Etat de stress post traumatique
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Après un évènement tragique et terrifiant, la victime peut souffrir d’un état de stress aigu. Ce dernier est responsable d’anxiété, de troubles de l’humeur, d’irritabilité et de comportements « dissociatifs ». Comment faire le diagnostic? Quels sont les traitements? On fait le point dans cet article.
L’état de stress aigu est un état d’anxiété qu’une personne ressent et qui apparaît dans le mois qui suit un traumatisme psychique. Il est caractérisé par un trouble de comportement de la victime. Cet état d’anxiété peut durer de 2 à 28 jours.
L’état de stress aigu résulte des différents évènements traumatiques graves.
Parmi ces évènements, il y a par exemple la violence, un accident grave, une catastrophe naturelle…
L’état de stress aigu est un comportement qu’on observe chez environ 10 à 30 % des victimes qui ont subi un traumatisme grave.
Le trouble se manifeste souvent par un sentiment de peur intense, d’horreur ou d’impuissance après un évènement traumatique.
Le patient présente des symptômes de tremblement, de battements du cœur rapides, et sueurs abondantes.
Le stress aigu se impacte sur l’humeur par l’anxiété, la déréalisation (c'est la sensation d'un environnement irréel) et la dépersonnalisation (l'impression d'un détachement du corps). C’est ce qu’on appelle des symptômes dissociatifs.
La victime a un comportement irritable et a un accès de colère face à une moindre provocation.
Elle souffre d’un syndrome de répétition de l’évènement contrastant avec une amnésie des faits.
La nuit, elle est encline au trouble de sommeil. Cela peut être accompagné par des cauchemars.
On constate aussi pauvreté voire un détachement affectif, ou au contraire une explosion émotionnelle.
Au niveau de l’attention, on observe un trouble ou au contraire une hypervigilance anxieux.
Un symptôme d’évitement est aussi constaté. La victime s’efforce d’éviter des lieux ou des personnes, dans le but de ne pas éveiller les souvenirs liés aux évènements traumatiques. Elle peut aussi présenter une agitation, voire une agressivité et aussi une réaction exagérée face à une exposition ressemblant à l’évènement traumatique.
Si l’état de stress aigu persiste, la victime finit par avoir un syndrome dépressif ou d’autres anxiétés. Pour s’en débarrasser, ce dernier a tendance à s’accoutumer à l’alcool et aux drogues.
Si le symptôme dure plus de 28 jours, on déduit que le patient est atteint d’un état de stress post-traumatique. Cela provoque une perturbation du fonctionnement social, affectif, professionnel. Cela peut également entrainer une souffrance significative.
La prise en charge du patient se passe dans les cellules d’urgence puis elle se fait en ville.
Les cellules d’urgences médico-psychologiques ont été mises en place dans les situations de catastrophe. Il s’agit d’une cellule spécialisée ayant certaines qualités comme l’écoute, l’empathie des victimes et aussi le repérage des sujets nécessitant une prise en charge immédiate.
Ensuite, le médecin traitant ou le psychologue soignent les victimes. Le psychiatre, lui, donnera un avis spécialisé.
Pour calmer l’état de stress aigu, il faut tout d’abord rassurer et écouter les victimes. Cela se passe dans un endroit calme.
Il est toujours possible d’administrer de la benzodiazépine, un médicament qui lutte contre l'anxiété. Il faut cependant veiller à ce que la durée de vie de la molécule et la durée de prescription soient les plus courtes possible. Cela a pour but d’éviter les effets de dépendance et d’accoutumance. L’arrêt du traitement doit se faire progressivement. Sachez néanmoins que ce médicament ne modifie pas l’évolution vers un état de stress post-traumatique plus important.
En outre, en traitement de fond, il faut surtout éviter d’utiliser la benzodiazépine de façon prolongée. Cela peut provoquer une addiction et provoque également une perte de son efficacité.
2 ou 3 jours après le traumatisme, un débriefing est nécessaire afin d’évoquer l’évènement ainsi que les émotions vécues. La victime a besoin d’écoute.
Un soutien familial et social joue alors un rôle très important pour le rétablissement.
Un des traitements du stress aigu peut être la pratique de la psychothérapie cognitivo-comportementale avec une restructuration des cognitions erronées (sentiment de culpabilité et dangerosité de l’environnement). Elle est accompagnée d’une technique d’exposition (on met progressivement la victime en contact de ses peurs). La thérapie peut durer de 4 à 18 séances. Son taux d’efficacité est autour de 50 %.
Il existe également d’autres traitements, mais leurs bénéfices sont incertains.
La désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires. On n’a pas de preuve d’efficacité et en même temps elle a un risque de dérapage.
La psychothérapie analytique : elle manque de preuve d’un effet bénéfique.
La psychothérapie immédiate au cours du traumatisme qui n’a pas de preuve d’effet bénéfique par rapport à une prise en charge retardée.
Les antidépresseurs quant à eux sont à éviter. Ils paraissent peu ou pas efficaces, quelle que soit la classe. Parmi ces antidépresseurs se trouvent les inhibiteurs de la capture de la sérotonine. La raison pour laquelle on les évite est que la balance bénéfique-risque n’est pas favorable.
L’état de stress aigu est une situation qu’on ne peut pas éviter et qui peut entraîner une consommation d’alcool et de drogue pour compenser le traumatisme.
Concernant l’évolution de l’état de stress aigu, 2/3 des patients se rétablissent dans l’année qui suit.