Vitiligo
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Le vitiligo est une perte de pigment de la peau qui provoque l’apparition de taches ou de plaques blanches très visibles. Découvrez dans cet article les détails sur le vitiligo : qu’est-ce que c’est ? Comment le diagnostiquer ? Quels sont ses traitements ?
Le vitiligo est un trouble cutané qui provoque une perte de la couleur de la peau. En latin, vitiligo signifie « tache blanche ». Des zones blanches lisses apparaissent sur la peau de la personne.
Si le vitiligo touche un endroit sur lequel se trouvent des poils, ces derniers peuvent aussi devenir blancs.
Il est communément admis que cette maladie cutanée survient lorsque le système immunitaire du corps détruit les mélanocytes. Ces derniers sont les cellules de la peau qui produisent la mélanine : le composant qui donne à la peau sa couleur ou sa pigmentation.
Dans le cas de vitiligo, les mélanocytes subissent une disparition progressive. Ainsi, il n’y a pas assez de mélanocytes actifs pour produire suffisamment de mélanine dans la peau. Cela provoque les taches blanches sur la surface cutanée ou sur les cheveux.
Actuellement, on ne sait pas encore exactement pourquoi les mélanocytes disparaissent. Cependant, il existe certains facteurs de risque déjà mis en cause, à savoir :
une maladie auto immune (thyroïdienne) : le système immunitaire ne fonctionne pas correctement. Au lieu d’attaquer les cellules étrangères, le système immunitaire attaque les cellules et les tissus sains de votre corps ;
un traumatisme psychoaffectif ou physique ;
la génétique : un autre membre de la famille est atteint dans 30 % des cas.
1 à 2% de la population mondiale souffre de vitiligo. Il affecte toutes les races et tous les sexes de la même manière sans distinction de peau. Cependant, il est plus visible chez les personnes à la peau plus foncée. Dans 50% des cas, le vitiligo apparaît le plus souvent chez les personnes âgées de 10 à 20 ans.
Le seul symptôme du vitiligo est l’apparition progressive de taches ou de plaques blanches plates sur la peau. Cela commence comme une simple tache dermatologique se traduisant par une lésion dépigmentée un peu plus pâle que le reste de la peau. Mais avec le temps, la tache devient plus pâle jusqu’à devenir blanche. La première tache blanche qui devient visible se situe souvent dans une zone qui a tendance à être exposée au soleil, entraînant parfois des démangeaisons. On parle de prurits au soleil.
À l’examen clinique du patient, on observe des plaques dépigmentées entourées d’une peau normale. Les macules sont de couleur ivoire, de forme variable et sont bien délimitées. Les lésions peuvent être rondes, ovales ou linéaires. Les bordures peuvent être convexes, de couleur normale, hyperpigmentée, ou rouge. Les lésions s’agrandissent de manière centrifuge au fil du temps à un rythme imprévisible.
Les lésions varient de quelques millimètres à quelques centimètres. La lumière de Wood (lumière noire possédant des caractéristiques particulières et produisant des rayonnements ultraviolets) peut être nécessaire pour voir les lésions discrètes chez les patients à peau plus claire.
Le vitiligo peut être localisé : dans ce cas, il sera restreint à une petite surface ou bien à un segment (un membre par exemple) ou une muqueuse.
Mais bien souvent, il est étendu, grossièrement symétrique (90% du temps) ou carrément généralisé.
Les sites les plus couramment atteints du vitiligo sont le dos des mains, pieds, coudes, genoux, organes génitaux, autour des orifices naturels, sous les aisselles, plis de l'aine et ombilic (zones de friction).
De plus, des lésions peuvent survenir davantage dans des régions fréquemment soumises à des traumatismes, telles que les proéminences osseuses, les coudes et les genoux, c'est le phénomène de Koebner.
Dans certains cas, le vitiligo peut prendre une forme compliquée :
Apparition de plusieurs teintes: il s’agit du vitiligo trichrome (ou d'un vitiligo à plus de teintes mais c'est plus rare).
Le syndrome de Vogt-Koyanagi-Harada: c’est une variante sévère du vitiligo ordinaire qui se caractérise par un vitiligo, une dépigmentation des cils ou sourcils, une pelade, une uvéite, une méningite aseptique, une atteinte auditive.
Le syndrome d’Alezzandrini: la présentation initiale peut être un vitiligo facial suivi d’une perte de vision progressive, une surdité, une dégénérescence rétinienne, une candidose et une uvéite.
Associations à des maladies auto-immunes: les personnes atteintes de vitiligo peuvent être plus susceptibles de contracter d’autres maladies auto-immunes telles que la thyroïdite auto-immune, le lupus, la maladie d’Addison, Biermer, MICI... Aussi, les personnes atteintes de maladies auto-immunes sont plus à risque de développer le vitiligo.
Les diagnostics différentiels du vitiligo sont larges. Diverses pathologies ont une présentation clinique similaire avec le vitiligo :
eczéma ;
psoriasis : est une maladie de la peau qui provoque des plaques rouges et squameuses qui démangent, le plus souvent sur les genoux, les coudes, le tronc et le cuir chevelu ;
lupus discoïde : une affection inflammatoire auto-immune ;
sclérodermie : une maladie rare qui affecte le tissu conjonctif et le système vasculaire ;
Lèpre…
Normalement, le vitiligo peut être aperçu d’un premier regard sur la peau d’une personne. Cependant, certains dermatologues voudront faire plus de tests au-delà d’un examen cutané. Celui-ci peut vous prescrire une biopsie, pour voir si il s'agit bien de cette maladie auto-immune.
Le diagnostic du vitiligo est toujours clinique et se fait par
un médecin généraliste ou
un dermatologue.
Les pharmaciens pourront délivrer les conseils et orienter si besoin.
Les taches blanches causées par le vitiligo sont généralement permanentes. Pour atténuer la dépigmentation, il reste possible de recourir au maquillage pour créer un teint uniforme.
D’autres thérapies sont également proposés, mais leurs efficacités restent encore à prouver. Bien que ces traitements puissent aider à modifier la couleur de la peau, l’effet ne dure généralement pas et les effets indésirables sont parfois lourds.
La photothérapie UVB : l’ultraviolet (UVB) consiste à stimuler les mélanocytes. Cela nécessite deux à trois séances de traitement par semaine pendant plusieurs mois sans dépasser 300 séances. La dose par séance sera progressivement augmentée de 20 %. Il s’agit d’une repigmentation partielle et transitoire. Noter aussi que certains patients ne répondent pas toujours à ce type de traitement.
Le laser Excimer : émets une longueur d’onde de lumière ultraviolette proche de celle des UVB à bande étroite.
Le traitement avec une substance photosensibilisante comme la Khella, khelline.
La phénylalanine : un acide aminé qui fait partie des protéines alimentaires quotidiennes. Lorsque vous l’administrez par voie orale, il en résulte une concentration plasmatique élevée.
La vitamine D ou ses analogues
Les anti oxydants
Les corticostéroïdes sont parfois proposés sous forme de crème dermocorticoïde appliquée sur la peau. Le médecin préviendra le patient des effets secondaires qui peuvent inclure un amincissement de la peau ou des atrophies de peau, notamment en cas de traitement prolongé.
Les pommades qui contient du tacrolimus ou du pimécrolimus, des immunosuppresseurs locaux mais aux effets secondaires lourds.
La greffe mélanocytaire : cette opération chirurgicale reste une mesure d’exception. Les complications possibles incluent des cicatrices, une infection ou un défaut de repigmentation qui n’est pas toujours homogène.
Quant aux traitements suivants, il convient de les écarter totalement :
psoralène (par voie orale ou en injections) : c’est un photosensibilisant aux nombreux effets indésirables ;
monobenzyl ether d'hydroquinone 20% : il entraîne une dépigmentation définitive avec risque de cancer.
Le vitiligo ne met pas la vie en danger, mais il change la vie. Le fait que le vitiligo se développe avec une évolution imprévisible avec le temps en est l’une des raisons.
Par ailleurs, bien que cette affection cutanée ne puisse pas être guérie, les traitements peuvent ralentir ou arrêter sa propagation.
Le pronostic vital du patient n’est pas engagé s’il n’est pas associé avec d’autres maladies auto-immunes.
Puisque personne ne sait avec certitude ce qui cause le vitiligo, personne ne peut dire comment le prévenir.
Un accompagnement peut aider à se mettre en contact avec d’autres personnes atteintes de vitiligo, mieux accepter la situation et la prendre en main.
En outre, il est judicieux de redoubler de vigilances sur les habitudes d’exposition au soleil :
exposition progressive ;
éviction solaire entre 12 à 16 h ;
port de vêtements protecteurs couvrant ;
usage de crèmes solaires haute protection.