Dépression
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La dépression est un trouble psychiatrique caractérisé par une grande tristesse, une humeur dépressive, une perte de motivation ou de plaisir. À un stade avancé, elle conduit à une envie suicidaire. N’importe quelle personne peut en souffrir. De nos jours, elle est devenue la deuxième cause d’invalidité à travers le monde après les maladies cardiovasculaires. Dans cet article, nous allons faire le point sur ce trouble : signes caractéristiques, diagnostic, traitements et préventions.
La dépression est un trouble mental qui se traduit par une profonde détresse morale, un désespoir et un désintéressement pour soi-même ainsi que pour l’environnement.
La dépression est une maladie complexe liée à plusieurs facteurs : biologique, génétique, environnemental (social, familial, professionnel), interne à chaque individu (santé, finance, amour, famille, animaux, sport, lifestyle, hobbies, développement personnel).
Tout le monde de tout âge peut faire une dépression. Néanmoins, elle est plus fréquente chez les adultes de moins de 45 ans. On estime sa prévalence à 1 homme sur 10 et 1 femme sur 5.
La manifestation de la dépression dure au moins 2 semaines. Elle entraîne généralement une asthénie (état de fatigue) et une anergie (trouble de l’immunité).
Au niveau de l’humeur, la dépression s’exprime par :
une tristesse intense envahissant tous les champs de la vie mentale ;
peu accessible au réconfort ;
une anhédonie (perte de plaisir) ;
une aboulie (trouble de la motivation ou de l’envie) ;
une athymhormie (perte de l’élan vital) ;
un ennui ;
une excitation paradoxale ;
une irritabilité.
La dépression affecte aussi la pensée.
Passé : reconstruction négative, souvenirs douloureux prenant un sens, souvenirs heureux disqualifiés…
Présent : culpabilité, autodépréciation, rumination, échec, abandon, idées noires, idées suicidaires…
Avenir : pessimisme, découragement, incurabilité, inutilité…
Bradyphémie : une lenteur du rythme verbal.
A l'extrême, le malade peut également se mettre à délirer sur des sujets se rapportant à son humeur (culpabilité, ruine). Il devient monodéique (se fixe sur une seule idée) et subit passivement.
À ces symptômes s’accompagnent :
une anorexie (diminution de l’appétit) (90 %) ou une hyperphagie (alimentation excessive) (10 %) ;
une insomnie à réveil précoce (90 %) ou hypersomnie (10 %) ;
une diminution de la libido ;
une céphalée ;
des troubles digestifs ou maux de ventre ;
mal de dos.
Pendant la consultation, on remarque une cassure sur la courbe poids/taille. Cette cassure peut être liée à la diminution ou à l’augmentation du poids du malade.
On observe également un trouble de l’attention et de la concentration (ralentissement cognitif).
On aperçoit parfois une anesthésie affective ou une hyperthymie (crise de larmes).
On remarque aussi une indécision ou une perplexité (manque de décision), une incurie (manque de soin), une clinophilie (refus de se lever), un apragmatisme (perte d’initiative) ou une agitation.
On constate enfin dans certain cas une amnésie (perte de la mémoire).
Au niveau du langage, on remarque une bradyphémie (élocution lente) au pire mutisme, une prosodie (accent), un monocorde (monotone), une hypomimie (turbidité de l’expression du visage), une amimie (incapacité de communiquer par des expressions du visage) à la pire stupeur.
Pour évaluer le niveau de la dépression, le médecin peut parfois avoir recours à des tests spécifiques : MINI test (Mini Internationnall Neuropsychiatric Interview) ou MADRS (Montgomery-Asberg Depression Rating Scale).
Lorsque la dépression s’aggrave, elle peut conduire à :
une conduite suicidaire ;
une addiction (dépendance malsaine à une substance comme la drogue…) ;
un retentissement socioprofessionnel ;
une récidive ;
des troubles chroniques de l’humeur ;
une mélancolie (grande dépression) ;
une révélation d’une démence (conduite folle). La dépression n'entraine pas elle même la dépression, mais la révèle.
La dépression est parfois confondue avec d’autres troubles psychiatriques.
Syndrome maniaco-dépressif (trouble bipolaire): il se caractérise par une variation de l’humeur. Il se manifeste par une alternance de phase dépressive et de phase euphorique (maniaque).
Déprime ou cafards: il s’agit d’un état psychologique qui se manifeste par une tristesse passagère. Elle se produit souvent après une dispute, un évènement déstabilisant ou un environnement stressant.
Pendant le diagnostic de la dépression, certains examens permettent d’identifier les causes de l’affection.
TSH (thyroid-stimulating hormone).
Sustance toxique.
Alcool.
Glycémie.
Le médecin généraliste et le psychiatre sont en mesure d’effectuer le diagnostic. Ils prescrivent ainsi le traitement adéquat comme des séances chez un psychologue. Le pharmacien donne des conseils pour traiter la dépression.
Pour apaiser la dépression, un antidépresseur initial est prescrit en première intention, durant 6 semaines minimum. Il a 50 % d’efficacité en moyenne. Les IRS (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine) sont les plus recommandés : sertraline ZOLOFT, fluoxétine PROZAC, paroxétine DEROXAT, fluvoxamine… Pendant la période du traitement, il faut éviter de manger du pamplemousse, car ce fruit entraîne une surdose des médicaments.
Le millepertuis (une plante à effet antidépresseur) et la photothérapie (exposition au soleil uniquement) sont également indiqués contre la dépression.
En alternative, vous avez les IRNA ou inhibiteurs de la recapture de la noradrénaline (duloxétine CYMBALTA ou le milnacipran…), ou bien vous pouvez utiliser d’autres antidépresseurs comme la miansérine et les tricycliques imipraminiques (maprotiline LUDIOMIL…).
En 3ème ligne, viennent les neuroleptiques atypiques (aripiprazole, olanzapine, quétiapine, rispéridone) et le neuroleptique classique (halopéridol). Ils ont davantages d'effets indésirables, comme les effets de somnolences.
En dernier recours, le médecin recommandera aussi les traitements comme la stimulation magnétique transcranienne et l’électroconvulsivothérapie pour lutter contre la dépression.
Stimulation magnétique transcranienne
Elle délivre le cortex cérébral des champs magnétiques transcraniennes répétitifs à l’aide d’un anneau posé sur le crâne. La session dure 30 minutes par jour, pendant 5 à7 jours par semaine durant 2 à 6 semaines. Cette technique semble avoir une certaine efficacité avec peu d’effets indésirables. Le taux de rémission est de 17 % (guérison).
Electroconvulsivothérapie
Elle est efficace en cas de dépression résistante. Cependant, elle peut entraîner un trouble de la mémoire.
Les substances, médicaments et techniques suivants ont un bénéfice incertain contre la dépression ; ils demandent des études plus approfondies :
Benzodiazépines : ils sont ajoutés traditionnellement dans l’espoir de diminuer le risque suicidaire ;
Buspirone : il a une efficacité équivalente au placebo ;
Acide folique ;
Acide gras oméga 3 ;
S-adénosyl-L-méthionine ;
Tryptophane ;
Prastérone alias DHEA ;
Safran ;
Privation de sommeil ;
Yoga.
Voici quelques médicaments à éviter quand on veut apaiser une dépression :
citalopram SEROPRAM, escitalopram SEROPLEX, des IRS avec surcroît d’effets indésirables au niveau cardiovasculaire ;
IRSNA (venlafaxine EFFEXOR) : surcroît également d’effets indésirables cardiovasculaires ;
Association de deux antidépresseurs : elle n’approuve pas une efficacité et expose de nombreux effets indésirables ;
Electroconvulsivothérapie du nerf vague ;
Antiépileptiques (carbamazépine, acide valproïque, lamotrigine, phénytoïne) : ils ont une efficacité équivalente au placebo ;
Triiodothyronine (T3) en ajout à un antidépresseur : le résultat est peu convaincant face aux risques cardiaques ;
Amphétamines (bupropion, méthylphénidate, modafinil) : ils sont peu évalués, mais les risques sont réels ;
Pindolol : c’est un bêtabloquant sans efficacité sur la dépression ;
Lithium : il est trop délicat à manier, car sa marge thérapeutique est étroite et il n’a pas d’efficacité démontrée.
Le traitement de la dépression repose sur une psychothérapie bien conduite ou un accompagnement bien conduit. Elle sert à trouver la cause de la dépression.
La pratique des activités physiques est aussi efficace que la psychothérapie et les antidépresseurs. Il faut absolument trouver un accompagnement sportif.
Il faut éviter bien évidemment la psychothérapie mal conduite car elle n'apporte aucun bénéfice.
Après un premier épisode dépressif majeur, le risque de récidive est de 50 %. Il est de 70 % après un deuxième et 90 % après un troisième, d'où l'importance d'un bon accompagnement.
Il faut toujours essayer de trouver la cause de la dépression.
Pour prévenir les complications de la dépression, il faudra lutter contre les facteurs de risque comme les toxiques (alcool, tabac…). Il faut se faire accompagner à l’arrêt de ces substances.