Mutisme de l'enfant
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Un enfant qui a soudainement arrêté de parler pose toujours question. Il peut être atteint par le mutisme. Cet état touche souvent les enfants qui vivent dans un état d’anxiété et cela angoisse les parents. Dans cet article, nous allons détailler les symptômes et les traitements de cet état.
Le mutisme indique une suspension et une disparition brutale de la parole chez un enfant.
Il a 3 types de mutisme :
le mutisme sélectif : dans des situations particulières, d'origine psychologique
le mutisme total d’origine psychologique,
et le mutisme akinétique qui est une maladie.
Le mutisme psychologique est considéré comme un trouble anxieux, proche de la phobie sociale. Cette anomalie peut être aussi un symptôme secondaire à une autre maladie.
Il engendre des conséquences telles que l’insécurité qui se traduit par une perte de confiance de soi et l’inhibition (blocage).
Le diagnostic de mutisme connaît un retard de diagnostic. Il est même sous-diagnostiqué (moins reconnue que ce qu’il faut), car banalisé. Il ne doit pas pas non plus être considéré comme une attitude provocatrice.
Le mutisme touche 1 % des enfants et elle affecte à peu près autant de filles que de garçons.
Le début de son apparition survient, en général, avant l’âge de 5 ans. C’est l’âge auquel on aperçoit un pic lors de la rentrée en maternelle et à l’école primaire.
Le mutisme arrive davantage chez un enfant polyglotte, le plus souvent chez les enfants immigrés.
Il touche aussi davantage l’enfant issue d’une famille :
anxieuse ;
introvertie ;
la taciturne (famille qui ne fait pas la conversation) ;
aux antécédents psychiatriques ;
qui entretien un lien fusionnel malsain avec l’enfant ;
On peut également, parfois, évoquer la notion de traumatisme causé par le déménagement, le changement d’école, la rupture des parents, le conflit familial et l’apparition d’un abus sexuel. Ces causes sont surtout en lien au mutisme total.
Le mutisme akinétique est, par contre, lié à une lésion des lobes frontaux ou des muscles cérébraux. Cette cause n'est pas traitée dans cet article.
Le mutisme total ou sélectif se manifeste selon les situations ou les personnes qui entourent l’enfant.
L’enfant peut communiquer avec les gestes ou par les monosyllabes monotones. Par ailleurs, il peut lui arriver de communiquer face à une situation où il est en confiance.
L’enfant a un regard fuyant et rencontre une inhibition émotionnelle contrastant avec sa personnalité, en situation normale.
Cette situation entraîne, pourtant, une perturbation de sa réussite scolaire ainsi que celle de sa communication sociale.
La durée de son état dépasse un mois, mais la date d’apparition du symptôme est souvent floue. Cette durée ne se limite pas au premier mois d’école.
Tout ceci conduit aux complications suivantes :
un retard de langage pour les 40 % des cas ;
un trouble de développement psychomoteur pour plus de 20 % des cas ;
une déficience intellectuelle pouvant coexister et prolonger l’enfant dans l’anxiété, voir la dépression, surtout si les parents sont trop exigeants aux regard de ses capacités réelles;
des troubles de la propreté comme le pipi au lit, pour les 30 % des cas et, l’émission de matières émises dans des lieux inappropriés pour 15 % des cas ;
des troubles de conduites alimentaires (supérieurs à 20 % des cas) ;
des troubles du sommeil pour 30 % des cas ;
des troubles obsessionnels ;
un syndrome dépressif pour 36 % des cas environ.
Il faudra faire attention à ne pas confondre le mutisme à certaines pathologies ou des états secondaires comme:
la dysphasie (un trouble neurologique);
le défaut de connaissance de la langue ;
l’état autiste, la schizophrénie et des psychoses ;
les affections neurologiques (épilepsie) ;
les affections ORL (la surdité, la cécité…).
Afin de faire le diagnostic, le médecin procède au bilan neurologique et ORL.
a) Bilan neurologique
Ce type de bilan nécessite une consultation spécialisée auprès du neurologue qui, lui, va prescrire un examen EEG (électroencéphalogramme). Ceci aura pour but de vérifier l’existence d’une épilepsie.
En fonction des résultats, il pourra ensuite prescrire une IRM cérébrale pour vérifier la présence ou non de lésion cérébrale.
b) Bilan ORL
Un audiogramme est indispensable pour vérifier l'état auditif de l'enfant.
Le mutisme est dépistée par le médecin généraliste, par le pédiatre ou par le personnel de l’enfance.
Quant à la prise en charge, elle est conduite par des psychiatres pédiatriques et des psychologues.
Le mieux, c’est d’exposer l’enfant à un maximum de situations sociales. Il lui faut, à cet effet, une interaction avec les grands-parents, la famille et les enfants de même groupe d’âge que lui. Il faut alors l’insérer dans une crèche et l’emmener dans un parc de jeu, tout en conservant une attitude bienveillante envers lui.
Le faire participer aux activités du lieu de vie, va beaucoup l’aider. Par exemple, chercher des jeux, ranger, mettre la table, etc. Tout ceci a pour but de ne l’intégrer autrement que par la parole.
Dans un lieu de vie où l’enfant se sent moins à l’aise, il faudra l’aider à se détendre en y apportant des activités ludiques comme les jeux, les livres, l’interaction…
Il est aussi très utile de le faire pratiquer une psychothérapie adaptée. Pour cela, il lui faut une psychothérapie analytique qui consiste à identifier les conflits intra psychiques.
En appui, il va suivre une psychothérapie cognitive et comportementale, qui consiste à l’exposer progressivement au stimulus anxiogène. Cette dernière technique est employée afin d’affaiblir petit à petit la situation d’anxiété.
Une thérapie familiale est très importante en guise de traitement d’autant plus que cette technique se focalise sur les aspects interpersonnels du mutisme.
En cas d’échec des traitements, il est possible de recourir à l’usage des antidépresseurs ISRS (inhibiteurs spécifiques de la capture de la sérotonine) et IMAO (inhibiteurs de la monoamine-oxydase). Leurs bénéfices sont pourtant incertains. Ils auraient un intérêt, mais au prix d’effets indésirables importants.
Dans tous les cas, il faut à tout prix éviter de forcer à faire parler l’enfant, cela ne fait qu’accentuer son blocage.
En présence de timidité familiale, l’action à entamer est d’offrir un accompagnement parental.
Le mutisme lié à l’entrée à l’école disparaît dans les 90% du temps, au cours de la première année.
Pour les autres cas, la « démutisation » n’est qu’une étape du traitement dont la durée varie entre 2 et 12 ans.
Le dépistage du mutisme se déroule, chez le médecin, au cours des examens obligatoires. Mais elle peut aussi être dépistée par des auxiliaires en crèche ou par des enseignants à l’école.