Tabagisme
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Le taux de mortalité lié au tabagisme reste très élevé malgré les nombreuses campagnes antitabac. Les milliers de toxines contenus dans le tabac exposent les fumeurs ainsi que leur entourage à des risques majeurs, pourtant évitables. Complications, tests de dépendance, et traitements du tabagisme… voici tout ce que vous devez savoir pour vaincre le tabac !
Le tabagisme est connu de tout le monde par le fait de fumer de la cigarette. Ce n’est pas tout à fait faux. Cependant, il s’agit plus globalement de l’inhalation de nicotine ainsi que des produits dérivés du tabac.
Vous le savez déjà, la fumée de la cigarette contient des milliers de molécules toxiques pour l’organisme. Le plus connu d’entre eux est évidemment la nicotine. Cette dernière est surtout responsable d’une altération des fonctions cardiaques (augmentation de la fréquence des battements du cœur et de la tension artérielle). Le monoxyde de carbone du tabac, en revanche, est responsable de problèmes pulmonaires. En effet, il entrera en compétition avec l'oxygène dans le sang du fumeur lui causant des essoufflements dès le moindre effort.
En France, 28 % des hommes et 21 % des femmes sont concernés par le problème du tabagisme. Cette prévalence est plus élevée chez les personnes dans des conditions socioprofessionnelles défavorisées.
La majorité des fumeurs ont parfaitement conscience du danger que représente le tabagisme. Ils sont alors torturés à l’idée de trouver le moyen pour se sevrer. C’est souvent un motif de consultation chez un médecin. On appelle cela la dépendance.
La dépendance au tabac est un problème majeur pour les fumeurs. En effet, ils sont assujettis à cette drogue ce qui entraîne divers troubles physiques et psychiques s’ils sont en manque.
Voici un test qui permettra de savoir où les fumeurs en sont dans leur consommation :
1-Combien de cigarettes fumez-vous par jour ?
10 ou moins : 0 point
11 à 20 : 1 point
21 à 30 : 2 points
31 ou + : 3 points
2-Dans quel délai après le réveil fumez vous votre première cigarette ?
Moins de 5 minutes : 3 points
6 à 30 minutes : 2 points
31 à 60 minutes : 1 point
Plus d'une heure : 0 point
Si vous obtenez
0 ou 1 point : vous n'êtes pas dépendant.
2 à 3 points : dépendance modérée
4-5-6 points : dépendance forte
Le risque de mortalité et de maladie lié à la consommation de tabac est d’autant plus important que le nombre de cigarettes fumées et la durée de consommation sont importantes. Voici les complications potentielles du tabagisme.
Surdosage en nicotine : tremblements, convulsions, maux de tête, troubles digestifs (vomissements, diarrhées), troubles cardiaques.
Maladies cardiovasculaires : infarctus, AVC, troubles de l’érection, retard de cicatrisation des plaies...
Exacerbations d’asthme, asthme : crises d’essoufflement aigu avec sifflements.
BPCO (Bronchopneumopathie chronique obstructive) : essoufflements dans la durée.
Pathologies de grossesse : grossesse extra-utérine, éclampsie, placenta praevia, ruptures prématurées des membranes, menace d’accouchement prématuré, fausses couches spontanées, retard de croissance du bébé pendant la grossesse, mort subite du nouveau-né fréquent.
Reflux gastrite : douleurs épigastriques
Infertilité
Ostéoporose, retard de consolidation des fractures (fracture liée à un traumatisme peu violent).
Cataracte : difficulté à voir chez un sénior.
Pathologies dentaires : dents noires, gencives grisâtres.
Bronchite chronique, insuffisance respiratoire : toux, difficulté à respirer.
Cancer du poumon, ORL, digestifs, urologiques, génitaux : fatigue, perte d’appétit, perte de poids, toux.
Reflux gastro-œsophagien chez les nourrissons : il survient lorsque quelqu’un fume à côté d’un nourrisson.
Les examens paracliniques présentent peu d’intérêts dans le cadre du tabagisme. Dans de rares cas comme le suivi du sevrage, il peut être utile de doser la cotinine présente dans le sang du fumeur. Il s’agit du métabolite prédominant de la nicotine. Il permet d’évaluer le degré d’exposition au fumé de la cigarette.
Il est également possible de doser le taux de monoxyde de carbone (CO) expiré à des fins de diagnostic ou de surveillance.
Stopper la prise de cigarette est un grand défi. Afin de surmonter cette épreuve dans les meilleures conditions, il faut un plan d’action précis et parfois des médicaments appropriés. Pour cela, il faut orienter premièrement vers un médecin généraliste ou un tabacologue. Un psychiatre peut aussi être utile si les symptômes sont sévères ou si l’addiction est liée à un trouble psychique particulier.
Dès que le patient arrête de fumer, les symptômes de sevrage apparaîtront. Les sensations de troubles seront davantage plus vives en fonction de la durée de l’abstinence. Pour calmer ces désagréments, il existe différentes solutions.
Les substituts nicotiniques : patch, gommes à mâcher, comprimés sublinguaux, comprimés à sucer, cartouches pour inhalation buccale, solutions pour inhalation buccale. Ils calment le manque et possèdent une efficacité de 16 %. Ils peuvent être utilisés chez les femmes enceintes et allaitantes.
La varénicline CHAMPIX (agoniste partiel de la nicotine) : elle est efficace, mais peut entraîner de nombreux effets indésirables comme des hallucinations, de l’agressivité, la dépression, les idées d’homicide ou de suicide, des troubles cardiaques, etc. Ce médicament ne convient pas aux femmes enceintes et allaitantes.
La cigarette électronique semble avoir les mêmes effets que les substituts nicotiniques. Les effets secondaires sont par contre peu connus.
En revanche, certains traitements pour arrêter de fumer ne sont pas très appropriés. Les faux médicaments dans cette situation :
le bupropion zyban : médicament proche des amphétamines. Il déclenche de nombreux troubles psychiques (agressivité, dépression, idées suicidaires).
les anxiolytiques : pas d’efficacité démontrée et expose aux effets de dépendance.
Voici quelques mesures et conseils à délivrer pour réussir à stopper de la cigarette.
Se préparer au manque : suivre un coaching antitabac, collectif ou individuel pour avoir un soutien psychologique. C'est un élément essentiel car savoir n'est pas vouloir.
Marquer sur une feuille la décision d’arrêter de fumer et le faire signer par ses proches : la cohérence interne limite les tentations externes et augmente les soutiens.
Marquer les raisons de ses propres raisons d’arrêter et les bénéfices.
Identifier les obstacles qui empêchent de réussir
Changez d'environnement : jeter tous les paquet, ne plus en racheter, ne plus fréquenter les lieux des fumeurs.
Changer les habitudes : évitez les endroits des fumeurs.
Il est aussi possible de suivre des thérapies cognitivo-comportementales chez un professionnel compétent mais leur efficacité est modeste.
L’acupuncture et l’hypnose restent par contre encore mal évalués dans le sevrage tabagique.
Arrêter de fumer est une tâche ardue, il faut à la fois du courage et de la volonté. Il faut absolument les faire accompagner.
C'est un défi noble, et réussir en vaut vraiment la peine. Les complications cardiovasculaires diminuent fortement en 5 ans. Les troubles respiratoires s’améliorent eux aussi, sans revenir toutefois au niveau des non-fumeurs. On constate toutefois une prise de poids de l’ordre de 5 kg chez les anciens fumeurs donc faites les suivre une alimentation équilibrée.
Les campagnes antitabac restent la meilleure solution pour prévenir le tabagisme. Il faut absolument sensibiliser les jeunes sur les inconvénients de la cigarette sur leur santé, leur argent et sur leur vie amoureuse car il ne se rendent pas compte que c'est une catastrophe à long terme pour eux. Il est important de freiner le désir de fumer chez les non-fumeurs. Certaines publicités jouent malheureusement encore avec l'image bidon de virilité d'indépendance ou de désirabilité du tabac, et parfois de façon détourné. Les contenus en faveur du tabagisme pullulent sur internet, ce qui est complètement délirant.
En revanche, pour ceux qui fument déjà, il convient de commencer le sevrage dès maintenant afin d’éviter l'addiction et le non retour.
Pour les fumeurs avérés et très actifs, il convient de prendre un abonnement chez leur médecin généraliste pour suivre de près les complications et d’essayer de limiter les dégâts autant que possible.