Dysorthographie
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La dysorthographie est un des troubles « DYS » ou « dysfonctionnement » au même titre que la dyslexie, la dysgraphie ou encore la dyscalculie. Ce trouble de langage écrit et scolaire peut devenir un handicap qui a des conséquences majeures sur le plan scolaire et professionnel. Dans cet article, nous allons voir comment diagnostiquer et traiter à temps la dysorthographie.
La dysorthographie est un trouble spécifique de l’apprentissage de l’orthographe. Il se caractérise par un défaut d’assimilation important des règles orthographiques.
À l’écrit, cette pathologie se traduit principalement par des difficultés à :
à respecter l’orthographe des mots ;
à recopier un texte ;
à créer des phrases avec une syntaxe correcte ;
à conjuguer correctement un verbe…
Les difficultés liées à ce trouble entraînent, entre autres, une écriture lente, maladroite et irrégulière.
La dysorthographie est souvent associée à la dyslexie, bien que dans certains cas elle puisse être isolée.
L’association de la dyslexie et la dysorthographie forme le « trouble spécifique de l’acquisition du langage ».
Dans la majorité des cas, la dysorthographie est secondaire à la dyslexie. En revanche, elle peut aussi être idiopathique : on ne connaît pas sa véritable cause.
La personne affectée par la dysorthographie peut avoir une incapacité totale à reconnaître les mots et donc à lire. Cela entraîne plusieurs symptômes comme :
une orthographe des mots aléatoire ;
une lecture laborieuse ;
un défaut de compréhension.
Ces derniers ont beaucoup de répercussions sur l’apprentissage scolaire.
La plupart du temps, le médecin recourt même à des bilans auditifs et visuels pour s'assurer de l'absence de trouble à ces niveaux là.
Les principaux diagnostics différentiels de la dysorthographie sont :
le déficit visuel ;
le déficit auditif ;
le retard intellectuel ;
l’affection neurologique ;
les troubles du comportement.
Comme mentionné en amont, il est indispensable d’effectuer des examens auditifs et visuels avant de confirmer le diagnostic. On prescrit généralement un audiogramme et un bilan orthophonique.
a) L’audiogramme
Il s’agit d’un test d’audition mené par un oto-rhino-laryngologiste (un spécialise en ORL). L’objectif est de vérifier l’acuité auditive du patient au cas où l’on suspecte une surdité.
b) Un bilan orthophonique
Il s’agit d’un outil clinique de diagnostic qui consiste en une évaluation des aptitudes de l’enfant en vue de confirmer un diagnostic, notamment des troubles du langage écrit. Ce bilan est réalisé chez un orthophoniste qui est un auxiliaire médical spécialisé dans la rééducation du langage.
Le diagnostic et le traitement de la dysorthographie peuvent être pris en charge par un médecin généraliste, un pédiatre, ou un orthophoniste.
Pour aider l’enfant dans son apprentissage, il serait bénéfique de créer des aménagements adaptés à la situation :
utiliser un interligne plus large, une police d’écriture unique et adaptée, une aération des informations ;
appliquer un tiers temps supplémentaire pour l’apprentissage ;
élaborer un projet personnalisé au cours de la scolarisation ;
utiliser un ordinateur avec correcteur orthographique et logiciel de diction.
Le traitement ciblé du trouble de l’apprentissage de l’orthographe se base sur une éducation spécialisée. La plus ancienne technique est celle d’Orton qui date de 1937. Elle consiste à lire les lettres puis les mots aux enfants à haute voix pendant qu’ils les tracent avec leur doigt.
D’autres méthodes de rééducation laissent le choix du mot à l’enfant en l’obligeant à lire à haute voix et à l’écrire. Puis, on introduit des mots inconnus progressivement.
D’autres techniques utilisent un alphabet phonétique et des représentations colorées.
Il existe également d’autres méthodes de traitement, mais leurs bénéfices sont incertains. On peut entre autres citer :
le patterning qui est une technique de stimulation sensorielle ;
la rééducation visuelle optométrique ;
la stimulation vestibulaire ;
la vitaminothérapie ;
la consommation d’oligoéléments ;
les traitements hypoglycémiants ;
le piracétam.
Il n’existe pas de mesures efficaces qui permettent de prévenir la dysorthographie.
Par contre, si elle est découverte très tôt et prise en charge rapidement, cela permet d’obtenir de bons résultats. Les médecins et les pédiatres dépistent généralement ce trouble à l’âge de 6 ans.
Puisqu’il s’agit d’une affection persistante, il faut réévaluer régulièrement les mesures thérapeutiques prises. Plus les dysorthographiques avancent dans leurs études et plus ils semblent aptes à gérer leur difficulté.