Vertiges de Menière
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Le syndrome de Menière est une maladie qui touche l’oreille interne et se manifeste essentiellement par des vertiges. Cette maladie a des impacts négatifs considérables sur la vie quotidienne du patient, d’où l’intérêt d’en savoir plus. Dans cet article, vous allez découvrir ce qu’est réellement le syndrome de Menière, son diagnostic, les examens et les divers traitements.
La maladie de Menière (également orthographié Ménière) est caractérisée principalement par le vertige. Ce dernier est une illusion de déplacement ou de mouvement dans les 3 plans de l’espace. Autrement dit, il s’agit d’une sensation de rotation ou d’ébriété. Il est différent d’un malaise.
Cette maladie se traduit par des symptômes subjectifs erronés du mouvement de l’environnement par rapport au patient, ou du patient par rapport à l’environnement.
La maladie de Menière est en relation avec l’atteinte périphérique du système cochléovestibulaire.
Évoluant par poussées, on sait qu’elle est aussi liée à l’hyperpression du liquide endolymphatique ou « hydrops ». Pourtant, son étiologie n’a pas encore été clairement déterminée jusqu’à ce jour.
Le principal facteur de risque de la maladie de Menière est l’anxiété.
La maladie de Menière se retrouve chez un 1 patient sur 1000 à 10 000. Elle est généralement présente chez les individus de 20 à 50 ans. Cette maladie de l’oreille touche tous les genres, mais elle prédomine surtout chez les femmes (60 % des atteintes, contre 40 % d'hommes).
L'histoire de la maladie est caractérisée par des troubles de l’audition. 90 % du temps, seul un côté en est atteint, avec une intensité variable (de faible à forte).
Les symptômes évoluent en crises qui durent 20 minutes à quelques heures. Leur fréquence est variable : plusieurs fois par semaine ou par an.
La maladie de Menière peut se manifester également par des formes particulières :
le syndrome de Lermoyez (dans 5% des cas) : il se traduit par une sensation d’oreille bouchée et perte d’audition durant quelques jours. Le patient ressent aussi des vertiges avec la réapparition de l’audition.
Le syndrome de Tumarkin (5% des cas) avec des « drop attacks » ou sensation d’être poussé, pouvant parfois engendrer une tombée.
Quelquefois, le patient ressent une sensation d’affaiblissement total (position de prostration).
Puis la maladie de Menière est accompagnée de plusieurs symptômes. Les plus fréquents sont :
l’acouphène (sensation de bourdonnement, tintement, sifflement au sein de l’oreille) ;
la sensation de plénitude de l’oreille ;
l’hypoacousie (baisse d’audition) progressive, surtout pour les sons graves ;
les vertiges rotatoires intenses évoluant par poussées de début brutal, durant moins de 24 h. Ils sont accentués par le stress ;
les céphalées (maux de tête) ;
La personne peut aussi avoir des nausées, des vomissements, un malaise, des sueurs ou une diarrhée.
Les signes cliniques de la maladie de Menière sont la surdité de perception et le syndrome « vestibulaire périphérique » (complet, harmonieux, intense et brutal). Ce dernier est caractérisé par certains signes.
Un vertige rotatoire.
Un résultat de la manœuvre de Romberg positif : c'est la déviation vers le côté atteint lorsque le patient est debout, les yeux fermés et les bras le long du corps.
Une marche en étoile lorsque le patient se déplace d'avant en arrière, les yeux fermés
Une déviation des index vers le côté atteint à la fermeture des yeux avec bras et index tendus.
Signe de Fukuda : le patient marche sur place avec les yeux fermés : le patient tourne vers le côté atteint.
Un nystagmus de type ressort, horizontorotatoire, inhibé par la fixation oculaire (cela se manifeste par une secousse rapide du côté sain et une dérive lente du côté atteint. Le sens du nystagmus est donné par le sens de la secousse rapide)
Manoeuvre de Dix hallpike négatif (c'est quand l'examinateur penche brutalement la tête du patient, et qu'il recherche une secousses oculaire et des vertiges).
Les signes d'alertes sont les saignements d'oreille et les troubles neurologiques. Il convient dans ce cas d’aller au plus vite à l’hôpital pour faire des bilans et jouir d’une prise en charge rapide.
D'autres maladies sont parfois confondus souvent avec la maladie de Menière.
L'ORL procède à plusieurs examens pour confirmer le diagnostic de la maladie de Menière. Ce sont des examens très pointus que l'on ne vas pas détailler dans cette article.
1) L’Audiométrie
Elle permet d’évaluer la surdité. Elle est définie par une perte supérieure à 30 dB d'un côté ou 35 dB des deux côtés.
On peut également faire un :
tympanogramme qui doit être normal :
réflexe stapédien qui doit aussi être normal (donc surdité endocochléaire).
2) Les épreuves vestibulaires
L’épreuve vestibulaire comprend de nombreux tests pour évaluer les fonctions du vestibule.
La vidéonystagmographie (VGN) qui consiste à enregistrer des mouvements des globes oculaires.
L’épreuve calorique par la stimulation du vestibule avec de l’eau froide et de l’eau chaude.
L’épreuve rotatoire en tournant le fauteuil d’examen avec une vitesse plus ou moins rapide.
L’épreuve de la verticale visuelle subjective : dans l’obscurité, on demande au sujet de placer une barre en position strictement verticale. Si la situation de la verticale est mauvaise, on conclut une atteinte de certains capteurs de l’oreille interne. Cela explique également d’autres symptômes tels que l’instabilité.
Les potentiels évoqués otolithiques : examen permettant d’étudier le fonctionnement du vestibule. Il se réalise par l’enregistrement de l’activité des muscles du cou en rapport avec la stimulation de certains capteurs vestibulaires.
Les potentiels évoqués auditifs : examen qui étudie l’activité électrique des voies auditives et la variabilité des réponses face à des stimulations sonores.
Le test au glycérol qui est rarement effectué. Il consiste à ingérer une substance osmotique (glycérol ou mannitol) pour évaluer l’amélioration de la surdité. Il est positif s’il y a une amélioration de 10 dB sur au moins 3 fréquences.
3) L’imagerie par résonance magnétique ou IRM
L’IRM permet de vérifier l’absence d’autres causes de vertiges par une exploration spécialisée.
En cas de tableau incomplet, on réalise :
l’impédancemétrie multifréquentielle ;
le test de déphasage acoustique utilisant les otoémissions acoustiques et/ou les produits de distorsion acoustique ;
l’électrocochléographie qui permet d’analyser le rapport entre potentiel de sommation et potentiel d’action (PS/PA).
Un médecin généraliste dépistera la maladie mais adressera rapidement à un spécialiste en ORL.
Le pharmacien orientera et donnera ses conseils.
Le traitement des symptômes repose sur des données empiriques. Leur efficacité n’a été que faiblement prouvée.
En premier lieu, pour soulager les symptômes, on a recours :
au repos ;
à l’utilisation d’appareillage auditif ;
à l’écoute d’une musique de fond pour soulager les acouphènes ;
à l’évitement des bruits forts ;
au port de casques de protection aident également en cas d’acouphènes.
Ensuite, il y a d’autres choix de traitements symptomatiques comme l’administration de l’acétylleucine TANGANYL. C’est un anti-vertigineux, quasi placebo. Ce médicament a peu d’effets indésirables graves.
Ces médicaments n’ont pas de bénéfices certains et pourront êtres testés en l'absence d'alternative :
le sulpiride DOGMATIL ;
les corticoïdes en cure courte.
Ces médicaments par contre sont à écarter.
Béta histine : il n’y a pas de consensus sur le dosage max, mais la dose est en général de 48 mg par jour en 2 prises. Ce médicament n’est pas plus efficace que le placebo. De plus, il présente des effets indésirables.
Le chlorhydrate de méclozine AGYRAX : son efficacité n’est pas encore prouvée. Il présente également des effets secondaires.
Le piracétam qui est un psychostimulant non prouvé et aux effets indésirables.
Les anxiolytiques (en cas d’anxiété) qui n’ont pas d’effets positifs prouvés. Qui plus est, ils provoquent des effets secondaires tels que des vertiges.
Le diménhydrinate NAUSICALM : c’est un antihistaminique H1 atropinique qui est à la fois un sédatif. Il entraine des effets indésirables graves.
Le diphénhydramine NAUTAMINE qui est également un antihistaminique H1 atropinique et sédatif aux effets indésirables graves.
La scopolamine en patch qui présente aussi des effets indésirables.
Alizapride, dompéridone, métoclopramide PRIMPERAN : médicaments avec des effets indésirables majeurs.
Il n’existe pas encore de traitement du fond satisfaisant pour traiter la maladie de Menière.
En effet, les effets de la majorité des médicaments ci dessous ont des bénéfices très incertains. Seuls les spécialistes en ORL seront ammenés à prescrire ce genre de traitements.
Les substances hyperosmotiques telles que le mannitol, dont l’effet est transitoire.
Les injections transtympaniques de corticoïdes comme le dexaméthasone à 4mg/ml.
Les injections transtympaniques de gentamycine qui sont efficaces sur les vertiges. Toutefois, elles présentent un risque de dégradation auditive. C’est pourquoi leur utilisation n’est recommandée qu’en cas de surdité de grade A.
Les corticoïdes en traitement oral au long cours.
Les médicaments diurétiques tels que les hydrochlorothiazides, l’acétazolamide, le chlorthalidone, l’hydrochlorothiazietramtérène.
la kinésithérapie vestibulaire réalisée en période inter-critique uniquement : compensation vestibulaire controlatérale,
La rééducation orthoptique.
L’intervention chirurgicale est également un recours pour traiter la cause de cette pathologie de l’oreille. Par ordre d’escalade thérapeutique, on peut citer différents types d’opérations.
Un aérateur transtympanique : efficacité de 68 %.
Une décompression du sac endolymphatique : en faisant une incision ou un shunt. C’est une chirurgie qui ne présente que peu de risques auditifs.
Une section du nerf vestibulaire, en cas d’atteinte unilatérale. Son efficacité est proche de 100 %, mais elle présente 2 % de risque de cophose.
Une labyrinthectomie, c’est-à-dire une ablation du labyrinthe. Cela détruit la fonction de l’équilibre et aussi de l’audition de façon définitive.
Une oblitération des canaux semi-circulaires. Cette chirurgie est peu étudiée, pourtant son efficacité serait environ à 82 %.
L’évolution de la maladie est variable et imprévisible. Elle se manifeste par quelques crises par semaines à quelques crises par an. De plus, sa durée varie de 5 à 20 ans.
Elle nécessite donc une surveillance, bien qu’avec le temps, les symptômes et les crises deviennent moins fréquents. Les rémissions (ou périodes sans crises) peuvent alors avoir une durée variable, mais de plus en plus longue.
Certaines gênes peuvent parfois persister : la perte d’audition (par coups ou de manière progressive), le trouble de l’équilibre et l’acouphène. Il convient de faire un contrôle régulier chez le médecin traitant.
La prévention consiste surtout à lutter contre les complications par :
un soutien psychologique par le biais d’accompagnement, d’un groupe de paroles et d’une relaxation pour le côté psychologique ;
un accompagnement à l’arrêt de drogues telles que le tabac ;
la recherche d’apnée du sommeil ;
En outre, il y a d’autres moyens préventifs contre la maladie de Menière qui n’ont pas encore été bien évalués :
la réduction de la consommation de sel ;
une meilleure hygiène du sommeil
la suppression des aliments contenant de la caféine (café, thé, coca-cola, thé, chocolat...)