Cancer de l'endomètre
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Le cancer de l’endomètre concerne la paroi interne du corps de l’utérus. Après le cancer du sein, il s’agit du quatrième cancer féminin et du cancer gynécologique le plus rencontré. Dans cet article, découvrez tout ce qu’il faut savoir sur le cancer de l’endomètre.
Le cancer de l’endomètre désigne la prolifération de cellules anormales au niveau de l’endomètre.
Le cancer de l’endomètre a une évolution lente qui est longtemps locorégionale. C’est une tumeur hormono-dépendante : elle est favorisée par les œstrogènes et diminuée par la progestérone.
Le cancer de l’endomètre est le cancer gynécologique pelvien le plus courant en France. On compte 6 000 nouveaux cas par an.
Ce type de cancer est souvent détecté vers l’âge de 68 ans.
Il est plus fréquent chez les personnes ayant :
des antécédents familiaux de cancer de l’endomètre ou du côlon (syndrome HNPCC aussi appelé Lynch) ;
une imprégnation hormonale forte : une puberté précoce, une ménopause tardive, un traitement par hormone de substitution (contraception orale ; protecteur), ou tamoxifène (médicament antihormonal).
l’irradiation utérine, les ovaires polykystiques,
l’obésité, l’hypertension artérielle ou le diabète (le tabac serait un protecteur) ;
des antécédents obstétricaux suivants : peu ou pas de grossesse, pas d’allaitement ;
Les principaux symptômes du cancer de l’endomètre sont les suivants :
des saignements vaginaux indolores, irrégulières, brutales et spontanées, d’abondance moyenne et post ménopausiques ;
des leucorrhées purulentes ou claires ou d'aspect rosé (ce sont des écoulements vaginaux anormaux)
des douleurs pelviennes en cas de forme évoluée.
Lorsque le médecin palpe l’abdomen, il découvre une augmentation du volume de l’utérus ainsi que des ganglions localisées dans les plis des cuisses.
La vulve peut manifester une anomalie lors d’une inspection au spéculum. Il faudra également faire un frottis cervico-utérin de manière systématique.
Lors d’un toucher vaginal, l’utérus est sensible, de consistance molle et avec un aspect globuleux.
Le diagnostic du cancer de l’endomètre se fait en trois phases : suspicion, confirmation et extension.
A) Suspicion : échographie sus-pelvienne et endovaginale
En cas de suspicion d’un cancer de l’endomètre, une échographie sus-pelvienne et endovaginale est prescrite. L’échographie Doppler aide à distinguer si la tumeur est vascularisée ou non.
B) Examens de confirmation
Pour confirmer le diagnostic, il faut réaliser une hystéroscopie et un curetage par biopsie étagée. La tumeur est hémorragique au contact et bourgeonnante.
À l’examen anatomopathologique :
dans 80% des cas, on retrouve un adénocarcinome ;
et dans 10% des cas, on retrouve un adénocarcinome avec cellules malpinghiennes (appelé adénoacanthome).
Un frottis de l’endomètre ou une biopsie de l’endomètre à l’aveugle permet également de déterminer l’anatomie pathologique du cancer de l’endomètre. Il faut cependant faire attention aux faux négatifs qui sont nombreux.
C) Examens d’extension
Pour évaluer l’extension régionale du cancer, il convient de réaliser des examens complémentaires de la région concernée.
Un scanner ou une IRM pelvienne associée à une IRM des aires ganglionnaires lombo-aortiques.
Une cystoscopie.
Une rectoscopie s’il y a un signe d’appel digestif.
Pour évaluer la propagation à distance du cancer, il convient de faire une radiographie pulmonaire et une échographie hépatique.
Le cancer de l’endomètre n’a pas de marqueur tumoral spécifique. Toutefois, pour évaluer la réponse au traitement, il est possible de discuter le dosage initial du CA 1.25 en cas de suspicion d’extension régionale (stade III/T3 et/ou N1 ou plus), d’atteinte ovarienne ou de type 2 histologique.
La détermination du stade du cancer est essentielle afin de bien choisir le traitement adéquat.
La classification FIGO et TNM (Tumor Node Metastasis) sont les plus utilisées dans le cadre d’un cancer de l’endomètre.
Pour demander des conseils concernant le traitement du cancer de l’endomètre, consulter un pharmacien. Il peut aussi vous orienter vers un médecin généraliste en vue d’un diagnostic. Il orientera vers un spécialiste tel qu’un gynécologue ou un oncologue si besoin. Ces derniers sont en mesure de traiter le cancer sur un avis de la réunion de concertation pluridisciplinaire.
Pour atténuer les symptômes du cancer de l’endomètre, il faut analyser la situation au cas par cas.
Le traitement du cancer de l’endomètre doit suivre l’avis de la réunion de concertation pluridisciplinaire.
Hystérectomie totale avec salpingo-ovariectomie bilatérale
Il s’agit d’une intervention chirurgicale qui consiste à enlever l’utérus. La réalisation de gestes supplémentaires (lymphadénectomie, omentectomie ou ablation de l’utérus ou de l’ovaire) dépend du stade clinique, du type histologique et du grade. La voie cœlioscopique doit être privilégiée. La laparoscopie est indispensable en cas de gros volume tumoral. La voie vaginale exclusive est à réserver aux patientes à très haut risque chirurgical.
Radiothérapie
Une irradiation peut être réalisée par radiothérapie externe et/ou curiethérapie (c'est à dire au contact direct de la tumeur). La modalité la plus fréquente est la curiethérapie complémentaire à haut débit de dose.
Une chimiothérapie adjuvante peut être discutée en complément.
Une hormonothérapie adjuvante
Elle peut être indiquée en cas de métastase. On utilise l’acétate de médroxyprogestérone par voie orale, à la dose de 500 mg par jour. En cas de contre-indication, on peut utiliser des anti-œstrogènes.
Un traitement hormonal substitutif avant 50 ans
Les patientes ayant eu une ovariectomie peuvent bénéficier d’un traitement uniquement œstrogénique avec les précautions habituelles nécessaires.
Le suivi après le cancer de l’endomètre est essentiellement clinique. Il correspond à un examen gynécologique au spéculum et un toucher pelvien.
Il convient de lutter contre les diverses complications:
Le lymphœdème (inférieur à 10 % des cas): ceci est lié à la chirurgie ganglionnaire, la radiothérapie, une thrombose veineuse ou une récidive. Il peut être atténué par le port de bas de contention type 2 ou 3 associés à la kinésithérapie.
Le lymphocèle (c'est un kyste de lymphe localisé): il convient de faire un scanner ou une échographie.
Les effets indésirables de la chimiothérapie et de la radiothérapie : il faut les prendre en charge au cas par cas.
Le suivi doit être réalisé tous les 4 à 6 mois, durant les 3 premières années, puis annuellement.
Il n’y a pas d’indication pour les examens de biologie, d’imagerie ni pour les frottis vaginaux systématiques.
Cependant l’apparition de douleur pelvienne ou de signes de compression (comme un lymphœdème) peut justifier une tomodensitométrie abdomino-pelvienne à la recherche d’une récidive.
La survie globale à 5 ans, en stade localisé ou en tous stades confondus est de 95%.
Après un cancer de l’endomètre, il faut se méfier d’un second cancer à la vessie, au sein ou au côlon.
Dans le cas où la patiente atteinte est jeune (moins de 50ans) il est important d’effectuer un dépistage de toute la famille au premier degré et chercher le syndrome HNPCC (héréditary non-polyposis colorectal cancer) appelé aussi syndrome de Lynch.
Il faut également traiter les facteurs de risque comme l’hypertension artérielle, le diabète et l’obésité.