Arthrose de rachis
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L’arthrose du rachis est une maladie fréquente au niveau de la colonne vertébrale à l'origine de douleur plus ou moins intense. Dans cet article, nous allons faire le point sur cette pathologie articulaire de la colonne vertébrale et savoir quels sont les traitements appropriés.
L’arthrose est une affection due à l’altération progressive et irréversible des cartilages articulaires. Elle fait partie des « rhumatismes », c'est à dire des atteintes articulaires.
L’arthrose du rachis correspond à l’usure du cartilage au niveau de la colonne vertébrale.
La véritable cause de l’arthrose du rachis est encore inconnue. Toutefois, l’hypothèse le plus évoquée soutient le fait qu’elle est probablement liée à la diminution progressive du cartilage ainsi qu’à la remodélisation de l’os sous-jacent (augmentation du volume). C’est un phénomène inflammatoire.
L’arthrose du rachis peut toucher différents niveaux de la colonne vertébrale, à savoir :
la région cervicale (le cou) ;
la région dorsale (le dos) ;
la région lombaire (le bas du dos, au niveau des « reins »).
L’arthrose lombaire est la forme la plus fréquente. Il peut s’agir d’une lombo-discarthrose (usure des disques entre les vertèbres) ou d’une arthrose inter-apophysaire postérieure (destruction du cartilage articulaire entre les parties saillantes des vertèbres).
L’arthrose du rachis peut être aggravé en présence de facteurs de risques, à savoir :
l’âge ;
les contraintes mécaniques (activités physiques intenses) ;
la génétique.
L’arthrose rachidienne touche 3 fois plus de femmes que d’hommes.
L’arthrose du rachis se manifeste par des troubles qui évoluent par poussées.
Les symptômes les plus courants d’une arthrose de la colonne vertébrale sont :
une douleur d’intensité variable au niveau cervical (occiput, épaules), dorsal ou lombaire qui se manifeste par poussées matinales ou diurnes. Elle est accentuée par la mobilisation et diminuée par le repos ;
un dérouillage matinal court (inférieur à 15 minutes) ;
des contractures musculaires.
À l’inspection, on constate une diminution de l’amplitude articulaire du dos.
À la palpation, le patient ressent une douleur localisée et des contractures au niveau des muscles du dos.
L’arthrose rachidienne peut occasionner une compression de nerf, qui se traduit par une irradiation le long d’un nerf (par exemple le nerf de la jambe, ou sciatique).
Des fois, l’arthrose du rachis est confondue avec d’autres maladies articulaires, telles que la polyarthrite rhumatoïde, le rhumatisme psoriasique ou la spondylarthrite ankylosante. Toutes ces pathologies se manifestent par une douleur nocturne.
Une radiographie de la zone douloureuse est indispensable pour confirmer le diagnostic de l’arthrose du rachis. Elle permet de détecter les signes caractéristiques d’une arthrose rachidienne :
un pincement articulaire ;
la présence d'une excroissance osseuse (ostéophytes) ;
la condensation de l’os sous-chondral (os en dessous du cartilage) ;
la présence de perte osseuse (géodes).
Il faut noter que l’examen radiologique ne permet pas d’évaluer l’intensité des symptômes puisqu'il n'y a pas de lien stricts entre les dégâts vus en radio et l'intensité des symptômes.
Une prise de sang peut être également nécessaire pour vérifier l'absence de syndrome inflammatoire biologique (pas d'augmentation de la CRP et leucocytes normaux)
Le pharmacien et les professionnels de santé de ville sont en mesure d'orienter et de donner des conseils.
Un médecin généraliste peut effectuer un diagnostic. Si besoin, il adressera à un rhumatologue qui est un spécialiste des articulations.
Pour soulager les symptômes d’une arthrose rachidienne, il existe deux approches bien distinctes : non médicamenteuse et médicamenteuse.
Concernant la méthode non médicamenteuse, le patient doit réaliser une activité physique comme un renforcement musculaire ou une autre activité similaire. L'effet bénéfique est prouvé.
L’électrostimulation du dos a quant à lui un effet placebo mais qui peut être appréciable.
Les techniques suivantes ont des bénéfices incertains contre les symptômes de l’arthrose du rachis :
la kinésithérapie : le bénéfice pour cette approche est non démontré, mais elle est sans risque démesuré. Idem pour l'utilisation des ultrasons ;
le port d’une orthèse ;
l’utilisation d’une canne ;
l’application du chaud ou du froid sur la zone douloureuse ;
la balnéothérapie (cure par les bains).
Pour le traitement médicamenteux, le paracétamol est indiqué en première intention pour apaiser la douleur. Il peut être remplacé par un antiinflammatoire local (dont l'effet est modeste et fugace comme le diclofenac en gel) ou par un anti inflammatoire par voie orale tel que l’ibuprofène ou le naproxène.
La morphine, la codéine et le tramadol sont également des alternatives si la douleur est très intense.
En dernier recours, les corticoïdes par voie orale en cure courte peuvent être utiles.
Les corticoïdes en injection ont un effet antalgique transitoire, mais son efficacité est non démontrée sur la gêne fonctionnelle.
Les médicaments suivants sont par contre à écarter :
Coxibs, acéclofénac, diclofénac, piroxicam : ce sont des antiinflammatoires avec trop d’effets indésirables et ne sont pas plus efficaces ;
Kétoprofène : par voie orale, il a des effets indésirables. En gel, ses effets indésirables sont plus importants par rapport aux autres AINS. ;
Insaponifiables d’avocat et de soja : ils n’ont pas d’effets bénéfiques, mais ils ne sont pas exempts d’effet indésirable ;
Harpagophyton alias griffe du diable : c’est une plante africaine dont la racine s’utilise couramment pour soulager une douleur articulaire mineure. Elle ne présente pas d’effet bénéfique, mais elle est non exempte d’effet indésirable.
Jusqu’à maintenant, il n’existe pas de traitement efficace pour soigner définitivement l’arthrose du rachis, n'en déplaise aux faux médicaments.
Il faudra les éviter:
l’acide hyaluronique en injection intra-articulaire. Il s’agit d’un composé physiologique secrété par certaines cellules de la synoviale. Des effets indésirables parfois graves ne justifiant pas son efficacité modeste ;
la glucosamine : pas d’effet bénéfique, mais non exempt d’effet indésirable ;
la chondroïtine : c’est une substance présente dans les cartilages. Elle n’a pas d’effet bénéfique, mais est non exempte d’effet indésirable ;
la diacéréine : ses effets indésirables sont disproportionnés et elle n’a pas d’effet bénéfique démontré.
L’arthrose du rachis évolue par poussées.
Pour prévenir une arthrose rachidienne, il faudra traiter un éventuel surpoids.
Il faudra aussi arrêter la prise de médicaments provoquant une douleur articulaire.