Bruxisme
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Dans certaines situations, notamment le stress, certaines personnes grincent ou serrent les dents de manière inconsciente. Cela peut même se produire au cours du sommeil. On parle de bruxisme. En plus d’être gênant pour la personne qui dort près de vous, cela peut également entraîner des conséquences sur les muscles de la mâchoire. Grand plan sur le bruxisme.
On appelle bruxisme une personne qui grince ou serre les dents.
On distingue plusieurs formes de bruxisme :
Nocturne : la personne serre ou grince des dents pendant le sommeil. Cette forme est celle qui entraîne le plus de douleur.
Diurne : la personne serre ou grince des dents inconsciemment pendant la journée. Cette forme est la moins douloureuse.
Et le grincement de dents avec micro mouvements latéraux de l’enfant : il s’agit d’un phénomène normal durant l’enfance qui a pour rôle d’user les dents de lait
Il existe différents facteurs de risque du bruxisme.
Les médicaments : les effets secondaires des médicaments peuvent engendrer le bruxisme. C’est souvent le cas des antidépresseurs et certains autres médicaments psychiatriques.
L'anxiété : une phase difficile et stressante rend plus enclin à grincer des dents.
La déglutition atypique : l’opposition de la langue au contact entre les dents supérieure et inférieure peut être un facteur de risque.
Les anomalies dentaires : les dents mal alignées ou les dents tordues peuvent être la cause des grincements de dents.
Le prader-Willi : c'est une maladie génétique rare entrainant un grand nombre de symptômes, le Prader-Willi est une cause du bruxisme.
Une pathologie que l’on ne doit pas prendre à la légère, le bruxisme risque de provoquer un traumatisme dentaire et un trouble des gencives.
Le bruxisme toucherait près de 14 % des enfants et 8 % des adultes.
Le trouble affecte aussi bien les garçons que les filles et apparaît souvent vers l’âge de 17 à 20 ans.
Généralement, on commence à soupçonner le bruxisme par l’existence de bruits de dent pendant le sommeil, rapporté par le conjoint.
On peu aussi s'en apercevoir lors de tension ou d’activité nécessitant une concentration telle que la conduite automobile.
À ceux-là s’ajoutent aussi d’autres symptômes comme :
une douleur à la mâchoire qui peut aller d’une sensation de raideur ou de limitation anormale de l’ouverture de la bouche à une douleur irradiant vers les oreilles ou le visage ;
une douleur dentaire au réveil avec une sensibilité au froid ou au chaud) ;
une douleur à l'intérieur de l'oreille ;
des acouphènes (sifflement dans les oreilles) ;
une instabilité (la sensation de ne pas tenir debout).
Des maux de tête de chaque côté de la tempe, en étau, des douleurs nucales et des douleurs au niveau des épaules peuvent aussi se ressentir.
On peut constater des dents limées ce qui peut être caractéristique du grincement et serrement.
Dans certaines situations, le bruxisme entraîne des complications comme :
une douleur facile : elle se manifeste surtout en cas de bruxisme sévère (brycose) ;
un traumatisme dentaire ;
un déchaussement de dents ;
un SADAM : Syndrome algo-dysfonctionnel de l’appareil manducateur. C'est une altération de l'articulation de la mâchoire.
Les professionnels de santé de ville peuvent orienter et conseiller sur les mesures à mettre en place.
Pour effectuer le diagnostic, consulter un médecin généraliste.
Au besoin, il est aussi possible de se faire accompagner par un psychiatre ou un psychologue.
Et, pour avoir un avis spécialisé dentaire, il faut voir un dentiste ou un chirurgien maxillo-facial.
Des antalgiques simples comme le paracétamol peuvent réduire la douleur.
Une alternative courante est d'utiliser les anti-inflammatoires non stéroïdiens : ibuprofène ou naproxène.
Dans certains où la douleur est plus intense, des médicaments plus complexes peuvent être nécessaires. Si les symptômes persistent, le médecin prescrira les médicaments suivants :
morphine ;
codéine ;
tramadol.
Les médicaments, tels que le coxibs, acéclofénac, diclofénac, piroxicam qui sont des anti-inflammatoires ne sont pas très conseillés. Ils créent trop d’effets indésirables alors qu’ils ne sont pas plus efficaces.
Évitez aussi le kétoprofène. Par voie orale, elle crée des effets indésirables digestifs. Et en gel, elle crée un surcroît d’effet indésirable par rapport aux autres anti inflammatoires.
En première ligne, on pourra proposer de porter une gouttière ou un « NTI-tss » (nociceptive trigeminal inhibition tension suppression system).
La gouttière est une surface sur laquelle toutes les dents sont en contact, et sur laquelle on peut mordre. On la porte la nuit.
NTI-tss : c’est une préforme transparente insérée et adaptée avec de la résine sur les 2 incisives centrales ou sur les incisives mandibulaires. On l’utilise aussi la nuit. Il faut attendre quelques jours ou semaines avant de ressentir une efficacité réelle.
En seconde intention, s’il n’y a pas d’amélioration, on proposera une anesthésie des muscles ptérygoïdiens par injection intra buccale.
La surveillance du bruxisme consiste principalement à lutter contre les complications. Dans ce cas, il faut bien observer les signes évocateurs tels que le traumatisme dentaire et les troubles articulaires de la mâchoire.
Quant à son évolution, le trouble peut guérir spontanément à tout âge. Le plus souvent, cela se produit à 40 ans pour le bruxisme chronique.
Pour traiter le bruxisme, il convient aussi de contrôler les facteurs qui peuvent en être l’origine.
Pour ce faire, vous devrez :
faire le tri des médicaments, surtout les antidépresseurs ;
traiter l'anxiété ;
demander une prise en charge orthophonique en cas de déglutition atypique ;
traiter les pathologies dentaires auprès d’un dentiste ou d’un service de chirurgie maxillo-faciale.