Epiphysiolyse fémorale supérieure
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L’épiphysiolyse fémorale supérieure est une boiterie de l’adolescent. Elle se manifeste souvent au début de la puberté, notamment pendant la phase de croissance. Diagnostic, symptômes, traitement… découvrez tout sur l’épiphysiolyse fémorale supérieure dans cet article.
L’épiphyse est l’extrémité supérieure du fémur (la tête fémorale).
L’épiphysiolyse fémorale supérieure désigne le glissement aigu ou progressif de la tête fémorale au niveau de son cartilage de croissance, en bas, en dedans et en arrière. Cela se produit durant la période de croissance prépubertaire.
En effet, à proximité de l‘extrémité des os se trouve une zone souple de cartilage appelée cartilage de croissance (ou de conjugaison). C’est à partir de cette zone que les os des enfants grandissent. Ce cartilage joue un rôle essentiel dans la croissance osseuse.
L’origine de l’épiphysiolyse fémorale supérieure est inconnue. En fait, la tête fémorale reste normalement en place dans une cavité osseuse du bassin appelé cotyle, fixée par un ligament rond. Lors de cette maladie, la tête fémorale glisse en arrière et en bas.
Plusieurs facteurs de risque sont connus pour favoriser la maladie :
l’obésité ;
le retard pubertaire ;
l’hypothyroïdie (diminution de la production d’hormone thyroïdienne) ;
l’hyperPTH ou hyperparathyroidie (augmentation anormale de la parathormone) ;
la dystrophie rénale (anomalie du développement rénal) ;
le syndrome de Turner (anomalie des chromosomes X) ;
le syndrome de Marfan (maladie héréditaire du tissu conjonctif) ;
les corticoïdes ;
le GH (hormone de croissance) ;
la radiothérapie et la chimiothérapie.
L’épiphysiolyse fémorale supérieure concerne 3 fois plus de garçons que de filles. Elle est fréquente chez les adolescents entre 10 et 17 ans avec 1 cas pour 10 000 enfants.
L’épiphysiolyse fémorale supérieure peut être longtemps asymptomatique. Toutefois, quand elle se manifeste, elle provoque une douleur aigüe (apparition il y a moins de 3 semaines) ou chronique (depuis plus de 3 semaines).
La douleur correspond à une douleur inguinale de la hanche, de la cuisse ou du genou. Elle est située d'un seul côté dans 80 % des cas et intermittente, augmentant avec l’activité.
La hanche peut être stable (le patient peut marcher) ou instable (le patient ne peut pas marcher).
À l’inspection de la marche, le praticien remarque une attitude vicieuse en rotation externe avec une limitation de la rotation interne. Ainsi, on observe une boiterie d’esquive du côté atteint et un raccourcissement de membre.
En absence ou retard du traitement, l’épiphysiolyse fémorale supérieure peut occasionner certaines complications.
Un risque d’ostéonécrose de la hanche de 50% dans les formes instables : il s’agit de la mort prématurée du tissu osseux. Elle se manifeste par une douleur et une limitation de l’amplitude du mouvement de la hanche.
Une fracture du col du fémur (15% des cas) : elle est caractérisée par une impotence fonctionnelle totale, une rotation externe fixée, une attitude vicieuse en abduction, un raccourcissement de membre et une limitation, cuisse en dedans et en rotation interne (passif et actif).
Pour confirmer le diagnostic de l’épiphysiolyse fémorale supérieure, on demande souvent une radiographie du bassin de face couchée et de la hanche de profil vrai.
Cet examen permet de montrer :
l’élargissement de la physe qui prend un aspect feuilleté ou dédoublé ;
la diminution de la hauteur de la tête fémorale par rapport au côté opposé ;
la visualisation progressive du bord postérieur de la tête fémorale en arrière du col ;
la réduction du débord de la tête fémorale par rapport au col fémoral
La manifestation de l’épiphysiolyse fémorale supérieure suit différents stades :
Stade 1 : glissement de 0 à 30 °.
Stade 2 : glissement de 30 à 50 °.
Stade 3 : glissement supérieur à 50 ° (épiphysiolyse sévère).
D’autres examens d’imagerie peuvent également être réalisés comme une échographie (examen de débrouillage) et l’IRM (examen le plus sensible).
Le diagnostic de l’épiphysiolyse fémorale supérieure permet parfois de montrer des signes de complication comme des signes de nécrose osseuse.
En cas de suspicion d’une épiphysiolyse fémorale supérieure, un pharmacien ou un professionnel de santé paramédical est en mesure d'orienter et de donner des conseils nécessaires.
Le médecin généraliste, lui, réalisera le diagnostic et peut également orienter.
Si il a besoin d’un avis spécialisé et chirurgical, il adressera à un chirurgien orthopédique pédiatrique.
Vous pouvez soulager le symptôme douloureux de l’épiphysiolyse par des paliers d’antidouleurs. Parmi eux, on peut citer :
le paracétamol ;
l’ibuprofène ;
le naproxène (à partir de 15 ans).
En alternative, vous prendre de la morphine, du tramadol ou de la codéine.
Les coxibs et le kétoprofène ne sont pas recommandés en raison des effets indésirables trop important de ces médicaments, et de la possibilité de les substituer par autre chose.
Le traitement de l’épiphysiolyse fémorale supérieure est chirurgical, précédé par une décharge de 1 à 3 mois.
La chirurgie s’effectue sous anesthésie générale et la manœuvre de l’opération diffère selon le cas.
Glissement de la tête du fémur de moins de 1 cm : l’opération consiste à la fixation de la tête en position à l’aide d’une seule vis par une très petite incision (2 cm).
Glissement plus important : le chirurgien devra peut-être manipuler la hanche. Il devra aussi utiliser 1 ou 2 vis pour stabiliser la hanche et éviter d’autres glissements.
Hanche très instable et qui présente de grave glissement : l’opération est spéciale. Le chirurgien doit ouvrir l’articulation de la hanche et replacer la tête fémorale à sa position correcte avant de la fixer.
La durée normale de l’opération est entre 2 à 3 heures. La durée d’hospitalisation est d'environ 1 à 5 jours.
Après l’intervention, le patient doit porter des béquilles durant 6 semaines et effectuer quelques séances de kinésithérapie afin de rééduquer son articulation. Il devra se laver à l’éponge plutôt que de prendre des bains ou des douches.
Puisque l’obésité est le facteur important de l’épiphysiolyse fémorale supérieure, il est donc essentiel d’être accompagné vers une rééducation pondérale si le patient est concernés.
Divers éléments sont à redouter au cours de la convalescence :
La chondrolyse : il s’agit d’un processus de destruction du cartilage articulaire qui se produit dans les 6 mois (concerne 1 % des cas). Elle se manifeste par des douleurs intenses, une diminution de l'interligne articulaire en radio, et une synovite inflammatoire sur l'IRM. Le traitement consiste en une traction pendant plusieurs mois dans un centre de rééducation.
L'ostéonécrose aseptique de la tête fémorale. Il s'agit d'une destruction osseuse.Celle-ci entraine une réapparition de la douleur. À la radiographie, tout parait normal puis on observe une déminéralisation avec aspect hétérogène. L’IRM montre un œdème médullaire et un défaut de la prise de contraste. Le traitement est l’arrêt de l’appui et la consultation chirurgicale.
Le conflit métaphyso-acétabulaire : il désigne des anomalies morphologiques osseuses de l’articulation de la hanche. Ceci s’observe à l’IRM.
Coxa vara, coxa retorsa, coxarthrose précoce : ce sont des séquelles anatomiques de l’épiphysiolyse fémorale.
La douleur chronique
L'infection
Au moindre doute il faudra consulter.
Il est conseillé d'arrêter les activités sportive pendant 6 mois sauf pour la natation.
La vis de fixation utilisée pour la fixation de la tête fémorale est généralement retirée après un à deux ans après la fusion du cartilage de croissance.
Une surveillance radiographique reste toujours indispensable.
L’évolution de la maladie se fait généralement comme suit :
Glissement inférieur à 30°: bon pronostic.
Glissement entre 30 à 50°: risque arthrose.
Glissement supérieur à 50°: péjoratif.