Luxation congénitale de hanche
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La luxation congénitale de la hanche est une affection qui touche les bébés vers la fin de la grossesse. Le dépistage doit se fait attentivement dès la naissance. Plus le diagnostic est précoce, plus facile sera le traitement et la guérison. En revanche le diagnostic tardif peut être responsable de l'apparition d'une boiterie et nécessitera forcément un traitement plus lourd, pouvant aller jusqu’à la chirurgie. Pour vous aider à mieux comprendre cette malformation, nous allons parler dans ce texte des causes, du diagnostic, et du traitements de la luxation congénitale de hanche.
On entend par « luxation de la hanche » une anomalie de développement de la hanche, appelée aussi « articulation coxo-fémorale ».
L’affection est « congénitale » puisqu’elle touche les bébés dès la naissance.
Elle se traduit par une instabilité de la hanche qui peut rendre l’enfant boiteux lors de la marche.
La luxation congénitale de la hanche est une pathologie de naissance. Elle se constitue le plus souvent en fin de grossesse. La tête du fémur, qui est normalement placée dans la cavité osseuse du bassin (le cotyle), se déboîte en dehors de celle-ci lors de certains mouvements. Cela engendre une mobilité anormale entre le bassin et le fémur. A noter que l'affection peut survenir d'un seul ou des deux côtés.
Il faut savoir que ce type d’affection est très difficile à diagnostiquer. On la découvre souvent tardivement.
Il existe divers facteurs de risque qui augmentent la probabilité de développer une luxation congénitale de hanche chez un bébé :
une hanche en posture luxante dans l'utérus ;
l'accouchement par le siège ;
la naissance avec torticolis ou genu recurvatum (genou retourné) ;
la déformation sévère des pieds ;
la primiparité ;
la grossesse multiple ;
le poids de naissance élevé ;
le manque de liquide amniotique ;
la génétique: 30% des bébés ont des liens familiaux avec des personnes ayant eu aussi une luxation congénital de hanche.
Après l’accouchement, heureusement, il existe un remodelage spontané de la hanche qui conduit naturellement vers la guérison pour un grand nombre de bébés.
Dans le cas contraire, les luxations non corrigées entraînent à long terme une boiterie.
La luxation congénitale de la hanche affecte environ 0,2 % des naissances. Elle est plus fréquente chez les bébés caucasiens que noirs ou asiatiques. On constate également 6 fois plus de filles touchées que de garçons et d'ailleurs 60 % des cas ne possèdent aucun facteur de risque.
La luxation congénitale de hanche est suspectée lors d'un examen de routine chez le médecin. Ou bien, à un stade tardif, il est suspecté devant une boiterie rapportée par les parents.
Le diagnostic de la luxation congénitale de la hanche est principalement clinique. Il est possible néanmoins de passer à côté, d'où la nécessité de répéter l'examen.
Pour cet examen clinique, le nourrisson est placé sur le dos, sur un support dur avec les cuisses et les genoux fléchis.
Le praticien commence par une inspection du bassin pour retrouver une asymétrie des plis inguinaux.
Il saisit ensuite un genou dans chaque main en plaçant ses 3 derniers doigts de ses mains sur la face externe de la hanche pour réaliser une manoeuvre. Deux types de manœuvres sont réalisés.
Manœuvre de Barlow: l’examinateur pousse la hanche du bébé vers la table d’examen tout en imprimant au genou des mouvements vers sa tête et vers ses fesses. Si il y a un ressaut, le test est positif.
Manœuvre d’Ortolani: l’examinateur imprime un mouvement de fermeture et d'ouverture des hanches. Si il y a un ressaut, le test est positif.
L’angle fait normalement 60° pour chaque hanche. Si ce n’est pas le cas, il y a limitation et donc le test est positif.
Si le résultat de l’examen est positif, on soit décrire son intensité :
Luxée irréductible » ou
Luxée non-réductible ou
Luxable
Lors de l’examen, des craquements peuvent être ressentis. Celui-ci n’a cependant aucune valeur pathologique et ne doit pas être pris en compte.
Si les manœuvres rhumatologiques n’ont donné aucun résultat, il est nécessaire de réaliser d’autres examens plus approfondis.
a) L’échographie de la hanche
L’échographie de la hanche est une bonne alternative si l’examen clinique est anormal avant le 3e mois. Il peut être également fait avant le 1er mois en cas de facteur de risque. Elle consiste à mesurer le fond cotyloïdien qui est normalement inférieur à 6 mm.
Il faut cependant souligner que l’échographie est elle aussi non fiable à 100 %.
b) La radiographie
Elle se pratique si l’examen clinique est anormal à partir du 4e mois.
Le pharmacien, la sage-femme, la puéricultrice ou d'autres professionnels de santé peuvent conseiller ou orienter us la luxation congénitale de hanche..
Le dépistage est réalisé chez un médecin généraliste, un gynécologue ou un pédiatre.
Et si jamais le diagnostic est tardif, il est préférable de consulter un chirurgien orthopédique pédiatrique. Ce dernier décidera si une opération chirurgicale doit avoir lieu ou non.
Les traitements varient selon la gravité de l’affection. Il existe trois lignes possibles.
La première ligne de traitement s’appelle le « lange en abduction ». Il convient à une hanche complètement réductible, sans limitation d'écartement des cuisses. Bébé doit le porter durant 1 à 3 mois et 24 h par jour, sauf pour la toilette. Cette méthode de traitement réduit la luxation en maintenant la tête fémorale dans la bonne position, c’est-à-dire dans le cotyle (position de « centrage »). Cette méthode est choisie pour les bébés ayants moins de 6 semaines.
La deuxième ligne de traitement consiste à utiliser une culotte d’abduction souple ou un harnais de Pavlik. Ce dernier se compose d’une série de sangles qui permet de régler plus finement la position des cuisses. Il offre également une adaptation à l’évolution de bébé, tout en empêchant des mouvements nocifs. Cette méthode est choisie pour les bébés ayant plus de 6 semaines, ou en échec de traitement par langes.
En cas d’échec ou de diagnostic plus tardif un traitement complémentaire est réalisé dans le cadre d’une hospitalisation : traction collée (l’enfant est fixé au lit par un langeage) et plâtre
La dernière ligne de traitement requiert une opération chirurgicale appelée « ostéotomie du bassin ». Elle consiste à sectionner l’os pour faire la réorientation et restaurer l’articulation tête fémoral-cotyle de l’enfant. Elle est suivie du port d’un plâtre prenant la taille de bébé et descendant jusqu’aux orteils, durant plusieurs semaines. Cette option est choisi pour les diagnostics tardifs ou en échec de traitement.
Quel que soit le traitement effectué, l’évolution vers la guérison doit être bien surveillée. Il faut redouter l'ostéonécrose de la tête fémorale. Afin de surveiller l’affection, le médecin peut effectuer des suivis cliniques, radiographiques ou échographiques selon la variante de la maladie.
Heureusement, la LCH évolue spontanément vers la guérison en 2 à 8 semaines pour 60 à 80% des cas détectés à la naissance. Pour les cas dont l’existence a été confirmée avant l’âge de 1 mois, la prise en charge est généralement simple.
Si jamais la luxation congénitale de la hanche n’est pas traitée, elle entraînera une boiterie lorsque l’enfant commencera à marcher. Une dégénérescence prématurée de l’articulation évoluera au fil des années ce qui entraînera des douleurs chroniques et de l’altération prématurée du cartilage.
Pour diagnostiquer au plus tôt la LCH, les nourrissons doivent bénéficier d'un dépistage systématique dès la naissance. L’examen s’effectue deux fois en maternité (au moment de la naissance et à la sortie) et doit être réalisé à répétition jusqu’à l’âge de la marche, et non pas seulement le premier mois. Pour les nourrissons à risque, une échographie systématique s’impose.