Alzheimer
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Alzheimer est une maladie du sujet âgé. Elle est responsable de troubles cognitifs qui se caractérisent par la détérioration progressive de la mémoire. En outre, la personne atteinte ne reconnaît plus personne. Diagnostic et traitements, découvrez tout sur cette maladie dégénérative.
L’Alzheimer est une maladie neurologique dégénérative qui affecte surtout les personnes âgées de plus de 60 ans.
Elle est caractérisée par l’apparition progressive d’une démence, c'est à dire une altération des capacités intellectuelles. Elle fait perdre en particulier la mémoire.
La perte des capacités de la personne conduit à un phénomène de dépendance envers son entourage.
La maladie d'Alzheimer résulte d'une destruction progressive des neurones dans diverses régions du cerveau.
Les causes exactes de l’Alzheimer ne sont pas encore identifiées, mais il peut être lié à plusieurs facteurs, tels que :
l’aggravation médicamenteuse comme les médicaments psychotropes, les atropiniques (scopolamine, oxybutynine…) et acide valproïque ;
l’âge ;
le déficit en vitamine b12 lié à une prise prolongée de metformine ;
la pollution atmosphérique ;
les facteurs de risques cardiovasculaires comme le tabac, l’hypertension artérielle, le diabète et le cholestérol ;
la trisomie 21.
À noter que l’aluminium n’est pas mis en cause.
L’Alzheimer se manifeste sous deux formes.
Les formes qui ne sont pas héréditaires. Elles concernent 99,5 % des cas.
Les formes familiales à hérédité. C’est la suite d’une mutation génétique. Cette forme concerne 0,05% des cas.
Les personnes âgées de plus de 65 ans sont concernées par la maladie d’Alzheimer.
Elle affecte 3 % de la population en général et touche deux fois plus de femmes que d’hommes.
Les personnes qui souffrent d’Alzheimer rencontrent typiquement des amnésies épisodiques. Le sujet peut se souvenir des évènements anciens, mais pas des évènements plus récents.
Le diagnostic clinique de l’Alzheimer est basé sur des bilans neurologique et psychologique.
Dans des cas plus sévères, l’Alzheimer peut s’associer à des complications. La plus fréquente est le syndrome démentiel, de début progressif. Ceci peut aller jusqu’à la dépendance complète de la personne.
Ce syndrome est caractérisé par :
l'humeur très changeante, la dépression et l’anxiété ;
des troubles de l’appétit, du sommeil et de la libido ;
des hallucinations ;
Durant une activité, la personne manifeste un désintérêt, une négligence et la perte de capacités d'initiative. Elle ne s'implique plus.
Un des signe très évocateur est la diminution des capacités à gérer la vie quotidienne. Le sujet ne sait pas gérer ni prendre ses médicaments. Il ne sait pas gérer ses finances, ses déplacements et répondre au téléphone.
La personne déambule et exerce des activités incohérentes.
Ses fonctions cognitives peuvent être mesurées à partir d’un outil d’évaluation appelé MMSE, ou Mini-Mental State Examination.
Quand le MMSE est égal à 30, la cognition est normale.
Entre 30 et 20, les symptômes sont légers.
Entre 20 et 10, la cognition est considérée comme moyenne.
Si le MMSE est inférieur à 10, les symptômes sont considérés comme sévères.
D'autres exemples de troubles cognitifs :
L'incapacité d’utiliser les chiffres et les symboles arithmétiques ;
La non-reconnaissance des images, des visages ;
La perte de mémoire sur ce qui vient de se passer, et voir sur les événements lointains;
La désorientation dans l'espace et dans le temps;
L'incompréhension verbale, la personne jargonne;
Le manque du mot ;
L'incompréhension des gestes (par exemple au revoir).
Enfin, la maladie se manifeste également par un enraidissement musculaire.
Afin de confirmer le diagnostic, il convient de faire une IRM et des examens biologiques.
1-L’IRM
L’IRM permet d’identifier :
des plaques séniles formées de l’accumulation de "peptide béta-amyloïde" ;
une atrophie corticale diffuse et une diminution de volume des hippocampes (elle est provoquée par des modifications des protéines « Tau » ou Tubilin associated unit) ;
la dilatation des espaces ventriculaires ;
la distension des sillons sous-corticaux et vallées Sylviennes (ce sont des régions cérébrales nobles).
2-Les examens biologiques
La ponction lombaire est effectuée si la forme est atypique.
Un examen biochimique sera réalisé pour doser la protéine Tau et le peptide Aß1-42.
On pourra également réaliser le dosage de la vitamine B12.
La prise en charge se fait en ville, et mobilise différentes professions.
Les professionnels de santé de ville orientent et conseillent. Le médecin généraliste dépiste. Les structures spécialisées accueillent et traitent la maladie.
Dans le cas général, l'objectif premier sera de maintenir la qualité de vie et l’autonomie du patient autant que possible. Cela peut être réalisé par des aides humaines et des aménagements.
Il faut rétablir une relation apaisée en parlant calmement et en s’expliquant sur la maladie et ses conséquences.
En cas de crise de violence chez une personne démente, éloigner les objets susceptibles d’aggraver la situation ou qui représentent un danger. Viser le retour au calme par la parole.
On serait ensuite tenté d'utiliser des médicaments apaisants, mais ils sont aussi désinhibiteurs. Ils augmentent le risque d’aggravation du comportement du malade. Il faudra donc les utiliser avec prudence.
En cas d'agitation sans état confus, les benzodiazépines par voie orale (si accepté) sont indiquées en premier recours. On peut écraser les comprimés pour une administration sous la langue.
Diazépam (5 à 20 mg)
Lorazépam (2 à 4 mg)
Si l’administration par voie orale et sublinguale n’est pas possible, penser à une injection intramusculaire.
Lorazépam
Diazépam (0,1 à 0,2 mg par kilo)
Clorazépate dispotassique (20 à 200 mg par jour)
Il existe aussi lorazépam et le diazépam par voie rectale. C'est un moyen d'administration qui peut être intéressant.
En dernier recours, on optera pour les neuroleptiques comme l’halopéridol intramusculaire 1 à 5 mg (cette forme est aussi adaptée aux états confusionnels).
En présence d’un état confusionnel (personnes en crise de démence), les neuroleptiques peuvent être utilisés, mais ils ont la fâcheuse tendance à aggraver la confusion. Il faut les utiliser à faible dose et augmenter très progressivement.
Halopéridol par voie orale 1 à 2 mg toutes les 2 à 4 heures. Cette dose est à réduire de moitié chez les personnes âgées.
Halopéridol intramusculaire 1 à 5 mg. Il est à réduire à moitié aussi chez les personnes âgées.
Il faut éviter le dropéridol. Il s’agit d’un neuroleptique injectable. Il engendre plus d’effets indésirables que l’halopéridol. Il est sans avantage clinique.
Aucun traitement curatif n'a de bénéfices à long terme dans la maladie d'Alzheimer. Dans le cadre du traitement de l’Alzheimer, il faudra donc éviter les médicaments suivants, au risque de faire pire que mieux :
Anticholinestérasiques (donépézil, galantamine, rivastigmine) : leurs bénéfices sont au mieux modestes et temporaires, voire nul en début de la maladie (durant les 6 mois). Ils présentent des effets indésirables disproportionnés.
Mémantine: elle est médiocre, car elle présente des risques élevés.
Ginkgo biloba: il n’a pas d’efficacité démontrée au-delà du placebo. Il provoque des effets indésirables parfois graves.
En cas de dépendance à l'entourage pour toutes les situations de la vie quotidienne, il faudra un accompagnement social et psychologique des aidants. Cette maladie peut effectivement être une source de souffrance pour la famille.
L’aggravation de la maladie surgit de façon progressive, mais variable d’un sujet à l’autre.
En moyenne, le décès survient 8 à 12 ans après l’apparition des premiers symptômes.
Si les symptômes ne sont découverts qu’à l’âge avancé, ils progressent très vite.
Il faut faire un tri dans les médicaments susceptibles d’aggraver la démence de la personne atteinte. Regardez attentivement les effets secondaires.
En cas de déficit en vitamine B12, il est important de supplémenter le manque.
Il convient également de corriger les risques cardiovasculaires, surtout chez les personnes à risques (arrêt du tabac, prise en charge de l'hypertension, du diabète, du surpoids…)