Pneumonie
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La pneumonie, ou pneumopathie, est une maladie potentiellement grave sans prise en charge adéquate. Quels sont ses symptômes ? Comment faire le diagnostic de pneumonie ? Comment la traiter? On répondra à ces questions dans cet article.
Une pneumonie ou pneumopathie est l’atteinte du tissu pulmonaire. On en distingue 4 types :
Pneumopathie aigüe communautaire: maladie pulmonaire acquise en dehors d’un contexte d’hospitalisation ou au cours des 48 premières heures.
Pneumopathie nosocomiale: maladie acquise à l’hôpital.
Pneumopathie d’inhalation ou d’aspiration: inflammation pulmonaire due à une fausse route.
Pneumopathie opportuniste: ce sont des pneumonies à germes qu’on ne retrouve que chez les patients immunodéprimés.
Dans la grande majorité des cas, la pneumonie est due à des micro-organismes infectieux. Voici les 3 principaux agents responsables par ordre de fréquence :
Virus respiratoire synsitial (50 %),
Streptococcus pneumoniae (30 %),
Mycoplasma pneumoniae
Voici ici une liste de germes plus complète.
La transmission de la maladie se fait par l’intermédiaire de microgouttelettes envoyées par le malade.
Dans des cas plus rares, la pneumopathie peut être causée par un gaz irritant (survient généralement dans le milieu professionnel), l’inhalation de liquide ou par le vomissement.
La pneumonie touche environ 16 personnes sur 1000 par an. Elle touche 10 fois plus de séniors.
Cette maladie est plus fréquente pendant l’hiver.
Une personne qui souffre de pneumopathie présente généralement de la fièvre en plus de frissonner. Elle a une respiration rapide, ses voix chevrotent (égophonie) et elle présente une douleur thoracique particulièrement ressentie lors de l’inspiration ou de la toux.
Le patient tousse sèchement au début, puis la toux devient grasse avec une expectoration jaune vert, brun rougeâtre ou parfois blanchâtre. Il a les lèvres et les ongles cyanosés (bleues).
Voici d’autres signes qui peuvent être présents au cours d’une pneumopathie :
Mauvaise haleine,
Tachycardie,
Céphalée ou mal de tête,
Troubles digestifs.
Signes d’une pneumonie chez les personnes âgées
Chez les personnes âgées, les signes de la pneumonie peuvent être trompeurs. En effet, il n’y a pas de fièvre ni de toux. On peut retrouver par contre une confusion mentale et une incontinence urinaire.
Au cours d’une pneumopathie, la fièvre peut monter jusqu’à 41 °C. On prendra le soin de mesurer les paramètres vitaux du patient tels que la tension artérielle, la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire, le rythme fœtal s’il s’agit d’une femme enceinte, la conscience, l’hydratation…
L’auscultation pulmonaire avec un stéthoscope révèle parfois la présence de râles crépitants au regard du foyer infectieux et un souffle tubaire. À la percussion, on perçoit une matité au niveau du thorax (ce signe est peu fait efficace en pratique).
Les signes suivants doivent alerter sur une forme compliquée de pneumonie :
Confusion mentale,
Fréquence respiratoire supérieure à 30 cycles par minutes,
Pression artérielle systolique inférieure à 90 mmHg,
Pression artérielle diastolique inférieure à 60 mmHg,
Âge supérieur à 65 ans,
Trouble de la déglutition,
Troubles cognitifs,
Affection psychiatrique,
Addiction,
Précarité sociale.
La pleurésie et l’abcès sont des complications possibles d’une pneumopathie.
En cas de pleumonie compliquée: aller ici.
La pneumonie est quasiment écartée en présence de ces quatre signes :
Fréquence cardiaque inférieure à 100 battements par minute,
Fréquence respiratoire inférieure à 24 cycles par minute,
Température corporelle inférieure à 38 ° C,
Absence de foyer de râles crépitants à l’auscultation.
Voici d’autres pathologies qui peuvent se confondre avec une pneumopathie :
Insuffisance cardiaque aigüe : dyspnée aiguë, expectoration, œdème, prise de poids…
Embolie pulmonaire : douleur thoracique, tachycardie, phlébite, absence de fièvre…
Crise d’asthme : sibilance, contexte atopique…
Exacerbation de BPCO : Fumeur, expectoration sale…
Covid-19 : syndrome pseudo-grippal, anosmie (perte d’odorat), agueusie (perte de goût), contexte de transmission…
Bronchiolite : sibilance, uniquement chez le nourrisson…
Cancer : altération de l’état général…
Inhalation d’un corps étranger.
a) Biologie
La numération de la formule sanguine montre un nombre élevé de leucocytes: supérieur à 15 000/mm3 (le nombre normal de globules blancs est inférieur à 10 000/mm3).
La CRP est élevée : supérieur à 100 mg/l (la valeur normale est inférieure à 5 mg/l).
b) Radiographie thoracique
La radiographie thoracique d’un patient qui souffre de pneumopathie montre généralement une opacité (tache blanche) mal limitée à bords flous, de taille et de localisation variable au niveau du parenchyme pulmonaire.
Sachez que dans 7% des cas, la radiographie est normale au cours d’une pneumonie.
c) Biologie des crachats
On utilise cet examen que rarement, car il ne permet pas d’identifier la bactérie à coup sûr. La culture est possible lors d’un prélèvement au cours d’une fibroscopie bronchique haute accompagnée d’un lavage broncho-alvéolaire. On ne rencontre cette situation que dans des formes graves.
Dans les formes graves: essayez d'identifier le germe exact ici.
Un médecin généraliste peut diagnostiquer les symptômes d’une pneumopathie.
En cas de complications, il convient de se rendre aux urgences hospitalières ou d’appeler le 15 ou le 112.
Le pharmacien aura un rôle de conseil et d'orientation.
Si la fièvre est élevée, prendre du paracétamol après avoir pris la température corporelle.
Il faudra aussi augmenter l’apport en boisson pour soulager les symptômes d’une pneumonie. Enfin, privilégiez la position assise ou demi-assise même quand vous dormez.
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (type ibuprofène) ne devront pas être pris sans une antibiothérapie adaptée au risque d’aggraver la situation. Évitez également ces médicaments chez la femme enceinte.
Le traitement de la pneumopathie repose sur la prise d’antibiotique. On préconisera l’amoxicilline. La dose est de 3 g par jour en 3 prises pendant 5 jours. Il est aussi possible d’opter pour l’amoxicilline associée à l’acide clavulanique à large spectre. Prendre 3 g par jour en 3 prises.
Voici les antibiotiques à choisir en deuxième choix au cours d’une pneumopathie :
Spiramycine (macrolide),
Azithromicyne (macrolide),
Doxycycline (cycline). Il faudra se protéger du soleil avec ce médicament.
Chez la femme enceinte, la doxycycline est interdite à partir du 2ème trimestre de la grossesse, car elle provoque une coloration des dents chez l’enfant à naître.
Chez la femme allaitante, les macrolides et la doxycycline ne sont pas autorisés.
Enfin, sachez que la pneumopathie est potentiellement mortelle sans une antibiothérapie dans les meilleurs délais.
Avec un traitement antibiotique, l’évolution d’une pneumonie est rapidement favorable. Les symptômes diminuent 2 à 3 jours après le début du traitement. La fièvre disparaît généralement en une semaine. Quant à la toux et à la dyspnée, elles peuvent persister jusqu’à 6 semaines. La fatigue peut durer jusqu’à 3 mois.
S’il n’y a pas d’amélioration au bout de 3 jours, il faudra reconsulter un médecin pour qu'il change d'antibiotique ou réévalue la situation.
Pour éviter d’attraper une pneumonie, il faudra faire attention à ne pas contracter les bactéries ou les virus responsables de la maladie. Voici la conduite à tenir :
maintenir les gestes barrières
Streptocoque pneumoniae ou pneumocoque : se faire vacciner par PREVENAR comme indiqué dans le calendrier vaccinal, et par pneumo 23 pour un sujet à risque.
La vaccination contre la grippe peut aussi aider pour réduire les facteurs de risques de la pneumonie.
Il est aussi recommandé d’éviter les substances irritantes pour les poumons dans le milieu du travail.
Prendre des mesures particulières est nécessaire en présence de ces facteurs :
Âge supérieur à 65 ans,
Trouble de la conscience,
Consommation d’alcool,
Consommation de tabac,
Inhalation de toxine,
Diabète,
Drépanocytose homozygote,
Maladie cérébro-vasculaire, rénale ou hépatique…
Si le malade habite dans un logement insalubre, il faut se faire accompagner pour améliorer sa condition de vie.
Quant à ces médicaments, il faudra discuter de leur intérêt car il peuvent favoriser les pneumonies :
Inhibiteurs de la pompe à proton (oméprazole...)
Anti-inflammatoires non stéroïdiens,
Benzodiazépines,
Corticoïdes,
Immunosuppresseurs…