Salpingite
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La salpingite est une infection qui concerne les organes génitaux de la femme. Si elle n’est pas traitée correctement, elle peut être responsable de complications comme l’infertilité ou la grossesse extra-utérine. Dans cet article, nous faisons le point sur cette infection et ses traitements.
Le terme salpingite vient des mots grecs « salpinx » et « itis ». Ces derniers signifient respectivement « trompette » et « inflammation ». Ainsi, la salpingite correspond à une infection d’un ou des deux trompes de Fallope. Ce sont des conduits qui relient l'ovaire à l'utérus.
La salpingite est le plus souvent associée à une endométrite, une infection de la paroi utérine.
La salpingite est une infection des organes reproducteurs féminins majoritairement causée par des infections sexuellement transmissibles (IST), dans 80 % des cas.
Parfois, elle peut être liée à :
une contraception orale ;
une insertion d’un dispositif intra-utérin ;
un accouchement ;
un avortement ;
une hystéroscopie (inspection utérine interne) ;
une biopsie de l’endomètre (prélèvement de tissu utérin).
Il s’agit de procédures impliquant l’instrumentation du col de l’utérus ou de l’utérus. Celles-ci peuvent potentiellement entraîner la contamination des trompes de Fallope.
La salpingite peut prendre une forme chronique. C’est souvent le cas lorsqu’elle est liée à un facteur endogène.
Il faut noter que la salpingite peut rester longtemps silencieuse.
La salpingite concerne habituellement les jeunes femmes. Elle est plus courante chez les femmes :
de bas niveau socio-économique ;
sexuellement actives ;
ayant eu des relations sexuelles précoces ;
avec un antécédent d’IST ;
ou ayant plusieurs partenaires sexuels.
Dans certains cas, elle peut rester silencieuse.
Mais lorsque les symptômes apparaissent, voici ce qui peut se passer :
une perte d'appétit ;
des douleurs de bas du ventre importantes ;
des écoulements vaginaux anormaux ;
des saignements en dehors des règles ;
des nausée et vomissements ;
une miction fréquente ;
des rapports sexuels inconfortables ou douloureux ;
une fièvre ;
des règles douloureuses.
La salpingite peut se caractériser par des troubles chez le partenaire.
Les signes cliniques d’une salpingite comprennent :
à la palpation du ventre : une douleur insoutenable ;
à l'inspection du vagin: la présence de sang, leucorrhée purulente, ou une glaire louche ;
à la suite d’un toucher vaginal : la femme ressent une douleur à la mobilisation utérine ;
après un toucher rectal : la douleur est également ressentie.
La salpingite peut avoir comme conséquence :
le syndrome de Fitz Hugh Curtis caractérisé par une douleur sous les côtes à droite suite à une infection à Chlamydiae trachomatis ;
une péritonite : c'est une inflammation abdominale grave causant le « ventre de bois » ;
La complication d'une grossesse. Un avis spécialisé est nécessaire
Comme la salpingite est une maladie inflammatoire pelvienne, elle ne doit pas être confondue avec les autres douleurs pelviennes.
Le diagnostic de la salpingite repose sur différents examens à effectuer chez les 2 partenaires.
Bilan sanguin
Un examen sanguin permet de :
voir l'augmentation des globules blancs : des leucocytes et des polynucléose neutrophile ;
doser le taux de protéine C-Réactive qui est la protéine de l'inflammation : elle est augmentée, sauf parfois ;
doser le taux de créatinine pour évaluer la fonction rénale ;
réaliser un bilan hépatique ;
vérifier le taux de HCG (hormone de grossesse) : pour éliminer toute possibilité de grossesse.
Le médecin peut également demander un bilan des IST selon le contexte : SIDA, hépatite B, Hépatite C ou syphilis.
De même, une culture du sang peut être prescrite si la fièvre est supérieure à 39 °C pour voir si le germe ne s'y trouve pas. Une hémoculture positive à l’examen est un signe évocateur de complication. Elle peut traduire une septicémie ou un abcès.
Prélèvements locaux
Pour identifier le type de bactérie en cause, un prélèvement du vagin, de l’endocol, du méat urétral, de l’anus et du pharynx peut s’avérer nécessaire. Il peut s’agir de :
Chlamydiae trachomatis dans 30 % des cas) ;
Gonocoque dans 10 % des cas ;
Mycoplasme genitalium (à noter que hominis et ureaplasma sont non-pathogènes) ;
germes courants anaérobies et entérobactéries dans 50 % des cas.
Test urinaire
L’utilisation d’une bandelette urinaire permet d'écarter l'infection urinaire. Dans le même objectif, un examen cytobactériologique des urines (ECBU) peut se révéler utile.
Échographie pelvienne et endovaginale bilatérale
Une échographie pelvienne et endovaginale bilatérale permet une visualisation des organes pelviens. Dans le cadre d’une salpingite, on s'attend à détecter une masse hétérogène latéro-utérine ou un épanchement dans le « cul-de-sac de Douglas » situé derrière l'utérus.
Cœlioscopie
Une cœlioscopie est uniquement proposée en cas de doute sur le diagnostic. C’est une intervention chirurgicale invasive qui permet aux médecins d’avoir un aperçu complet des trompes de Fallope et des organes autour.
Pour traiter la salpingite, vous consulter :
un pharmacien pour une demande d'orientation et de conseils ;
un médecin généraliste pour le diagnostic ;
un gynécologue ou le service des urgences gynécologiques pour un avis spécialisé et une éventuelle intervention chirurgicale.
Pour soulager les symptômes de cette infection des trompes utérines, des antalgiques comme du paracétamol sont prescrits en première intention. Au besoin, il est possible de prendre de la morphine, du tramadol et de la codéine. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont à éviter car il peuvent occasionner une flambée de l'infection.
Premièrement, le retrait d'un éventuel stérilet est conseillé.
Deuxièmement, le traitement de la salpingite dépend de la gravité de l’infection.
Pour les cas non compliqués, le médecin prescrit des antibiotiques oraux :
CEFTRIAXONE IM : 1 g en dose unique ;
associé à DOXYCYCLINE PO : 100 mg 2 fois/j pendant 10 jours ;
et associé à MÉTRONIDAZOLE PO : 500 mg 2 fois/j pendant 10 jours.
Si cela se complique, tout se passe à l’hôpital. Des antibiotiques intraveineux seront prescrits selon le germe en cause. Un avis spécialisé sera demandé pour l’antibiothérapie. Si l’infection a entraîné une collection de pus ou de liquide (abcès) sur la trompe de Fallope, un drainage chirurgical est nécessaire (le plus souvent par cœlioscopie). Si l’infection a provoqué des cicatrices ou des adhérences des trompes utérines, une réparation chirurgicale peut être envisagée afin d’éviter l’infertilité.
Pour les femmes allaitantes, l’allaitement doit être arrêté pendant l’antibiothérapie.
Afin de prévenir la transmission d’IST le port de préservatif jusqu’à la guérison est recommandé. Un dépistage ainsi qu’un traitement du partenaire sont également essentiels pour devancer toute forme de récidive.
Pour surveiller correctement la salpingite est important pour lutter contre les complications :
grossesse extra-utérine ;
stérilité tubaire ;
avortement spontané précoce ;
récidives ;
salpingite chronique ;
algies chroniques.
La patiente doit bénéficier d'un suivi biologique et d'une consultation de contrôle à 1 mois après les traitements pour faire le point.