Attaque de panique
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Attaque de panique, crise d’angoisse… il existe divers termes pour désigner cette sensation de peur soudaine. Tout le monde a déjà connu cette sensation au moins une fois dans sa vie. Dans cet article, nous allons traiter le sujet de l’attaque de panique : qu’en est-il vraiment de ce trouble et comment faire pour le traiter.
Une attaque de panique est un bref épisode d’anxiété intense qui provoque des sensations physiques de peur. Celles-ci peuvent inclure un rythme cardiaque accéléré, un essoufflement, des étourdissements, des tremblements et des tensions musculaires.
La spasmophilie est une autre expression musculaire de l’attaque de panique. On peut aussi l’appeler crise d’angoisse. L’attaque de panique n’est pas de la « folie ».
Les manifestations d’une attaque de panique sont dues à une décharge dans la circulation sanguine d’adrénaline et de cortisol.
Bien que parfois, elles se produisent sans cause apparente, les attaques de panique peuvent survenir pour diverses raisons. En général, elle se produit lorsque le sujet est exposé à un déclencheur qui varie considérablement d’une personne à l’autre. Dans certains cas, il peut ne pas y avoir de déclencheur clair.
Chez certaines personnes les éléments suivants peuvent déclencher une attaque :
anxiété aigüe (séparation affective dans l’enfance par exemple), dépression, bouffée délirante aigüe, schizophrénie…
pathologies somatiques ;
médicaments (rare) ;
part génétique ;
part environnementale…
Les attaques de panique sont fréquentes et atteignent deux fois plus de femmes que d’hommes. Jusqu’à 2 à 4 % de la population a déjà subi ce trouble à un moment de sa vie. Une attaque de panique peut donc survenir à tout âge, mais débute souvent chez l’adulte jeune de 20 à 30 ans.
En général, une attaque de panique commence soudainement, sans avertissement. Elles se caractérisent par un trouble d’installation brutale (<10 minutes), sans élément déclencheur particulier. Il peut frapper à tout moment. Une personne peut avoir des attaques de panique occasionnelles ou de manière fréquente.
Les attaques de panique ont de nombreuses variantes, mais les symptômes culminent généralement en quelques minutes. La personne peut se sentir fatigués et épuisés après la disparition d’une attaque de panique.
Ce trouble du comportement possède de nombreuses variantes. Les symptômes deviennent très importants en quelques minutes. Voici quelques exemples :
sueurs ;
frissons ;
bouffées de chaleur ;
tension dans les bras ;
malaise…
Le sujet peut se sentir épuisé après une crise d’angoisse.
Les signes de l’attaque de panique peuvent être également aperçus au niveau :
ORL: bouche sèche ;
cardiaque: palpitations, douleurs thoraciques ;
pulmonaire: dyspnée, étranglement, oppression ;
neurologique: tremblements, paresthésies ;
digestif: douleurs abdominales ;
psychiatrique: déréalisation, « perceptions irréelles », non appartenance à ses pensées, peur de devenir fou, peur de mourir, malheur.
Le patient est conscient du trouble et peut avoir une attitude de sidération ou de fuite
L’attaque de panique peut parfois se compliquer. Voici quelques exemples de complications de ce trouble.
Raptus anxieux : comportement agressif, hétéroagression, suicide…
Trouble de panique (25 % des cas) : panique survenue au moins une fois par mois, crainte irrationnelle que cela recommence, crainte de ne pas pouvoir trouver un endroit calme…
Agoraphobie : crainte des espaces libres et des lieux publics.
Risque de répercussion dans la vie professionnelle.
Addiction : risque de comorbidité avec l’alcool, drogues…
Spasmophilie :symptômes musculaires liés à l’hyperventilation.
Voici d’autres troubles qu’on pourrait confondre avec une attaque de panique :
Trouble anxieux généralisé : anxiété excessive durant plus de 6 mois ;
Crise de tétanie (trouble calcique) : contracture musculaire s’accompagnant de crampes et de douleur musculaire d’origine somatique.
On peut réaliser une analyse sanguine afin d’évaluer l’état général du sujet.
La prise en charge d’une attaque de panique peut se faire par un médecin généraliste, un psychiatre (médecin qui peut prescrire des médicaments), un psychologue (un professionnel de la psychologie) et un sophrologue. Le pharmacien aura un rôle d'orientation et de conseil. Les urgences ne seront utiles que si la situation n'est pas gérable en ville.
Au cours d’une attaque de panique, il faudra rassurer la personne en rejoignant un endroit calme. C’est le premier réflexe à avoir.
Il est aussi possible d’opter pour un calmant à l’instar de la benzodiazépine. La durée du traitement devra être la plus courte possible pour éviter le risque d’accoutumance et de dépendance. Il faudra arrêter ce médicament progressivement.
La benzodiazépine n’est pas indiquée en traitement de fond. Elle aura perdu son efficacité en plus d’engendrer une addiction.
Le traitement de fond d’une attaque de panique repose sur la psychothérapie et les techniques de relaxation.
Thérapie cognitivo comportementale (TCC) : le thérapeute aide la personne à reconnaître les modes de pensée qui lui font mal interpréter les réactions de son corps. Ce type de thérapie demande en général 8 à 12 semaines à raison de 2 séances par semaine.
Thérapie analytique : elle essaie de remonter à la source du problème.
Techniques de relaxation : c'est l'apprentissage de la respiration abdominale profonde, respirer lentement à travers une paille durant 30 s avant d’expirer…
Activité sportive.
En second choix on peut opter pour une thérapie médicamenteuse, de préférence par les antidépresseurs tricycliques (imipraminiques) comme le clomipramine ANAFRANIL à action retardée (de 1 à 3 mois).
En troisième intention, il y a l’inhibiteur de la recapture de la sérotonine comme la paroxétine DEROXAT. Ce médicament a aussi une action retardée de 1 à 3 mois.
Certains médicaments présentent des bénéfices incertains avec des effets indésirables :
venlafaxine EFFEXOR
citalopram SEROPRAM
escitalopram : SEROPLEX
Pour anticiper une attaque de panique, il convient de lutter contre les facteurs de risques à commencer par identifier les facteurs déclenchants. Il faudra également réévaluer l’indication de certains médicaments car il peuvent déclencher les crises : comme les psychotropes, méfloquine, antirétroviraux, macrolides, fluoroquinolones, isotrétinoïdes, corticoïde. Le médecin et le pharmacien seront de bon conseil.
Pour éviter les complications, limiter ou même arrêter l’alcool, le tabac ou d’autres stupéfiants doit être une priorité. Des accompagnements existent.
Parfois, une crise d’angoisse cesse avec les traitements. Ce qu’il faut retenir c’est qu’il ne met pas en jeu le pronostic vital. Il convient seulement de se faire accompagner pour en résoudre la cause.