Varicelle
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La varicelle est une maladie infectieuse qui touche plus les enfants que les adultes. Bien qu’elle soit bénigne, il peut arriver qu’elle entraîne des complications. Afin de la prévenir ou la soigner, il est important de comprendre son mécanisme d’évolution. Dans cet article, nous allons parler des symptômes, du diagnostic et des traitements de la varicelle.
La varicelle est la manifestation de la première période d’infection par le virus varicelle-zona ou VZV. Il s’agit d’un virus de la même famille que celui de l’herpès.
La varicelle est une maladie infectieuse et contagieuse qui se manifeste par une éruption cutanée associée à des démangeaisons.
De manière générale, l’infection par le virus varicelle-zone se fait par voie aérienne. Toutefois, même si cela arrive rarement, un contact avec des objets souillés peut suffire pour le contracter.
L’incubation du virus dure 14 jours. Elle est contagieuse même avant l’apparition des lésions et quelques heures après leur assèchement.
La phase éruptive est précédée de la phase d’invasion. Cette dernière s’accompagne d’une fièvre et dure 2 jours.
A la suite de cette primo-infection, le VZV reste latent dans certains ganglions sensitifs de la corne postérieure de la moelle et de certains nerfs crâniens.
90 % des personnes atteintes de la varicelle sont des enfants entre 3 mois et 10 ans (âge scolaire) sans antécédents de varicelle. Pour ce qui est des 10 % restants, cela concerne des adultes immunodéprimés.
La varicelle survient surtout en hiver ou en printemps. Ses principaux symptômes sont :
la fièvre ;
les maux de tête ;
la toux ;
la rhinite ;
la démangeaison intense…
En général, la varicelle se manifeste par un fébricule. Cela arrive peu de temps avant l’apparition des premiers boutons.
À l’inspection, on voit des lésions d’âge différent.
Tout commence par des macules érythémateuses punctiformes de quelques millimètres à contours nets. Elles sont localisées sur le cuir chevelu puis le tronc, la région palmoplantaire et les organes génitaux externes.
En quelques heures, les lésions évoluent en vésicules translucides rosées en goutte de quelques millimètres. Elles ont des contours nets.
En quelques jours, les vésicules deviennent plissées et troubles.
En une semaine, on perçoit une croûte brunâtre qui tombe laissant des cicatrices rouges et blanches qui disparaîtront en quelques mois.
À la palpation, il est possible que l’on remarque la présence de micro adénopathie cervicale (petits ganglions).
Une éruption buccale est également un signe clinique de la varicelle. Il se présente sous forme de vésicules érythémateuses en goutte de quelques millimètres et à contours nets. Une érosion érythémateuse arrondie s’ensuit.
Parfois, la rougeole peut être confondue avec d’autres éruptions fébriles de l’enfant.
Avec la varicelle, on rencontre rarement des complications (1 % des cas). Toutefois, elles peuvent être nombreuses.
Les risques de forme grave
Il faut savoir que la varicelle peut évoluer vers une forme grave chez certaines personnes comme:
les adultes immunodéprimés ;
un nourrisson de moins de 1 an ;
un nouveau-né dont une éruption a été constatée chez la mère entre les 5 jours avant l’accouchement et les 2 jours après ;
une femme enceinte non immunisée, les risques sont élevés surtout si elle fume ;
les personnes qui prennent des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)…
Une pneumonie varicelleuse
Une pneumonie varicelleuse se manifeste 3 jours après l’éruption cutanée. Elle se distingue par les signes suivants :
température entre 39 et 40 °C ;
toux, dyspnée, voire détresse respiratoire.
Une surinfection des lésions par des bactéries (staphylocoques et streptocoques)
Elle provoque une impétiginisation, un érysipèle ou une fasciite nécrosante. Toutes ces manifestations provoquent de graves ulcérations des lésions allant jusqu’à la destruction des tissus cutanés.
Kératite
C’est une atteinte oculaire se traduisant par un œil rouge, une baisse de la vision et une gêne à la lumière.
Les risques d’un purpura après l’éruption cutanée
Le plus souvent, il s’agit de purpura thrombopénique. C’est une maladie marquée par la réduction du nombre de plaquettes sanguines.
Problèmes nerveux
Encéphalite, ataxie cérébelleuse (régression spontanée), méningite ou hépatite… ces complications peuvent survenir à la suite d’une varicelle non traitée dans de rares cas.
Une varicelle sévère
Un cas de varicelle sévère fait suite à une altération de l’état général, suivie d’une fièvre élevée. On parle de varicelle grave hémorragique s’il y a des vésicules ou des bulles hémorragiques ou nécrotiques profuses. Par ailleurs, on parle de varicelle chronique du sidéen en présence d’ulcères ou de croûte brunâtre nodulaire.
La varicelle congénitale
Durant les premières semaines de grossesse, la varicelle congénitale engendre des risques de malformation : hypoplasie d’un membre, microcéphalie, cataracte, choriorétinite et lésions cutanées.
Autres complications
La varicelle peut également provoquer une néphropathie, une arthrite, une myocardite, une péricardite, une pancréatite, une orchite ou des complications oculaires.
Quels sont les signes cliniques devant faire évoquer un autre diagnostic ?
Certains exanthèmes fébriles chez l’enfant peuvent montrer des signes similaires à la varicelle. Dans ce genre de situation, un autre diagnostic doit être réalisé afin de déterminer avec précision la maladie en question.
Aucun examen n'est nécessaire dans la majorité des cas.
Ce sont uniquement les formes sévères qui nécessitent les examens supplémentaires. Ils sont d’ordre biologique et comportent des examens de sang comme le NFS-P, un bilan d’hémostase, le CRP-VS ou un bilan hépatique (du foie).
Les examens peuvent également se porter sur les lésions. Dans ce cas, le praticien réalise un cytodiagnostic, une immunofluorescence directe ou une PCR.
La sérologie de la varicelle peut aussi se faire, mais elle est peu pratiquée.
Dès l’apparition des premiers symptômes, le patient doit contacter un pharmacien ou directement un médecin généraliste. En revanche, s’il s’agit d’une forme grave ou à risque, opter pour une hospitalisation en pathologie infectieuse pour bénéficier d’une prise en charge spécifique.
Pour soulager les symptômes de la varicelle, il faut conseiller le paracétamol. Quant à la cétirizine et la delsoratadine, leurs effets sont encore incertains mais ils peuvent être tentés.
Évitez ces mauvais conseils:
les antihistaminiques tels que l’hydroxyzine, la méquitazine ou la prométhazine : ils exposent à trop d’effets indésirables ;
l’aspirine : il favorise le syndrome de Reye (gonflement du cerveau et lésions hépatiques) ;
les AINS qui sont susceptibles d’aggraver l’infection ;
les crèmes qui provoquent des irritations ou des allergies: l’alcool cétostéarylique, le baume du Pérou, le chlorocrésol, les hydroxybenzoates (parabens), la lanoline, la phénazone, le propylène glycol, la trolamine ou les parfums ;
talc, crème, pommade, gel...
Il n’existe pas de traitement spécifique réservé à cette maladie puis qu'elle guérie toute seule . Dans d’autres cas, on peut donner uniquement des désinfectants cutanés ou d’autres médicaments pour atténuer les démangeaisons.
En cas de varicelle grave nécessite une hospitalisation et un traitement antiviral à base d’aciclovir en intraveineuse durant 8 à 10 jours. C’est le traitement de référence.
Le traitement par immunoglobuline polyvalente (anticorps anti-varicelle), quant à lui, n’est pas très recommandé. Ses bénéfices restent incertains.
La varicelle se soigne généralement en 10 à 15 jours. Même après la guérison, le virus peut rester caché dans certains ganglions nerveux. En cas de grande fatigue, d’affaiblissement ou d’infection du système immunitaire, le virus peut se réactiver et entraîner une nouvelle éruption vésiculeuse à l’exemple du Zona.
Pour un épisode de varicelle pendant la grossesse, un suivi échographique doit être effectué tous les mois. Ceci a pour but de dépister les anomalies anatomiques, neurologiques et oculaires chez le bébé. Bien que cela n’arrive que dans 1 % des cas, un dépistage reste indispensable afin de se parer à d’éventuelles complications ou de trouver un traitement à temps.
Afin d’éviter la propagation du virus, il faut respecter les gestes de barrière. Bien que ce ne soit pas une obligation, une éviction scolaire jusqu’à la chute des croûtes peut s’avérer nécessaire pour que la contagion soit maîtrisée. De même, un avertissement du personnel est recommandé si le cas est constaté dans une collectivité d’enfants.
Le vaccin est le meilleur moyen de prévenir la varicelle chez les groupes d’adultes non-immunisés à condition qu'ils soient non immunodéprimés ni enceintes. On pense au personnel de crèche ou au personnel de santé. Le vaccin est réservé uniquement aux personnes sont au contact des malades, ou qui n’ont jamais eu la maladie. Les noms des vaccins sont Varivax ou le Varilix.
Il en est de même chez les enfants. La vaccination ne doit être réalisée que chez ceux qui suivent un long traitement à base de cortisone, ceux qui n’ont jamais été atteints de la maladie, ou encore ceux qui vont subir une greffe d’organe.
Comme les boutons apparaissent progressivement sur l’ensemble du corps, les démangeaisons deviennent de plus en plus intenses. Le grattage répétitif peut entraîner une surinfection ou une méningite, et peut même laisser des cicatrices. Pour éviter que cela arrive à votre patient:
coupez ses ongles ;
utilisez de la chlorhexidine (uniquement) sur les lésions à risque ;
faites administrer des antibiotiques en cas de surinfection bactérienne.