Parodontopathie
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Les maladies de la gencive peuvent entraîner une destruction du tissu de soutien des dents ainsi qu’une perte des dents en l'absence de traitement. Elles touchent 20 à 50 % des adultes et 50 % des enfants. Dans cet article, nous allons faire le point sur la maladie de la gencive: définition, diagnostic, traitements et préventions.
Le terme médical est parodontopathie.
La maladie des gencives regroupe principalement :
les gingivites : atteintes réversibles limitées aux gencives ;
et les parodontites : ce sont des atteintes plus globales et irréversibles de la gencive et de l'os.
La maladie de gencive est une infection bactérienne. Elle est souvent causée par des défauts d’hygiène bucco-dentaire. Les débris alimentaires et la salive forment une pellicule blanche ou un peu jaune qui colle aux dents, c’est la plaque dentaire. Avec le temps, cette plaque se calcifie au-dessus de la gencive, au niveau de l’émail et en dessous de la gencive, formant le tartre.
Le tartre est généralement présent sur la face interne des incisives et sur la face externe des molaires de la mâchoire supérieure.
L’inflammation est liée à une irritation locale due au tartre qui constitue un support idéal pour la flore pathogène buccale. Quand elle est associée à une contamination par les bactéries, une destruction de la gencive peut survenir.
La maladie de gencive est une maladie infectieuse assez répandue. Cette maladie touche un enfant sur deux. Elle touche également presque tous les adolescents et environ 50 % des adultes.
La gingivite est le premier stade. Elle peut durer des mois, voire des années.
Voici les signes qui caractérisent la gingivite :
rougeur et boursouflure des gencives ;
saignement des gencives lors du brossage des dents, lors du nettoyage de l’espace intermédiaire ou en mangeant ;
mauvaise haleine ;
douleurs sans arrêt des gencives.
Décoloration de la gencive, tartre
La parondontite profonde
Il s’agit d’une inflammation plus profonde de l'intérieur d'une dent. C’est le stade local de la diffusion de l’infection. Elle est caractérisée par une douleur spontanée, lancinante, pulsatile, permanente avec recrudescence nocturne continue. Celle-ci s’accentue avec le chaud, la position couchée et la lorqu'on touche la dent.
La parodontite est généralement localisée sur une dent légèrement mobile. La douleur peut être soulagée par le froid. Cependant, elle engendre une sensation d’une « dent longue » ou « élastique » (douleur provoquée par le contact de la langue ou de la dent qui viens au contact d'elle).
L’examen de la bouche met souvent en évidence une carie hyper-douloureuse et une inflammation locale. Les tests de chaud et froid sont, quant à eux, négatifs, car la dent est mortifiée.
La parodontite plus profonde, ou granulome apical
Il s’agit de l’atteinte encore plus profonde de l’os situé au contact de la dent. Le granulome apical est accompagné d’une formation d’un tissu de granulation pouvant contenir des germes (foyer infectieux latent).
Le granulome apical occasionne une douleur modérée ou absente. Il entraîne aussi une légère mobilité dentaire.
La parodontite infectée : l'abcès
Marqué par une douleur lancinante soudaine, l’abcès désigne des complications infectieuses locale
Bien qu’elles soient rares, d'autres complications de la parodontopathie existent.
La gingivite ulcéro-nécrotique
La gingivite ulcéro-nécrotique touche surtout les personnes immunodéprimées. Elle se manifeste par :
une gingivorragie (hémorragie des gencives) ;
une pétéchie (petites taches rouge violacé) ;
une hypertrophie gingivale ou gencive blanche (liée à l’anémie).
La gingivite odontiasique
C’est une complication liée à l’éruption dentaire. Ses caractéristiques :
une péricoronarite de la dent de sagesse inférieure chez l’adulte ;
des douleurs importantes au niveau de la gencive ;
une odynophagie (douleur lors de la déglutition) ;
une adénopathie cervicale réactionnelle.
En cas de parodontopathie, consulter un dentiste. Il peut faire le diagnostic et prescrire le traitement nécessaire. Le médecin généraliste vient en soutient. Un avis d'un médecin de chirurgie maxillo facial est parfois nécessaire en cas de complication. Le pharmacien sera présent pour délivrer les conseils et orienter si besoin.
Les douleurs liées à l'inflammation des gencives se traitent comme toutes les douleurs : avec des antalgiques simples comme paracétamol, ou par des paliers plus élevés comme tramadol, codéine ou directement de la morphine. L'utilisation des anti-inflammatoires tels que ibuprofène et naproxène doit être limitée car ils masquent les signes inflammatoires et donc les possibles aggravations.
Selon l'état des gencives, le dentiste choisira entre différents soins :
Traitement conservateur : sous anesthésie locale, le dentiste enlève avec une minuscule meule, la fraise, la partie cariée de la dent. Il nettoie la cavité jusqu’à la partie saine de la dent. Puis il bouche la cavité avec un produit inerte, le plombage, qui ne réagit pas avec l’organisme : des résines composites, par exemple. Parfois il faut dévitaliser la dent, c’est-à-dire retirer la pulpe qui est au centre est nécessaire lorsque la carie est très profonde
Avulsion dentaire : lorsque la conservation n'est plus possible
Antibiotiques
A noter que les bains de bouches antiseptiques sont d'efficacité limitée. On peut les utiliser mais seulement en traitement court. Sinon ils abîmeraient la flore buccale et font pires que mieux.
Dans 80 % des cas, l’évolution de cette maladie est favorable avec l’absence du saignement des gencives et l’arrêt de la destruction osseuse. La guérison de la maladie de gencive dépend principalement de l’investissement de la personne dans la prise de mesure d’hygiène buccodentaire.
En premier lieu, il faut éliminer la plaque dentaire par un brossage quotidien des dents (deux fois par jour en priorité le soir) durant 2 minutes et compléter par un nettoyage des espaces interdentaires. Rassurez vous, le risque de rétraction gingivale par le brossage des dents n’est pas démontré. Il n’y a pas d’arguments pour préférer un brossage horizontal, vertical ou circulaire donc faites comme vous voulez. Il faut aider l’enfant s’il n’y arrive pas.
Il faut noter que les mouvements de la langue contribuent à la protection des dents en enlevant les débris alimentaires.
En second lieu, il est nécessaire de faire régulièrement un détartrage chez le dentiste (une fois par an semble raisonnable pour les patients à risque faible). Pour les porteurs de valves cardiaques, des antibiotiques sont prescrits pendant le détartrage. Les plus couramment utilisées sont la clindamycine 600 mg et l’azithromycine 500 mg (si le patient est allergique à la clindamycine). Il faudra en prendre 3 g, une heure avant l’intervention.
Pour les personnes qui portent un appareil orthodontique, il faut apprendre à savoir le nettoyer.
L’utilisation d’une brosse à dents électrique est plus efficace à court terme pour éliminer la plaque, mais elle ne présente pas d’avantages à long terme démontré.
Les méthodes suivantes n’ont pas d’efficacité vraiment démontrée pour éliminer la plaque dentaire, mais peuvent être tentées tout de même :
Mâcher du chewing-gum sans sucre occasionnellement pour aider à décoller la plaque dentaire et stimuler la salive.
Faire des bains de bouche occasionnels
Enfin, il faut éviter les bains de bouche à base de chlorobutanol. Il peuvent provoquer des convulsions et un problème respiratoire.
Pour prévenir les parodontopathies, il faut principalement privilégier l’hygiène buccodentaire en réduisant la prolifération bactérienne.
a) Limiter le sucre
Réduire le sucre permet d’éviter la prolifération des bactéries. Dans ce cas, il faut éviter de manger des aliments sucrés la nuit et le soir (boisson, aliments).
Surveiller les situations à risque de développer la carie
On parle de
chevauchement de dents, de frein de langue court
dents de sagesse incluses ou enclavées ;
Ou d’antécédents familiaux de mauvaises dents.
b) Réévaluer des traitements à risque de fragiliser les dents
Faites attention avec ces médicaments qui peuvent engendrer des problèmes de gencives:
anticoagulants et antiagrégants plaquettaires ;
AINS (antiinflammatoires) ;
pénicillines à forte dose, céphalosporines ;
acide valproïque ;
antiépileptiques surtout la phénytoïne ;
inhibiteurs calciques notamment la nifédipine ;
immunosuppresseurs, surtout la ciclosporine.
c) Éviter les facteurs de risque
Voici les principaux facteurs de risque d’une maladie de gencive.
Tabac.
Substances psychoactives : cannabis, cocaïne, métamphétamine, héroïne.
Respiration buccale.
Mycose de bouche
Diabète non équilibré.
Prenez le temps de les traiter un par un. En cas de besoin, prendre un accompagnement pour réussir les objectifs fixés.