Fracture de poignet
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La fracture de l’extrémité inférieure du radius fait partie des traumatismes fréquents du poignet. Dans cet article, découvrez tout ce qu’il faut savoir sur la fracture de l’extrémité inférieure du radius.
Le radius est un os long qui forme avec le cubitus les deux os de l’avant-bras. Il s’allonge depuis le côté externe du coude jusqu’à la base du pouce.
Il est composé de 3 parties :
une extrémité supérieure près du coude;
une diaphyse (corps de l’os) ;
une extrémité inférieure près du poignet.
L’extrémité distale du radius est la partie le plus proche du pouce. Elle s’articule avec les os de la main pour former le poignet.
La fracture du poignet résulte d'un traumatisme de poignet en hyperextension ou en hyperflexion.
En hyperextension, la main peut se fracturer vers arrière vers l'avant.
Lors de l’hyperflexion, à la suite d’une chute sur le dos de la main (poignet fléchi), la main bascule toujours vers l'avant.
La fracture de l’extrémité inférieure du radius est très fréquente en traumatologie. On compte 300 cas pour 100 000 habitants.
La fracture du poignet est suspectée dès lors que le patient raconte son traumatisme de poignet.
Le symptôme le plus fréquent est une vive douleur au niveau de la face postéro-externe du poignet (vers le pouce). Il peut aussi y avoir un handicap, mais l’engrènement peut être compatible avec quelques mouvements.
À l’inspection, on remarque que la personne a une attitude des traumatisés du membre supérieur : il soutient la zone douloureuse avec son autre main.
On peut également observer une tuméfaction du poignet et des déformations au niveau de la zone fracturée :
Main botte radiale : elle résulte de la translation externe de la main en baïonnette et de la saillie de l'os cubital au bord interne du poignet.
Ascension du bord de l'os cubital.
L’axe du 3e doigt ne se trouve plus dans le prolongement du milieu du poignet.
Dos de fourchette : le fragment d'os bascule vers l’arrière et fait saillie.
À la palpation on note :
une douleur lors de la palpation de la saillie radiale ou de la face postérieure du radius ;
un œdème ;
et une diminution des amplitudes articulaires.
Parfois il existe des lésions associées au niveau de la peau, des nerfs et des vaisseaux.
Un examen radiologique du poignet est nécessaire pour confirmer le diagnostic. Elle est réalisée en incidence de face et de profil strict.
Chez l’enfant, sur le cliché de face, on recherche des lésions du cartilage de croissance. Elles sont évoquées devant l’image d’une fracture des bords médiaux et latéraux de l’os sus et sous cartilagineux.
Un scanner n’est prescrit qu’en cas de fracture non visible par l’examen radiologique, par exemple dans le cas des fractures articulaires. Il va permettre le suivi de la consolidation de la zone fracturée.
Pour éviter les complications, la prise en charge initiale de la fracture de l’extrémité inférieure du radius doit se faire aux urgences hospitalières.
On aura recours à l'avis du chirurgien orthopédique. Un médecin généraliste et les professionnels de santé de ville pourront effectuer le suivi.
La douleur peut être soulagée par la prise d'antidouleurs. Ces derniers sont prescrits en fonction de l’intensité de la douleur. Le paracétamol est indiqué en première intention (pour la douleur légère à modérée).
En 2e ligne, il y a les anti-inflammatoires. Ils sont indiqués quand la douleur ne répond pas au paracétamol. On peut les utiliser soit par voie locale avec un effet modeste et fugace, soit par voie orale (ibuprofène ou naproxène).
La morphine, la codéine et le tramadol ne sont indiqués qu’en dernier recours, c’est-à-dire lors d’une douleur modérée ou intense.
La prescription des antiinflammatoires telle que les coxibs, le diclofénac, l’acéclofénac et le piroxicam sont contre-indiqués, à cause de leurs nombreux effets indésirables et leur faible efficacité. De même pour le kétoprofène, la prise par voie orale et par voie locale (gel) n’est pas indiquée, car il a plus d’effets indésirables par rapport aux autres anti inflammatoires.
Le traitement de la fracture du poignet consiste premièrement en une réduction de la fracture, notamment :
si le déplacement est plus de 20 ° par rapport à la situation anatomique (à partir de 80 ans, 10 ° supplémentaires sont acceptés par dizaine d’âges) ;
chez l’enfant, dans les fractures extra articulaires, on peut accepter une augmentation plus importante du fait d’un rattrapage.
Ensuite, le traitement dépend de la situation de la main.
En cas de fracture à bascule postérieure stable, une réduction manuelle est indiquée. Elle sera réalisée en urgence au bloc sous anesthésie locale ou générale, sous radiographie continue. Elle nécessite des techniques précises :
une traction dans l’axe du membre (désengrènement du foyer de fracture) ;
une pression dorsale sur l’épiphyse et flexion palmaire (pour corriger la bascule postérieure) ;
une inclinaison ulnaire (pour corriger l’inclinaison radiale).
Un traitement orthopédique de contention se fera si la réduction est stable. On utilise une attelle plâtrée brachio-antébrachio-palmaire (BABP) pendant 3 semaines, suivi d’une manchette plâtrée pendant 1 à 3 semaines. Le but est d’éviter la mobilisation de l’avant-bras (surtout le fait de tourner le poignet).
Dans les autres cas, c'est à dire en cas de fracture à bascule postérieure instable le traitement est chirurgical. La méthode utilisée est l’embrochage à travers la peau, de type « Kapandji ». Les broches doivent être retirées au bout de 6 semaines et sous anesthésie locale.
En cas de fracture à déplacement antérieur, on effectue également une réduction manuelle au bloc sous anesthésie locale ou générale, avec radiographie en continue. Puis cette réduction sera immobilisée par une plaque antérieure vissée durant 4-6 semaines.
En cas de fracture multiple, il faudra exercer une traction de façon divergente sur les broches. Cette manœuvre permet une réduction par la mise en tension des éléments capsulo-ligamentaires. L’immobilisation doit durer pendant 4-6 semaines.
Il faut faire une surveillance régulière et périodique. Elle permet de surveiller les complications comme un gonflement et les fourmillements qui sont en faveur du syndrome des loges.
En cas de raideur articulaire, il faudra commencer une kinésithérapie dès le premier jour. Elle consiste à faire une mobilisation active des doigts. Puis faire une kinésithérapie en raison de 5 jours par semaine pendant 2 semaines avant l’ablation du plâtre.
Un contrôle par un chirurgien orthopédique doit se faire au 8e jour en post pose de plâtre. Le but est de vérifier l’absence de déplacement secondaire et faire un contrôle radiologique.
À la 6e semaine, l’ablation du matériel d’ostéosynthèse peut se faire. L’ablation de la plaque doit par contre attendre 6 mois après l’intervention.
Le seul moyen de prévenir les fractures de l’extrémité inférieure du radius est d’éviter les traumatismes qui en sont responsables.