Insomnie
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L’insomnie est extrêmement fréquente chez beaucoup de jeunes et d’adultes. Elle est favorisée par le stress, les mauvaises habitudes avant le coucher et parfois par des maladies sous-jacentes. Une mauvaise qualité du sommeil altère grandement les capacités physiques et intellectuelles d’une personne. Il est donc important d’y remédier rapidement. Mécanisme, symptômes et traitement de l’insomnie, vous allez tous les découvrir dans cet article.
L’insomnie se traduit généralement par le trouble du sommeil en quantité et aussi en qualité. Sa perception demeure cependant propre à chaque individu : il n’y a pas de normes. La raison est que le nombre d’heures de sommeil optimal pour un adulte est d’environ 7 ou 8 heures. Cette durée peut diminuer ou augmenter selon la personne. Le problème d’insomnie survient alors lorsque cette dernière souffre d’un sommeil insatisfaisant et non réparateur. Dès le réveil, le sujet se sent las et moins fonctionnel.
La durée d’une insomnie se situe entre 90 à 120 minutes pendant une nuit. Son apparition peut être moins fréquente, une ou deux fois seulement au cours d’une longue période. C’est le cas d’une insomnie passagère. Lorsque la succession des cycles commence à devenir plus fréquente (plus de 3 fois par semaine), on parle d’insomnie chronique. Celle-ci se divise en deux catégories :
L’insomnie primaire : induit par des perturbations psychologiques (stress, angoisse…).
Les insomnies secondaires qui se manifestent suite à une pathologie (voir en fin d'article)
L’insomnie touche 13 % des adultes de 18 à 75 ans. Sa fréquence est plus élevée chez les femmes et aussi avec l’âge.
En général, une personne atteinte d’insomnie éprouve constamment de la difficulté à s’endormir et à maintenir le sommeil. Elle peut même souffrir de nombreux cauchemars durant la nuit. Par conséquent, il lui est impossible d’avoir un sommeil réparateur. Ce trouble engendre souvent de mauvaises répercussions dans les habitudes quotidiennes comme :
des troubles de la mémoire ;
des troubles de la concentration ;
de la fatigue accrue dans la journée avec sensation de manque d’énergie ;
de l’irritabilité.
L’insomnie peut créer diverses complications telles que de fortes migraines, des douleurs articulaires, des problèmes digestifs, etc. Dans ce cas, le traitement devra être supervisé par un médecin généraliste. En revanche, si les effets sont assez modestes, le sujet peut consulter son pharmacien.
Il existe divers type de traitements pour lutter contre le mauvais sommeil de l’adulte: médicamenteux et non médicamenteux. Le choix dépend de la gravité de la maladie ainsi que de l’état de santé du sujet.
Pour alléger les symptômes d’insomnie, on peut choisir entre différents traitements.
Traitement de 1er choix
Valériane à titre faible (30 %) en infusion : efficacité modeste, mais sans dépendance.
Doxylamine : un antihistaminique sédatif. Elle devra être employée en traitement court et en prévoyant son arrêt.
Les placebos
Certaines plantes comme le tilleul, la mélisse, l’oranger et la verveine odorante ont seulement un effet placebo sur la maladie du sommeil. C’est également le cas pour l’homéopathie supérieure à 4CH. Ils peuvent être utile quand un médicament allopathique n'est pas souhaitable.
Traitement de 2e choix
Si les symptômes de l’insomnie persistent, il est possible de prendre de l’oxazépam. Ses effets sont limités à la nuit et ne rognent pas sur le jour. Son usage devra pourtant être le plus court possible pour empêcher le risque d’accoutumance et de dépendance. En cas d’anxiété de jour, il y a aussi la possibilité de prendre le comprimé la journée.
Traitement de 3e choix
En dernier recours, il y a le zopiclone et le zolpidem. Toutefois, il semble que ces médicaments provoquent davantage de somnolence dans la journée. Ils ont également le grand défaut de rendre les personnes dépendantes au traitement.
Les traitements à écarter en cas d'insomnie:
Acupuncture: pas d’effet sur le sommeil.
Valériane en extraits alcooliques à titre élevé (70 %): suspect de toxicité.
Flunitrazepam, triazolam: des benzodiazépines à action rapide : les effets indésirables neurologiques ne sont pas souhaitables.
Hydroxyzine: un antihistaminique H1 avec des possibles atteints cardiaques et neurologiques.
Alimémazine: trop d’effets indésirables.
Prométhazine: trop d’effets indésirables.
Cimifuga: effets indésirables pour le foie.
Ballote: toxicité pour le foie.
Anémone pulsatile: effets indésirables neurologiques et rénaux.
Attention, la mélatonine
Attention, la mélatonine a un effet placebo sur le sommeil, mais elle n’est pas exempte d’effets indésirables donc le bénéfice est incertain quand à sa consommation...
Grossesse
En cas de grossesse, les médicaments appropriés sont la doxylamine voire le zopiclone ou le zolpidem. Quant aux femmes allaitantes, le zopiclone ou le zolpidem serait l’idéal pour traiter les problèmes de sommeil.
Le meilleur moyen pour guérir l’insomnie est de tenir un agenda du sommeil avec une heure de coucher régulière chaque nuit. Il existe toutefois d’autres astuces pour s’endormir facilement :
Les thérapies cognitives et comportementales: ils agissent entre autres sur les fausses croyances que sont la surestimation du temps de sommeil nécessaire et la surestimation des conséquences d’une insomnie.
Le rephasage: son principe est de ne se coucher que lorsque le sommeil vient. Se coucher plus tard s’il le faut. Si le sommeil n’arrive pas en 20 minutes, se lever et faire autre chose. En cas d’insomnie, en cours de nuit, se lever et faire autre chose. Il ne faut pas faire de siestes dans la journée. Le matin, se lever tôt, mais à la même heure, y compris en vacances.
Pour mieux apprécier l’évolution de l’insomnie, il faut surveiller le mésusage des traitements. Tout repose sur l’élimination des facteurs de risque et des causes d’insomnie. Consultez un centre du sommeil en cas d’échec.
Pour éviter les complications liées à l’insomnie, il est conseillé de traiter au plus vite les cas de mauvais sommeil chronique (plus de 3 nuits par semaine pendant plus de 3 mois). Ses signes évocateurs sont souvent des troubles de l’humeur, des crises dépressives, de large retentissement sur le travail et des somnolences diurnes.
Afin de limiter les risques de récidives, il faudra appliquer quelques règles comme.
Éviter l’excès alimentaire ainsi que certaines substances telles que la caféine, le tabac ou l’alcool dans les 6 heures précédant le coucher.
Prendre un dîner léger.
Éviter d’effectuer des activités intenses avant de dormir. Une séance de sport dans la journée est bien meilleure et est aussi favorable à l’endormissement.
Éviter les écrans au moins 2 heures avant de se coucher.
Alléger la luminosité de la pièce.
Réserver la chambre au sommeil et aux activités sexuelles.
Veiller à la qualité du matelas.
Ne pas faire de siestes dans la journée afin de ne pas créer des troubles au niveau du rythme jour-nuit.
Lutter contre les facteurs de risques de l’insomnie
Dans la majorité des cas, les troubles du sommeil sont causés par les stress de la vie courante. De ce fait, il est important de réaliser quelques réarrangements pour avoir un rythme de vie plus équilibré. Pour cela, le sujet doit :
Réévaluer le poste du travail qu’il occupe si celui-ci impose des rythmes trop accélérés.
Prendre un accompagnement adapté pour améliorer sa qualité de vie que ce soit au niveau social, familial ou professionnel.
Réaménager l’environnement : atténuer les bruits, régler les lumières, etc.
Pour les soucis d’insomnie d’endormissement ou de ruminations anxieuses, il convient de faire un diagnostic et de traiter avec la benzodiazépine. Le sujet peut choisir entre l’alprazolam et le lorazepam. Tous deux ont un effet qui dure plus longtemps que la nuit, et il existe un risque de dépendance.
Par ailleurs, l’insomnie peut avoir un rapport avec des pathologies (voir en fin d'article).
Des médicaments sont également susceptibles de perturber le sommeil. Les plus connus sont les amphétaminiques (bupropione, méthylfénidate), les antidépresseurs, les antiparkinsoniens, les bêtabloquants, les corticoïdes, la théophylline et les sevrages d’autres médicaments. Il serait alors plus judicieux de réévaluer l’indication des traitements.
Stress post-traumatique, la dépression, l’accès maniaque, la schizophrénie, le delirium tremens de l'alcoolisme, la dépendance aux substances toxiques, le syndrome d’apnée du sommeil, les douleurs, le syndrome des jambes sans repos, l’hyperthyroïdie, la démence (Alzheimer), la maladie de Parkinson et la polyurie.
Si vous soupçonnez ces maladies, il est recommandé d’établir le diagnostic et de commencer un traitement rapidement.