Fausse couche
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Il arrive qu’une grossesse soit interrompue prématurément suite à un processus naturel. On parle de fausse couche ou selon les termes médicaux d'« avortement spontané précoce ». Mais qu’est-ce que c’est ? Comment le reconnaître ? Que faire ? Retrouvez les réponses dans la suite de l’article.
La fausse couche correspond à une interruption spontanée de la grossesse survenant avant la viabilité de l’embryon. Selon l’OMS, le seuil de viabilité de l’embryon est défini à partir de la 22e semaine d’aménorrhée (arrêt des règles).
Autrement dit, ce phénomène se traduit par une expulsion ou un arrêt spontané de la grossesse avant 6 mois de grossesse.
En fonction du moment de survenue de l’interruption de grossesse, on peut distinguer deux types d’avortement spontané.
L’avortement spontané précoce: il se produit habituellement pendant le premier trimestre de la grossesse (avant la 14e semaine d’aménorrhée). Il n’est pas rare que l’arrêt de grossesse ait lieu avant même que la femme ne se rende compte qu’elle est enceinte.
L’avortement spontané tardif: il intervient à partir du 2e trimestre de la grossesse et avant la 22e semaine de l’arrêt des règles. Ce type d’avortement spontané est rare par rapport au précédent.
Il ne faut pas confondre fausse couche et œuf clair (œuf non fécondé). L’œuf clair correspond à une absence d’embryon mimant les symptômes d’une fausse couche.
Une interruption spontanée précoce de la grossesse peut être liée à une anomalie génétique soit de l’embryon soit de son développement. Elle est principalement associée à une anomalie chromosomique apparue au moment de la fécondation ou des premières divisions cellulaires (trisomie, diandrie ou tétraploïdie).
Un arrêt de grossesse à répétition peut suggérer une malformation de l’utérus, des anomalies chromosomiques des parents ou des perturbations immunologiques.
Un avortement spontané peut également être lié à d’autres facteurs que l’on pourra rechercher, notamment lors des cas de fausses couches répétitives. On peut citer :
l’âge de la maman : le risque de fausse couche est de 9% à 20 ans, de 20% à 35 ans, de 40% à 40 ans, et peut atteindre jusqu’à 80% au-delà de 45 ans ;
un IMC (indice de masse corporel) de la maman supérieur à 25 ;
l’âge du papa : autour de 45 ans ;
un diabète insuffisamment contrôlé ;
des maladies de la glande thyroïde comme l’hypothyroïdie ;
des dérèglements hormonaux ;
certaines maladies immunitaires à l’instar du lupus ; la maladie coeliaque, les troubles de la coagulation...
des antécédents d’accouchement prématuré ou d’IVG ;
des anomalies au niveau de l’utérus ou du col de l’utérus (par exemple : fibrome, polypes, endométriose ou ovaires polykystiques).
Parmi les facteurs externes de l’avortement spontané précoce, on peut citer :
des infections comme la toxoplasmose, la listériose, la rubéole, le cytomégalovirus, l’infection par les salmonelles, etc. ;
un épisode de forte fièvre ;
certains produits chimiques utilisés dans l’industrie ;
la prise de certains médicaments déconseillés pendant la grossesse ;
la consommation de plantes médicinales contre-indiquées pendant la grossesse telles que les plantes amères (absinthe, armoise, génépi, grande camomille, tanaisie...), les plantes laxatives irritantes (aloès, bourdaine, cascara, rhubarbe de Chine, séné...) et de très nombreuses autres plantes comme l’achillée millefeuille, le genévrier, la menthe pouliot, la sauge officinale, etc. ;
l’usage de drogues en particulier la cocaïne, l’héroïne et les amphétamines ;
la consommation de tabac et de boissons alcoolisées ;
la consommation excessive de café : selon certaines études, ce facteur est fréquemment lié à un risque accru de fausse couche ;
une amniocentèse ou un prélèvement des villosités choriales (placenta) : le risque d’expulsion de la grossesse oscille entre 0,5 et 1 % après ce type d’examen.
Il faut noter que contrairement aux idées reçues ni le sport ni le travail n’augmente le risque de fausse couche
Selon les chiffres, 15% des grossesses se terminent par un avortement spontané. Environ 30 % des femmes ont déjà fait l’expérience d’une fausse couche.
En cas de fausse couche, la femme enceinte peut ressentir ou subir :
des douleurs pelviennes ou dans le bas du dos (comparables aux douleurs ressenties pendant les règles) ;
des métrorragies plus ou moins abondantes (ce sont des hémorragies utérines se produisant en dehors des règles) ;
une expulsion de débris de tissus comme les caillots ou les membranes ;
une disparition des signes sympathiques de grossesse tels que les nausées ou les douleurs de seins.
À noter que si l’expulsion est totale, le cycle normal de la femme peut reprendre dès le mois suivant.
À l’inspection, on remarque que l’écoulement de sang est d’origine endo-utérine. Lors du toucher vaginal, le col est ouvert et indolore.
L’avortement spontané précoce peut prendre des formes compliquées :
des fausses couches à répétition (c’est à dire trois fausses couches successives) : cela requiert une recherche étiologique ;
une endométrite (inflammation de l’endomètre) : restant rare, cette complication peut se manifester par de la fièvre, des douleurs locales, des écoulements vaginaux… ;
une hémorragie qui peut causer une grande perte de sang. Cela peut s’accompagner de nausées, de vertige, de malaise ou de variation du rythme cardiaque.
Ce phénomène peut avoir des répercussions sur le plan psychologique pour les parents désirant ardemment une grossesse. Après une interruption spontanée de la grossesse, environ 38 % des femmes souffrent de stress post-traumatique qui se traduit par :
de l’anxiété ;
de la dépression ;
du profond sentiment de détresse ;
du comportement d’évitement : ces femmes évitent tout ce qui est susceptible de leur rappeler leur grossesse.
Les saignements peuvent être liées à une autre cause.
Examen biologique
Pour établir le diagnostic d’un avortement spontané précoce, on réalise ces bilans sanguins :
une NFS (numération de formule sanguine) : analyse des cellules sanguines ;
une RAI ABO Rh : pour connaitre le groupage sanguin ;
un HCG répétée deux fois : c’est le dosage de l’hormone de grossesse appelée HCG (hormone chorionique gonadotrope). Premièrement, il est bas, et deuxièment il baisse entre les deux dosages.
Échographie pelvienne
L’échographie pelvienne constitue le diagnostic de référence. Elle seule peut confirmer avec certitude la fausse couche à travers :
une vitalité négative de l’embryon (pas d’activité cardiaque, arrêt des mouvements)
un embryon hypoéchogène et aplati.
Si l’embryon n’apparaît pas sur l’échographie, il faudra penser à un autre diagnostic. Il peut s’agir d’un œuf clair et pas obligatoirement d’un avortement spontané.
En cas de fausse couche, un médecin généraliste, un gynécologue ou encore les urgences gynécologiques peuvent être sollicités.
Pour soulager les symptômes d’un avortement spontané précoce, il faut prendre des anti douleurs tels que le paracétamol, le naproxène ou l’ibuprofène.
Les fausses couches sont irréversibles. Il faut impérativement éliminer l’œuf mal formé.
Avant 8 semaines d’aménorrhée, il faut attendre que tout soit expulsé spontanément. Cela représente tout de même un risque d’hémorragie mais le corps de la femme peut le faire seul.
Au besoin, le médecin peut prescrire des prostaglandines. Les prostaglandines ont la capacité de provoquer les contractions de l’utérus.
C’est uniquement en cas d’échec des précédents traitements que le médecin envisagera une aspiration endo-utérine (curetage doux sous anesthésie générale). Le curetage est aussi prescrit en cas de problèmes de coagulation ou d’hémorragie. Il est accompagné d’un examen anatomopathologique.
Par contre, après 8 semaines d’aménorrhée, le médecin proposera directement une aspiration endo-utérine pour éviter les écueils précèdents.
Il est nécessaire de surveiller les effets indésirables des traitements pris ainsi que l’évolution de la fausse couche. Si elle n’est pas répétitive, elle n’a aucune conséquence sur les grossesses à venir.
Les risques de répétition sont accentués en fonction du nombre de fausses couches :
30 %après 2 avortements spontanés ;
40 % après 3 avortements spontanés.
Les mesures préventives de l’avortement spontané précoce peuvent s’effectuer à plusieurs niveaux.
Lutte contre les facteurs de risque de l’avortement spontané précoce
Avant et au cours de la grossesse :
arrêter de fumer, de consommer de l’alcool, de prendre de la drogue et de boire plus de 3 tasses de café par jour ; Cela demande parfois de se faire accompagner pour réussir ;
éviter les aliments crus pouvant exposer à une infection de type listériose ou toxoplasmose : viande crue, fruits de mer crus, produits laitiers non pasteurisés… ;
mettre son carnet vaccinal à jour, surtout la rubéole ;
revoir les indications de certains médicaments
Lutte contre les complications de l’avortement spontané précoce
Pour éviter les complications d’une fausse couche :
se faire accompagner pour vaincre la dépression et faciliter le deuil ;
en cas d’immunisation fœto-maternelle (rhésus négatif chez la maman et rhésus positif chez le papa), suivre un traitement à base d’immunoglobulines anti D (Rophylac) dans les 72 h suivant l’hémorragie.