Cancer du rein
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Le cancer du rein est un cancer qui se développe silencieusement. Souvent, on le découvre par hasard au cours d’un examen d’imagerie réalisé pour d’autres maladies, et à un stade tardif. Définition, diagnostic et traitements découvrez tout sur le cancer du rein.
Le cancer du rein est une tumeur qui se développe à cause de la transformation des cellules normales en cellules malignes.
Dans plus de 85 % des cas, le cancer se développe à partir des cellules glandulaires du rein : l'adénocarcinome. Ce sera le seul type de cance étudié dans cet article.
Pour les 15 % des cas restants, le cancer naît à partir d’autres cellules du rein.
Le risque de développement d'un cancer du rein s’avère plus élevé devant certaines situations.
Le tabagisme.
L’hypertension.
L’obésité.
Un antécédent de Von Hippel Lindau : cette maladie provoque 60 % de cas de cancer du rein chez les jeunes. Le Von Hippel Lindau est une maladie héréditaire. Il provoque une anomalie congénitale de développement et provoquer un hémangioblastome du cervelet, de la moelle épinière, de la rétine ainsi que le cancer du rein (dans 60 % des cas).
Un antécédent d’hémodialyse : la dialyse de plus de 3 ans peut générer une dysplasie multikystique qui est l’un des facteurs principaux du cancer du rein.
L’expositionaux toxiques : l’exposition aux solvants, amiante, cadmium est un facteur de risque d’un cancer du rein.
Le cancer du rein touche 10 000 personnes par an. La maladie concerne généralement les personnes adultes à un âge supérieur à 50 ans. L’âge moyen des personnes qui en souffre se situe d’ailleurs dans les 65 ans. Et parmi les malades, on constate 3 fois plus d’hommes que de femmes.
Dans 50 % des cas, le cancer du rein est découvert de manière fortuite. Ceci s’explique par le fait qu’il ne montre aucun symptôme durant les premiers stades de son développement. Les symptômes généraux commencent à apparaître lorsque la tumeur devient plus importante.
Voici les signes :
fatigue ;
amaigrissement: une perte de poids ;
perte d’appétit.
Il se manifeste également par des problèmes urinaires. On peut citer :
une envie anormalement fréquente d'aller uriner ;
un écoulement d’urine involontaire avec une envie d’uriner non maîtrisable ;
une difficulté à uriner ;
la présence de sang dans les urines ;
Le patient peut aussi souffrir de douleurs dans la région des reins et sur les cotés du ventre.
Le médecin recherche la présence d’une varicocèle qui est la présence de varice sur les bourses. C'est un signe d'obstruction de la veine rénale gauche et donc un indice de la présence d'une tumeur.
La palpation du patient permet parfois de révéler d’autres symptômes comme une masse dans la région lombaire (du rein), une masse abdominale ou un ganglion de Troisier.
Les principales complications d'un cancer du rein est sa survenue sur le rein unique, ou le rein transplanté ou le patient dialysé.
En cas de suspicion du cancer du rein, le médecin propose généralement des examens biologiques.
Une NFS (Numération Formule sanguine) : c'est un bilan réalisé pour diagnostiquer des troubles des globules rouges, des plaquettes ou des globules blancs. La découverte d'un excès de globule rouge dans le sang est un des signe de cancer du rein.
Un ionogramme sanguin permettra de déterminer le taux de calcium dans le sang. Un taux élevé indique l’existence d’un cancer en progression, car c’est dû à une sécrétion de parathormone (PTH) par les cellules cancéreuses.
Une augmentation de la vitesse de segmentation (VS) est aussi un signe en faveur d'une anomalie à rechercher (dont le cancer).
Une créatininémie permet d’avoir l’état de fonctionnement du rein.
Un dosage de la LDH ou Lactate déshydrogénase : une augmentation de taux de LDH évoque un pronostic plus inquiétant.
Un dosage des marqueurs du foie comme ASAT-ALAT-GGT-PAL permet de détecter des taux élevés de GGT et PAL lié au cancer. On parle de cholestase paranéplasique (phénomène rare cependant).
Outre les examens biologiques, le médecin prescrit aussi un uroscanner (c'est à dire un scanner des voies urinaires avec injection de produit de contraste), voire une IRM abdominale pour avoir une image précise du rein. Cela permet de détecter la tumeur de même densité que le rein et qui déforme ses contours. Ces examens permettent aussi de déterminer le stade du cancer.
Il faut noter que l’échographie est peu sensible pour détecter le cancer du rein.
Pour confirmer le diagnostic du cancer du rein, on doit effectuer obligatoirement une biopsie en vue d’une analyse histologique.
Pour ce faire, on prélève un fragment de tissu du rein, puis on l’analyse. Cela permet de déterminer le type de cancer : un carcinome à cellules rénales (85 % des cas) ou un autre type histologique (15 % des cas).
Dans le cas d’une métastase où le cancer évolue et se propage dans d’autres parties du corps, de nombreux examens d’imageries sont utiles, à savoir :
un scanner thoraco-abdomino-pelvien au minimum
Et parfois :
un scanner ou une IRM cérébrale ;
une scintigraphie osseuse ;
plusieurs radiographies osseuses.
Pour définir le stade d’évolution du cancer du rein, le médecin a recours à la classification TNM. La méthode repose sur 3 critères :
T : le nombre de tumeurs et leurs localisations ;
N : présence de cellules cancéreuses à l’intérieur des ganglions ;
M : existence de métastase.
La prise en charge du cancer du rein se fait grâce à différents professionnels de santé :
le médecin généraliste réalise le dépistage et le suivi du dossier ;
l'urologue conduit le diagnostic et donne un avis spécialisé sur les options de traitement;
la RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire): c’est un groupe de médecins spécialistes qui coopèrent pour décider du traitement adéquat.
Pour soulager les symptômes douloureux, prendre des antalgiques.
Il est préférable d’utiliser le paracétamol en première intention. Toutefois, en cas de douleur intense, opter pour la morphine, la codéine ou le tramadol.
Pour traiter le cancer du rein, on procède généralement à une interventions chirurgicales pour enlever les cellules cancéreuses, si le stade n'est pas trop élevé. Puis selon le stade de la tumeur, on aura recours à l'immunothérapie et la thérapie ciblée. La radiothérapie sera à discuter en cas de métastases osseuses et cérébrales.
La néphrectomie
La néphrectomie désigne l’ablation du rein. Elle peut être totale ou partielle.
Si les tumeurs sont supérieures à 4 cm, on réalise une néphrectomie élargie. Il consiste à enlever la totalité du rein et de sa loge.
Si les tumeurs sont inférieures à 4 cm, on réalise une néphrectomie partielle où on conserve le rein.
La surrénalectomie
La surrénalectomie consiste à enlever la glande surrénale lorsque celle-ci se trouve touchée par la tumeur.
Le curage ganglionnaire
Le curage ganglionnaire correspond à l’enlèvement d’une partie du ganglion contenant les cellules cancéreuses. Il permet également de préciser le stade de la maladie, mais sa valeur curative est controversée.
En plus des interventions chirurgicales, d’autres traitements existent aussi.
L’immunothérapie
Il s’agit d’une injection par voie sous-cutanée ou intraveineuse des hormones immunitaires pour aider le système immunitaire à lutter contre le cancer. Ce sont les cytokines, plus précisément les interférons alpha et les interleukines 2.
Les thérapies ciblées
Elles visent à asphyxier la tumeur en empêchant la formation des vaisseaux. Cette thérapie se fait par l’intermédiaire des divers médicaments.
Un anticorps monoclonal : le bevacizumab qui est un antiangiogénique qui cible le VEGF ou le facteur de croissance de l’endothélium vasculaire.
Un inhibiteurs de tyrosine kinase : ce sont les sunitib et sorafenib. Ils inhibent la croissance de l’endothélial vasculaire.
Un inhibiteurs de sérine/thréonine kinase : ce sont les temsirolimus et everolimus qui inhibent spécifiquement les mTOR (Mammalian Target of Rapamycin).
La radiothérapie
Elle n’est pas suggérée pour traiter le cancer du rein. C’est un traitement palliatif en cas de métastases osseuses ou cérébrales.
Après le traitement du cancer du rein, il faut bien s’assurer que le patient ne montre pas d’effet secondaire lié aux traitements.
Le médecin met également en place un programme de suivi médical précis comprenant une surveillance clinique, des analyses biologiques et un scanner thoraco-abdominal tous les 6 mois à 1 an afin de mieux détecter les récidives.
Pour ce qui est du pronostic de survie, cela dépend en grande partie du stade de la tumeur :
95 % pour le stade T1 ;
80 % pour le stade T2 ;
60 % pour le stade T3 ;
30 % pour le stade T4 ;
15 % en présence de cellules cancéreuses à l’intérieur des ganglions ;
5 % en présence de métastases.
On peut dire que le pronostic de survie dépend aussi du moment où on diagnostique et traite le cancer.
Il n’existe pas de moyen de sûr pour prévenir et dépister le cancer du rein avant qu'il n'apparaisse. Sauf en cas de maladie de Von Hippel Lindau, auquel cas il faudra organiser un dépistage familial.
Les patients atteint doivent recevoir un accompagnement vers l’arrêt du tabac ou la réduction de poids (patients obèses). L'hypertension artérielle doit être traitée. Enfin il faut stopper l'exposition au toxiques, notamment ceux d'origine professionnelles.