Névrite vestibulaire
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La névrite vestibulaire demeure assez mystérieuse jusqu’à ce jour. Elle se manifeste par une crise soudaine de vertiges qui peut durer quelques jours à quelques semaines. Cette infection est à la fois handicapante et bénigne. Nous allons en parler dans cet article.
Une névrite est une inflammation d'un nerf. On parle alors de névrite vestibulaire lorsqu'il s'agit d'une inflammation du nerf du vestibule, l’organe responsable de l’équilibre situé dans l'oreille interne.
L’origine de la névrite vestibulaire reste à ce jour peu claire. De nombreuses hypothèses ont été avancées telles qu’une origine virale, une origine vasculaire, une réponse immunologique ou encore une activation du stress cellulaire...
Cependant, l’origine virale de l’infection reste aujourd’hui la plus communément admise.
La névrite vestibulaire touche 3 personnes pour 100 000 habitants. Ce sont surtout des personnes âgées de 30 à 40 ans qui sont les plus touchées par cette maladie.
Il n’existe aucun facteur de risque connu à ce jour pour la névrite vestibulaire.
La névrite vestibulaire survient brutalement sans prévenir. Parfois, la personne évoque une infection virale précèdent le vertiges (cela peut être un zona, une varicelle, etc).
La névrite vestibulaire se traduit par une crise de vertiges soudaine qui peut durer entre 7 à 10 jours, voire plus pour les cas les plus graves. Les vertiges sont une impression de tourner sur place. On parle surtout de vertige rotatoire et non d’un malaise, Ils sont souvent intenses au début de la crise puis s’atténuent petit à petit au fil des jours. Toutefois, certaines personnes connaissent des crises de vertiges moins violentes pendant plusieurs semaines.
Le vertige s’intensifie notamment lorsque la personne est en mouvement. En général, la crise de vertige peut s’accompagner de nausées, de vomissements violents et d’anxiété.
Les signes observables lors d'un vrai vertige sont les suivants :
Un nystagmus: il s'agit d'un mouvement saccadé des yeux, incontrôlable. Les yeux partent dans une direction sans que l’on se rende compte et reviennent lentement dans leur position initiale, puis recommencent à partir (plusieurs fois par seconde).
Des troubles de l’équilibre. Le plus parlant est la chute lorsque la personne ferme les yeux (c'est le Romberg positif).
Un test intéressant est celui de Fukuda qui consiste à se positionner verticalement tout en piétinant sur place. La personne aura tendance à dévier de sa position sans s'en rendre compte. Pareil si elle pointe les index vers l’avant.
Il n'y a pas de troubles auditifs dans cette maladie. Les différents tests auditifs devraient êtres normaux.
Aucun test n'est réellement nécessaire puisque les signes sont suffisamment parlants. On les réalisera qu'en cas de doute.
1) Une audiométrie
Il s’agit d’un examen permettant d’évaluer le niveau d’audition d’un patient. Il consiste à utiliser des instruments produisant des sons ou des mots que le patient est tenu d’écouter et de répéter.
2) Une tympanométrie
Une tympanometrie est un examen qui permet d’identifier les troubles de l’oreille moyenne (les osselets). Il sera normal.
3) Une épreuve calorique vestibulaire
Une épreuve calorique vestibulaire, aussi appelée test de Barany, est sans aucun doute le seul test qui soit réellement nécessaire pour diagnostiquer la névrite vestibulaire. Il consiste à tester la réactivité du système de l’équilibre de l’oreille interne en introduisant de l’eau chaude et froide dans l'oreille. Ce test permet de détecter une anomalie du nerf vestibulaire et provoque un mouvement saccadé des yeux.
4) Un PEA ou Potentiels Évoqués Auditifs
Cet examen consiste à explorer à l’aide d’une machine le fonctionnement des voies de l’audition. Il est utile puisque les nerfs auditifs et les nerfs vestibulaires sont étroitement liés. Elle consiste à coller des électrodes sur le cuir chevelu du patient et lui mettre un casque émettant des sons sur ses oreilles pour stimuler ces derniers. La machine analysera ensuite les réactions électriques cérébrales suite à cette stimulation.
Notez qu’un examen d’imagerie n’est pas nécessaire pour diagnostiquer la névrite vestibulaire.
Étape 1 : prendre en charge
La prise en charge est le rôle du médecin généraliste. En cas de doute, il aura recours à l'ORL. Les professionnels de santé de ville orienteront et conseilleront le patient.
Étape 2 : soulager les symptômes
Dans un premier temps il faudra surtout se reposer durant 2 ou 3 jours, parfois même une semaine le temps que les symptômes se calment. On pourra également prescrire des médicaments anti-vertigineux tels que l’acetylleucine.
En suivant ces conseils, une évolution s’observe normalement en quelques heures ou en quelques jours.
Pour les cas les plus graves, il peut être conseillé de faire une corticothérapie, mais à court terme uniquement. Une utilisation prolongée (plusieurs mois) n'est pas souhaitable du fait des effets indésirables que cela pourrait occasionner.
La rééducation vestibulaire est également envisageable si les symptômes persistent. Ce traitement curatif pratiqué par un kinésithérapeute formé à ce sujet peut se pratiquer de différentes manières:
En utilisant un fauteuil rotatoire: assis sur ce dernier, la personne est soumise à des impulsions à haute vitesse avant d’être arrêtée pour fixer une cible du regard ;
En utilisant une plateforme mobile placée dans le noir: dans ce cas, il faut se maintenir debout dessus sans tomber ;
En utilisant des signaux lumineux: le patient est placé dans l’obscurité où des signaux lumineux défilent et doivent être poursuivis du regard.
Cette rééducation dure en moyenne quatre à dix semaines.