Aponévrosite plantaire
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Les douleurs au niveau des pieds, des talons et de la cheville sont très invalidantes. Cette douleur peut être causée par une aponévrosite plantaire et peut engendrer des handicaps et des complications non négligeables. Dans cet article, découvrez en détail ce qu'est une aponévrosite plantaire et comment la soigner.
L’aponévrosite plantaire désigne l’inflammation de l’aponévrose plantaire. Il s’agit de la membrane fibreuse qui se situe au niveau des plantes des pieds. Cette membrane est également appelée fascia. C’est pour cette raison qu’on parle aussi de « fasciite plantaire ».
Parfois, cette inflammation est associée à une épine calcanéenne. C’est une excroissance osseuse au niveau de la partie calcanéenne (autour de l’os du talon). Cela se produit notamment dans les formes chroniques. Il n'est pas démontré que ce soit cette épine qui soit à l'origine des douleurs.
L'aponévrose plantaire est une membrane fibreuse épaisse qui a une forme de triangle et qui soutient le dessous du pied. Elle s’attache au niveau de l’os du talon (calcanéum) et arrive jusqu’aux orteils.
Lorsqu’elle subit des microtraumatismes à répétition, comme lors de la marche ou la course, elle peut s’enflammer. C’est alors qu’une personne développe une aponévrosite plantaire.
Il existe divers facteurs qui peuvent causer et accentuer l’inflammation de l’aponévrose plantaire :
les sports d’impulsion tels que la course ou le jogging ;
la prise de poids soudaine et l’obésité ;
la forme des pieds : pieds plats, valgus, les pieds creux ou varus ;
le port de chaussures qui n’ont pas un bon soutien de la voute plantaire à l’instar des tongs…
L’aponévrosite plantaire est une affection assez fréquente. Elle concerne une personne sur 15 au cours de sa vie.
Il s’agit de la première cause de douleur de talon. Cette dernière correspond aux douleurs ressenties au niveau de la partie postérieure du pied.
L'aponévrosite plantaire se manifeste par des douleurs modérées à type de piqure qui persistent durant plusieurs mois. Celle-ci se ressent au niveau du pied concerné, notamment au niveau du talon. L’intensité de la douleur est modérée, mais elle peut augmenter avec le temps. Elle est accentuée le matin ou le soir après une période prolongée en station assise. En revanche, elle diminue au cours de la journée et aussi la nuit.
Le temps de dérouillage matinal est important. Cela veut dire qu’il faudra mobiliser le pied un certain temps pour que la douleur s’estompe.
L’aponévrosite plantaire entraine aussi une difficulté à marcher. En effet, la douleur peut obliger le patient à marcher sur l’avant-pied ou sur le bord externe du pied.
Du point de vue clinique, l’aponévrosite plantaire peut être identifiée à travers ces signes.
Lors de la palpation : il est possible de reproduire la douleur par la pression sur le talon et sous le pied.
Lors de l’extension passive des orteils, le patient ressent de la douleur.
L'aponévrosite plantaire peut prendre une forme grave. C’est le cas de la maladie de Ledderhose. Cette dernière est caractérisée par une dystrophie de l’aponévrose plantaire entraînant des nodules.
a) Échographie
L'échographie montre un épaississement anormal de cette membrane. Son épaisseur est supérieure à 5 mm, alors que normalement, elle est de 3 mm.
b) Radiographie
La radiographie peut révéler la présence d’une épine de Lenoir (ou épine calcanéenne) ainsi que des calcifications. Elles n’expliquent pourtant pas la douleur puis qu’aucun lien n’a pu être établi avec celle-ci.
c) IRM (Imagerie par Résonance Magnétique)
Une IRM avec ou sans injection peut mettre en évidence un épaississement irrégulier de l’aponévrose. Il arrive parfois qu’on rencontre également des microruptures au niveau de ce tissu.
Les professionnels de ville tels que le pharmacien, sont à même d'orienter et de conseiller sur cette maladie.
Le médecin généraliste pourra établir le diagnostic.
Si l’aponévrosite se révèle compliquée, il orientera vers un spécialiste en rhumatologie.
Vous pouvez apaiser les symptômes de l’inflammation de l’aponévrose plantaires grâce à des moyens physiques et des médicaments :
du repos ;
du paracétamol ;
des semelles orthopédiques ou de simples semelles, à condition qu’elles soient souples.
Ces semelles contribuent à réduire modestement et progressivement la douleur. Il n’y a pas vraiment de grandes différences entre ces différents types de semelle. L’effet bénéfique est notable après quelques semaines.
En deuxième ligne, prendre des anti-inflammatoires non stéroïdiens (ou AINS). Ces derniers peuvent être administrés soit:
par voie locale: pour un effet à la fois fugace, mais modeste (ex : diclofenac) ;
par voie orale: à l’exemple de l’ibuprofène et naproxène.
Si les précédentes solutions s’avèrent insuffisantes ou inefficaces contre la douleur, prendre du tramadol, de la codéine ou de la morphine.
Il faut tout de même se méfier des bénéfices incertains de certains traitements comme :
les corticoïdes administrés par voie orale en cure courte : les études effectuées ne suffisent pas pour confirmer leur efficacité ;
la mésothérapie: les documentations à ce sujet restent encore peu nombreuses.
D’autres médicaments sont à proscrire. C’est le cas de:
Coxibs, acéclofénac, diclofénac et piroxicam : ce sont des anti-inflammatoires avec trop d’effets indésirables alors qu’ils ne sont pas plus efficaces ;
corticoïdes en injection : ils ne sont pas plus efficaces qu’un placebo et comportent des risques ;
kétoprofène : son administration par voie orale engendre des effets indésirables sur le système digestif. Le gel contenant du kétoprofène n’est pas mieux, il présente plus d’effets indésirables par rapport aux autres AINS.
D'autres traitement sont également disponibles pour traiter l'aponévrosite. Il s’agit principalement : de la kinésithérapie et plus précisément des étirements de l’aponévrose plantaire et des massages profonds.
L’efficacité de certaines méthodes thérapeutiques reste encore incertaine. On peut citer le cas des traitements par :
ultrasons ;
ondes de choc ;
attelle d’extension nocturne.
Il en est de même pour la chirurgie d’ablation partielle ou totale de l’aponévrose plantaire. Il n’y a que peu de bibliographies à ce sujet. Ce traitement est en principe ambulatoire (pas d’hospitalisation). Sa durée s’étend de 30 à 45 minutes. Plusieurs techniques sont possibles : à ciel ouvert (cicatrice de 10 cm), en percutanée sous contrôle radiologique ou sous endoscopie. Le patient ne peut remettre ses chaussures que 3 semaines après. La reprise de la marche habituelle, quant à elle, est possible au bout de 2 ou 3 mois. En ce qui concerne la douleur, elle disparaît après environ 6 mois.
La chirurgie de traitement des troubles architecturaux (pour rétablir les pieds plats ou creux par exemple) n'a pas encore tout à fait fait ses preuves.
Par contre, l’ablation de l’épine calcanéenne par la chirurgie est fortement déconseillée car le résultat est médiocre..
La guérison est longue et se compte en mois.
Pour prévenir l’aponévrosite plantaire, il convient de lutter contre les facteurs de risques à l’instar de l’obésité. Prendre un accompagnement est une bonne idée.