Cancer de l'ovaire
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Le cancer de l’ovaire est un cancer silencieux qui ne manifeste aucun symptôme particulier à ses débuts. Il est donc diagnostiqué à un stade tardif dans la majorité des cas. Dans cet article, découvrez tout ce qu’il faut savoir sur le cancer de l’ovaire : symptômes, diagnostic, traitements.
Le cancer de l’ovaire, également appelé tumeur maligne de l’ovaire se définit par une prolifération de façon anarchique et excessive des cellules au niveau de cette région.
Dans 90% des cas, le cancer de l’ovaire se développe à partir des cellules de la couche externe de l’ovaire. On parle d’adénocarcinome de l’ovaire. C’est sur ce type de cancer que l’article va se centrer.
Rarement, selon les types cellulaires atteints, d’autres formes de cancer de l’ovaire peuvent apparaître :
les cancers des cellules folliculaires (celles qui se transforment en ovules) : ces tumeurs peuvent être observées chez les jeunes femmes, voire les fillettes ;
les cancers des cellules du stroma (celles qui se trouvent entre les cellules folliculaires) ;
les tumeurs « frontières » ou « borderline » qui sont à mi-chemin entre la tumeur bénigne (non cancéreuse) et la tumeur maligne (cancéreuse).
Ces tumeurs ne seront pas traitées ici.
Le cancer de l'ovaire peut être lié à une mutation du gène BRC A1 ou BRC A2 ou plus rarement du gène du syndrome de Lynch (alias HNPCC).
En France, le cancer de l’ovaire compte 4400 nouveaux par cas an et 3200 décès. C’est le 7e cancer le plus fréquent chez les femmes. Il touche en principe les femmes âgées de 65 ans.
Les personnes à haute probabilité de le développer sont celles qui présentent des facteurs de risques tels que :
la présence d’antécédents personnels ou familiaux du cancer de l’ovaire ou d’autres cancers touchants d’autres organes (au niveau du sein par mutation du gène BRCA1-2, au niveau du colon par mutation du gène du syndrome de Lynch et du syndrome de Li Fraumeni) ;
un antécédent d’irradiation ;
les situations où les œstrogènes prédominent comme l’absence d’allaitement, la nulliparité, les ménarches précoces et la ménopause tardive ;
la consommation de tabac.
Par contre, toute situation qui va abaisser le nombre d’ovulations constitue un facteur protecteur de ce cancer. C’est le cas de la contraception orale, l’allaitement maternel et la multiparité.
Le cancer de l’ovaire est une maladie dont les symptômes n’apparaissent que tardivement. Ils ne sont détectables qu’au stade avancé de la maladie.
La patiente va manifester des signes généraux en faveur d’une altération de l’état général comme la fatigue, l'absence d'appétit et l’amaigrissement.
Du côté gynécologique, la patiente aura des douleurs au niveau de la région pelvienne, des saignements vaginaux, des leucorrhées anormales et un coït douloureux.
Du côté urinaire, la patiente va présenter des signes tels que l'envie fréquente d’uriner.
Il y aura aussi des troubles digestifs comme les inconforts, les douleurs, les diarrhées, les nausées et la constipation persistante au delà d'un mois.
Pour poser le diagnostic du cancer de l’ovaire, il faut passer par un examen clinique. Celui-ci regroupe plusieurs examens :
calcul de l’IMC et évaluation de l’état général de la patiente ;
un toucher vaginal montrant un utérus sensible ;
un examen des aires ganglionnaires, à la recherche de ganglions dans le plus des cuisses et au dessus de la clavicule gauche (ganglion de Troisier) ;
un toucher rectal.
Devant un cancer de l’ovaire en développement, il faudrait se méfier des certaines complications.
La carcinose péritonéale : c'est l'extension du cancer dans le ventre. Elle se manifeste par la présence d'eau dans le ventre. Le toucher rectal peut révéler la présence d’une masse.
La compression abdominale : elle se caractérise par des signes tels que des troubles du transit, une occlusion intestinale incomplète, des faux besoins et des symptômes urinaires (envie impérieuse d'uriner et envies fréquentes d'uriner).
La compression d'une veine ou d'un nerf: elle se manifeste par un œdème au niveau d’un membre inférieur, une phlébite ou des douleurs d'origine nerveuse (sciatique par exemple).
L’épanchement pleural qui se manifeste par une difficulté à respirer et une douleur thoracique.
Lors du diagnostic du cancer de l’ovaire, il est nécessaire de faire quelques examens pour suspecter le diagnostic et faire son bilan d'extension. La confirmation ne sera faite que lorsque la tumeur sera opérée.
Examen biologique
Elle consiste à faire le dosage des marqueurs de la tumeur tels que :
CA-125 (c'est un marqueur tumoral spécifique de l'ovaire ou de l'endomètre) : il est élevé ;
CA19-9 et ACE : ce sont des marqueur tumoraux plus généraux qui peuvent être élevés
HCG, alphafoetoproteine et LDH : en cas de suspicion de tumeurs germinales malignes (minoritaires) ;
Inhibine B, AMH et oestradiolémie : en cas de suspicion de tumeurs des cordons sexuels.
L’Échographie abdomino-pelvienne et endo-vaginale
Cet examen d’imagerie permet de constater l’existence du cancer au niveau de l’ovaire. Ce dernier se montre sous l’aspect d’une masse hétérogène-cloisonnée avec végétation, de taille supérieure à 6 cm, épais et irrégulier.
L’IRM thoraco-abdomino pelvien avec injection si doute
En cas de suspicion clinique ou radiologique de métastases ovariennes d’une autre tumeur maligne, il est essentiel de faire une coloscopie et fibroscopie gastrique. L’objectif est de rechercher la présence un cancer primitif digestif. Faire un bilan du sein (mammographie et/ou échographique) s’avère aussi nécessaire pour dépister un cancer mammaire primitif.
Bilan d'extension
Devant un cancer de l'ovaire suspecté, on entreprend son bilan d’extension sans attendre la confirmation anatomopathologique. Ils comprend :
le scanner thoraco abdomino -pelvien avec injection ;
un examen sanguin complet pré opératoire
D’autres examens peuvent être réalisés selon le contexte. On peut citer la radiographie pulmonaire, l’échographie hépatique, la scintigraphie osseuse…
Le cancer de l’ovaire est classé suivant 4 principaux stades.
Stade 1 : qui correspond à des cancers limités aux ovaires.
Stade 2 : la tumeur commence à se propager au niveau des organes du bassin
Stade 3 : la tumeur s’est étendue au péritoine et aux ganglions lymphatiques du bassin
Stade 4 : la tumeur s'est propagée à l'extérieur de l'abdomen et du bassin (métastases)
En cas de symptômes particuliers faisant suspecter un cancer de l’ovaire, il est toujours mieux de consulter un médecin généraliste. Celui-ci va s’assurer du dépistage. Le pharmacien orientera le patient et lui donnera des conseils.
Pour le traitement proprement dit, il faudrait se confier à un oncologue et à un gynécologue qui doivent réaliser une réunion de concertation pluridisciplinaire. C’est une réunion au cours de laquelle on discute du cas de la patiente et des traitements à adopter.
Les traitements symptomatiques dépendent du degré des douleurs. Généralement, le paracétamol et les AINS s’emploient en première ligne, en cas de douleurs légères et modérées.
La morphine, la codéine et le tramadol, eux, figurent en deuxième ligne, pour les douleurs plus intenses.
Pour le traitement de fond du cancer de l’ovaire, il existe plusieurs méthodes thérapeutiques possibles. Le choix se fait en fonction de l’état du patient et de l’étendue de la tumeur.
La chirurgie sous cœlioscopie voire laparotomie
Il s’agit d’un acte chirurgical, à la fois diagnostique et thérapeutique. Elle se réalise sous anesthésie générale. La patiente est en position allongé tête vers le bas, avec un bassin très surélevé et les cuisses écartés. Le but de la chirurgiue est de réaliser au moins une ablation des ovaires et des trompe avec enlèvement de l’utérus (hystérectomie totale).
Le traitement se poursuit après avec un examen microscopique de la lésion en urgence (c'est l'anatomopathologie). Cela permet de déterminer le type de cellule de la pièce opératoire. Dans 90 % des cas, il s’agit de l’adénocarcinome (cancers épithéliaux). Cet examen permet aussi de savoir le degré d'agressivité de la tumeur (grade 1 : moins agressif, 2 : intermédiaire, 3 : agressif). C'est un facteur pronostique important.
Il faut aussi faire une stadification chirurgicale complète sous réserve des conditions d’opérabilité, . elle doit comporter au moins une ablation totale de la membrane abdominale appelé « épiploon », de l'appendice (particulièrement pour la formes dit « mucineuses »), un curage ganglionnaire large, des biopsies multiples et une analyse cancérologique du liquide abdominal.
La chimiothérapie
Après la chirurgie complète, il faut faire une chimiothérapie à titre de traitement complémentaire (dit « adjuvant »). Cette dernière n’est pas encore indispensable pour les stades précoces. Par contre, la chimiothérapie « néoadjuvante » est indiquée si l’exérèse chirurgicale complète d’emblée n’est pas envisageable et qu’il faut réduire la tumeur avant de réévaluer la prise en charge.
La radiothérapie
Une radiothérapie peut se faire si la tumeur a une localisation bien limitée et particulière.
Certains traitements présentent des bénéfices incertains. C’est le cas du rucaparib. En traitement d’entretien, il n’est pas plus efficace que l’olaparib ou le niraparib et il présente de nombreux effets indésirables.
D’autres sont à écarter, à l’instar de :
la trabectédine qui est plus dangereuse qu’utile ;
l’olaparib dont l’efficacité en guise de traitement d’entretien n’a pas encore été démontrée, chez les patientes sans mutation BRCA. De plus, il présente des effets indésirables non négligeables.
Pour limiter les complications du cancer de l’ovaire, des actions doivent être adoptées au plus vite dès le moindre signe douteux.
Lymphocèle (accumulation de lymphe au site de curage ganglionnaire) : dans ce cas, il faudrait effectuer un drainage sous contrôle radiologique ou encore une chirurgie (en deuxième intention).
Lymphœdème : cela nécessiterait un drainage lymphatique manuel et une contention.
Une neutropénie, ou des diarrhées, des vomissements justifiant une hospitalisation, en cas de chimiothérapie.
Des sécheresses et douleurs buccales, une dysphagie, des nausées et vomissements et pertes d’appétit sont fréquents en cas de radiothérapie et doivent être traités.
Des signes de dépression et d’anxiété nécessitant un accompagnement
La surveillance de l’évolution de cette pathologie repose sur :
le dosage des marqueurs CA-125 tous les 4 mois, pendant 2 ans, puis tous les 6 mois pendant 3 ans et puis annuellement ;
des examens d’imagerie comme: échographie, IRM, scanner, TEP scan en cas de signes d’appel.
Les cancers de l’ovaire évoluent avec une vitesse encore mal connue. Certains évoluent avec une longue période de latence clinique, propice à un diagnostic précoce. D’autres ont une évolution plus rapide vers une dissémination péritonéale.
Le pourcentage de patients encore présents 5 ans après le diagnostic dépend du stade :
Stade I: 84%
Stade II : 59%
Stade III : 35%
Stade IV : 22%
Pour les cancers de l’ovaire avant les 70 ans, il faudrait rechercher des mutations des gènes BRCA1 ou 2 en consultation d’oncogénétique.
Pour ceux qui ont des antécédents familiaux, ou personnel de cancer d’endomètre ou du côlon, la recherche du syndrome de Lynch (alias HNPCC) est nécessaire.
Dans le cas où la femme souffre de tabagisme, qui est un facteur de risque, un accompagnement pour sevrage s’avère primordial.