Cancer des voies aérodigestives supérieures
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Le cancer des voies aérodigestives supérieures (VADS) se manifeste par différents symptômes : tumeur bourgeonnante et saignante au niveau des voies aériennes supérieures ou dans la cavité buccale, ulcères ou troubles de la mobilité de la langue… Dans cet article, nous allons voir quels sont exactement les symptômes, les causes, et les conséquences de cette maladie.
Le cancer des voies aérodigestives supérieures (VADS) désigne la présence de cellules malignes dans la bouche ou le nez, prenant la forme d’une masse tumorale.
La tumeur commence à se développer localement, ensuite, elle se propage vers d’autres endroits de l’organisme.
Le cancer peut se situer à différent niveaux.
70% des cancers affectent le larynx, le conduit respiratoire situé dans le cou, ou l'arrière bouche. La cause est toujours liée à l’alcoolisme et au tabagisme.
25 % des cellules malignes peuvent se développer dans la cavité buccale à cause de la consommation d’alcool-tabac.
7 % des cancers ont lieu dans l'arrière nez. Le cancer est dû à une exposition aux poussières de bois et de cuir. Dans ce cas, il est en lien avec une activité professionnelle dédiée à la maroquinerie et à la boiserie. L’affection se situe au niveau du « rhinopharynx ».
Dans moins de 3 % des cas il se situe au niveau de la cavité nasale. Le cancer est lié au virus appelés virus d’Epstein-Barr (EBV) qui infecte les muqueuses du nez. Le cancer est aussi favorisé par l'origine méditerranéenne du patient ou d'Asie du Sud-Est.
Le cancer des voies aérodigestives est très répandu en France. Il fait 16 000 nouveaux cas par an, dont 80 % d’hommes dans la soixantaine. Dans 90 % des cas, on retrouve une consommation d’alcool et/ou de tabac.
On retrouve également, chez ces patients, un mauvais équilibre nutritionnel.
Il y a aussi des métiers à risque, notamment la menuiserie et le métier qui fait allusion au surmenage vocal.
Cette tumeur maligne ne cause aucun symptômes durant une longue période. Sa persistance et le fait que qu'elle se présente d'un seul côté seulement doit alerter. L'état général de la personne reste généralement conservée tant que l’alimentation est possible.
Lorsque les signes apparaissent, on peut observer différents symptômes qui dépendent de la localisation du cancer.
Sur les sinus, dans les fosses nasales et sur le cavum sont les suivants :
obstruction nasale ;
rhinorrhée ;
saignement de nez ;
déformation du visage ;
vision en double ;
diminution partielle de l’audition ;
perte passagère ou totale de l’odorat.
Dans la cavité buccale et au niveau de l'arrière gorge, on peut rencontrer :
une ulcération ou une plaie des muqueuses, souvent indolore et persistante ;
une tuméfaction ;
un trouble de la mobilité linguale ;
une douleur brutale des oreilles ;
une mobilité dentaire ou une instabilité d'une prothèse ;
le saignement de gencive ;
une gêne au cours de la déglutition ;
une douleur à la déglutition ;
et une anesthésie du bas du visage.
Au niveau de la gorge, il peut y avoir des troubles tels que des troubles de déglutition, des douleurs d'oreille, l'altération de la voix et la douleur.
Au niveau du larynx, il peut y avoir une gêne respiratoire, une modification de la voix et un trouble de déglutition.
Dans toutes les zones, il peut y avoir la présence de ganglions du cou.
Durant la phase précancéreuse, on peut observe l'apparition de différents signes précurseurs, qui mettront la puce à l'oreille.
Par exemple, des ganglions dans le cou. Ils sont durs, indolores et présents d'un seul côté.
On peut apercevoir aussi une leucoplasie qui sont des lésions muqueuses blanches par accumulation de kératine. Elles sont souples, indolores et ne se détachent pas.
On peut aussi observer un lichen buccal : ce sont des lésions rouges et blanchâtres, irrégulières, parsemées de ponctuations fines et serrées.
On peut constater aussi une candidose chronique, c'est à dire une langue chargée qui brûle.
Ont peut voir une papillomatose orale floride, une sorte de tumeur bourgeonnante blanche ou rose, en chou fleur, et qui évolue vers un cancer verruqueux.
Enfin, on peut détecter la présence d'une érythroplasie de Queyrat (alias Bowen des muqueuses). Il s’agit d’une lésion rouge avec des vaisseaux en réseau, en plaque à bords irréguliers.
Durant la phase cancéreuse, on peut observer également une poussée ganglionnaire d'un seul côté, indolore et dure. Le cancer se présente sous différente formes : ulcération, tumeur, nodule ou mixte.
Sous forme d'ulcère : il est recouvert de muqueuse saine ou inflammatoire. L'ulcération prend un aspect framboisé et bourgeonnant au versant interne et sanglant dont la forme est variable et les contours sont irréguliers. Cette plaie est sensible, non mobile et indurée au-delà de la limite visible (infiltration).
Sous forme de tumeur bourgeonnante, le cancer est dénuée de muqueuse de recouvrement et saigne. Il est sensible, non mobile avec induration infiltrée.
Sou forme de nodule, le cancer est longtemps recouverte de muqueuse saine exubérante. Il est immobile et induré.
1) En cas de suspicion
Afin de dépister le cancer, le médecin peut ordonner de faire un scanner, accompagné ou non d’une IRM du cou, de la face, et thoracique. Ces examens d’imagerie sont à répéter si les résultats sont négatifs.
2) Pour confirmation
Pour confirmer le cancer, il est nécessaire d’effectuer une fibroscopie totale : digestive, respiratoire et orale en même temps, sous anesthésie générale. Cela consiste à introduire un endoscope (tube mince muni d’une lumière et d’une loupe) à partir de la gorge pour visualiser le pharynx, le larynx, la trachée et l’œsophage.
Il permet aussi de faire un prélèvement des lésions afin de déterminer les caractéristiques de cellules et le type de la tumeur :
cancer épidermoïde ;
adénocarcinome ;
indifférencié.
3) Examen d’extension
Une fois le cancer du VADS confirmé, le médecin effectue un examen d’extension. Cela consiste à vérifier que la fibroscopie totale a été effectuée correctement.
En cas de risque élevé de métastases, un TEP scanner (tomodensitométrie par émission de positions) est à discuter. C'est un scanner classique avec injection d'un traceur qui repère la tumeur.
En parallèle, le médecin examine aussi l’existence d’éventuelle tumeur d'apparition synchrone, au niveau des organes et structures avoisinants. Cela se fait grâce à divers examens :
radiographie pulmonaire ;
bilan du foie, échographie du foie ;
radiographies orientées, scintigraphie osseuse.
3) BPO (bilan préopératoire)
Si une intervention chirurgicale est à prévoir, des examens paracliniques complémentaires sont à réaliser.
Bilan sanguin
Bilan dentaire : bilan dentaire, radio des dents, confection de prothèse et gouttières fluorées. C'est important pour prévoir le traitement par rayons.
Après une chirurgie, il est évident que le patient ne pourra pas encore s’alimenter correctement. C’est pourquoi tous ces examens sont nécessaires. Ils aident à évaluer l’état du patient et aussi son état de santé en général.
La prise en charge du cancer des VADS passe par de nombreux professionnels de santé :
Un médecin généraliste: dépiste la tumeur et oriente le patient sur les mesures à prendre face à la maladie, organise les soins..
Médecin ORL/chirurgien maxillo facial: donnent les avis spécialisés médicaux et chirurgicaux et traitent.
Réunion de concertation pluridisciplinaire (oncologue, etc.): étudie le protocole de traitement adapté à chaque cas.
Pour calmer les douleurs, le patient peut prendre du paracétamol.
Si ce premier médicament ne paraît pas très efficace. On peut le remplacer par de la morphine, de la codéine ou du tramadol.
L’indication sur le traitement du cancer des VADS dépend de l’avis de la réunion de concertation pluridisciplinaire, en fonction des caractéristiques du cancer et du stade de la maladie.
Les traitements comprennent notamment : la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie. Toutefois, dans les trois cas, on commence toujours avec la pose d'une sonde nasogastrique voire une gastrotomie d’emblée. Cela sert à nourrir le patient via un tuyau allant du nez à l'estomac, voire carrément de la peau à l'estomac, ceci pour prévenir le risque de dénutrition.
a) La chirurgie
Elle consiste en une exérèse complète de la tumeur avec marges de sécurité. Elle s’associe à un curage ganglionnaire plus ou moins étendu.
L’opération peut se faire par voie classique ou à l'aide de caméras, selon les zones à opérer.
En outre, une trachéotomie pour respirer peut être nécessaire.
En cas de lésions importantes, une reconstruction est souvent indispensable.
b) La radiothérapie
La radiothérapie est une technique thérapeutique au cours de laquelle on neutralise les cellules cancéreuses à l’aide de rayonnements ionisants.
Ce type d’intervention cible la tumeur, et parfois les ganglions du cou. Le traitement dure longtemps, environ 7 semaines : une séance par jour pendant 5 jours par semaine.
La radiothérapie concerne le lit tumoral (zone où se situait la tumeur avant l’intervention chirurgicale), si elle est réalisée en post opératoire. Dans ce cas-ci, on recommande de ne pas dépasser 7 semaines après la chirurgie.
La technique de curiethérapie, quant à elle, peut être proposée pour certaines tumeurs accessibles, de petit volume et bien limitées des lèvres, de la face, de la cavité buccale à distance des arcades dentaires ou de l’oropharynx. C'est une technique de radiothérapie qui consiste à introduire une source d'irradiation au plus près de la tumeur.
c) La chimiothérapie
La chimiothérapie vise principalement à faire régresser la tumeur, à diminuer les symptômes et à traiter les métastases.
Les sels de platine, le 5 — FU, le docetaxel, le cetuximab (thérapie ciblée) et le methotrexate sont les principales molécules utilisées, ainsi que toute autre molécule proposée dans le cadre d’un essai thérapeutique.
Afin de prévenir les effets indésirables issus de la chimiothérapie, de la radiothérapie et la chirurgie, il faut prendre les précautions suivantes :
effectuer un suivi bucco-dentaire bi-annuel avec des soins dentaires, sous couvert d’antibiotiques ;
faire une rééducation orthophonique ;
faire une rééducation kinésithérapeutique ;
demander un Avis ORL pour une naso-fibroscopie, et une radioscopie de déglutition ;
Afin d’empêcher la rechute, il est conseillé de réaliser un examen clinique, un examen d’imagerie et une endoscopie. Ils sont orientés selon les points d’appel clinique et sont réguliers :
tous les deux mois la première année ;
tous les trois mois la deuxième année ;
tous les quatre mois la troisième année.
Il faut savoir que 90 % des rechutes ont lieu dans les deux premières années et 40 % ne donnent aucun symptômes.
Chez certains patients, un accompagnement psychologique peut aussi être d’une grande aide.
Selon les statistiques, le cancer des voies aérodigestives supérieures est responsable de 5000 décès par an sur 60 000 patients atteints.
Afin de prévenir cette maladie chez d'autres personnes, il convient d’éviter la consommation d’alcool et de tabac par des campagnes de santé publique.
Les traitements à la source du problème reposent surtout sur l’arrêt du tabac et de l’alcool.
Et dans le cas où la maladie est d’origine professionnelle, le mieux est de faire une déclaration de maladie professionnelle. Cela aidera le patient à bénéficier de toutes les mesures appropriées à sa condition.