RGO
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Très fréquent chez le bébé, le reflux gastro œsophagien est une remontée involontaire et sans effort du contenu de l’estomac. Il s’agit d’un phénomène normal chez le nourrisson qui n’affecte pas sa santé ni sa croissance. L'enfant fait un rejet alimentaire souvent ? Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur le reflux gastro-œsophagien du nourrisson ou RGO.
Le reflux gastro-œsophagien (RGO) est la remontée involontaire du contenu de l’estomac vers l’œsophage. Fréquent chez les nourrissons, il peut arriver jusqu’au pharynx et la bouche entraînant ainsi une régurgitation.
Il s’agit d’un phénomène normal chez le bébé : le reflux gastrique n’entrave généralement pas sa croissance ni sa santé.
La régurgitation du jeune enfant est notamment liée à des facteurs physiologiques tels que l’immaturité du sphincter inférieur de l’œsophage qui agit comme une barrière anti-reflux. La cause du reflux gastro-œsophagien du nourrisson peut aussi être la faible distension de l’estomac, la faible longueur de l’œsophage ou encore une alimentation liquide abondante.
Le reflux gastrique est très fréquent chez les bébés de moins de 3 mois. Son incidence diminue avec l’âge : il touche 25 % des enfants de 6-7 mois et moins de 5 % de ceux âgés de 12 mois. La régurgitation arrive aussi bien aux petits garçons qu’aux petites filles.
Voici les signes qui permettent de reconnaître un RGO du nourrisson :
Un rejet alimentaire sans effort, non jaune, peu après le repas ;
Exagéré lorsque le petit boit beaucoup ou lorsqu’il est en position allongée ;
Le reflux peut survenir plusieurs fois par jour (20 à 30 fois) ;
Il n’existe aucun autre symptôme (fièvres, perte d’appétit, amaigrissement…).
Lors de la consultation pour un RGO, le pédiatre notera une croissance staturo-pondérale normale. L’examen physique ne révélera pas non plus d’anomalies.
La complication la plus courante d’un reflux gastrique chez le bébé est l’œsophagite. Vous pouvez reconnaître cette dernière par des pleurs, une douleur qui se manifeste par des tortillements, un refus de biberon, une perte d’appétit ou un vomissement avec une trace de sang.
Le reflux gastro-œsophagien peut aussi être compliqué de troubles divers touchant différents organes à savoir
l’appareil pulmonaire : toux à prédominance nocturne, asthme, pneumonie récidivante, bronchite à répétition… ;
l’appareil cardiaque qui se manifeste par des douleurs thoraciques ;
la sphère ORL(la tête) : enrouement, laryngite chronique avec érythème de la margelle postérieur, otalgies, otite, sinusite, rhinopharyngite…
Au cours d’un cas grave de reflux gastrique, le nourrisson peut aussi présenter un malaise par stimulation du nerf vague. Cela se traduit par une perte de connaissance après la prise alimentaire.
Enfin, dans le cadre d’un RGO abondant, le nourrisson peut être sujet à un trouble nutritionnel qui se révèle par une anomalie au niveau de la courbe de poids.
Il est possible que le reflux gastro-œsophagien soit confondu avec autre pathologie.
Le diagnostic du reflux gastro-œsophagien ne requiert pas d’examens complémentaires à moins qu’il n’y ait une complication.
a) PHmétrie
Nécessaire en l’absence de rejet visible afin de confirmer un RGO effectif.
b) Fibroscopie oeso -gastro-duodénale ou FOGD
Cet examen est utile pour confirmer une œsophagite.
c) Manométrie
Prescrit en cas de doute sur un trouble moteur de l’œsophage (achalasie) qui se caractérise par une difficulté du passage du bol alimentaire vers l’estomac.
d) Transit oeso -gastro-duodénal ou TOGD
Il s’agit d’un examen d’imagerie médicale qui consiste à évaluer le transit par ingestion de produit de contraste. Il est recommandé si le RGO du nourrisson est persistant ou si le médecin a des doutes sur une malformation anatomique du tube digestif.
L’examen biologique n’a pas beaucoup d’intérêts en cas de reflux gastrique chez le bébé. Il peut toutefois révéler une carence en fer.
Le pédiatre, le médecin généraliste ou le gastropédiatre sont chargés de prendre en charge les RGO. Le pharmacien aura un rôle de conseil et d'orientation.
Le reflux gastrique peut engendrer des gênes chez le bébé en raison du contenu acide de l’estomac. Ainsi, il est recommandé de toujours essuyer la régurgitation afin d’éviter une irritation de la peau du nourrisson.
Comme ses origines sont généralement physiologiques, il n’existe pas de traitement particulier contre le reflux gastro œsophagien non compliqué du nourrisson.
En cas de douleur, il est possible de recourir des médicaments comme l’oméprazole pour traiter le reflux gastro-œsophagien du bébé. Bien que moins efficace que ce dernier, le ranitidine peut être aussi utilisé contre le RGO.
En ce qui concerne les antiacides comme l’alginate de sodium, leur efficacité reste encore à prouver. On l'utilisera en l'absence d'autre option disponible.
Par contre, la dompéridone et la cimétidine sont absolument à éviter. Ils présentent des risques élevés cardiaques et neurologiques...
Généralement, les régurgitations chez le bébé disparaissent toutes seules à l’âge de 12 à 18 mois.
Pour éviter le reflux gastro œsophagien du nourrisson, il faut épaissir le lait donné à l'enfant. Pour ce faire, ajouter un extrait de graine de caroube. Il est aussi recommandé d’utiliser une tétine à large trou sur le biberon, pour que le lait passe.
Voici d’autres recommandations pour prévenir le RGO chez le bébé :
Réduire la quantité des repas ;
Adapter le rythme des repas selon les besoins et l’appétit du bébé ;
Toujours maintenir le bébé en position verticale, appuyé sur l’épaule par exemple, après le repas ;
Ne pas coucher le bébé sur le ventre au risque d’une mort subite.
Le tabagisme chez les parents est souvent évoqué comme un facteur favorisant du reflux du nourrisson, mais cela n’est pas encore prouvé.