont des traitements avec des bénéfices incertains. Toutefois, ces traitements n’ont aucun risque démesuré donc peuvent être tentés malgré tout.
b) Les traitements médicamenteux
On prescrit souvent des antidouleurs pour soulager les symptômes de la maladie de Forestier. Le paracétamol s’emploie en première ligne de traitement.
Le traitement par les anti-inflammatoires non stéroïdien (AINS) est un traitement alternatif. On peut citer :
l'anti inflammatoire local avec un effet modeste et fugace ;
l'anti inflammatoire par voie orale comme l’ibuprofène ou le naproxène.
Si la douleur est trop forte, la morphine, la codéine, le tramadol et le corticoïde en injection peuvent être utilisés. Ce dernier présente un effet anti douleur transitoire, même si son efficacité sur la gêne fonctionnelle reste encore mal connue.
Si l’utilisation du corticoïde en injection n’est pas possible, le corticoïde par voie orale figure dans le deuxième choix.
Avec ses nombreux effets indésirables, le coxibs, l’acélofénac, le diclofénac et le piroxicam sont à écarter. Ces anti-inflammatoires ne sont pas plus efficaces.
Le kétoprofène est également à éviter. Par voie orale, il procure des effets indésirables digestifs. Par gel, ses effets indésirables sont importants par rapport aux autres anti inflammatoires.
Le traitement curatif du syndrome de la maladie de Forestier est souvent médical.
Le traitement chirurgical est réservé uniquement en cas de compression.