Panaris
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Toute plaie située autour d’un ongle d’un doigt ou d’un orteil peut évoluer vers un panaris. Il s’agit d’une infection bactérienne qui se manifeste par une enflure, la présence de pus et des douleurs plus ou moins intenses. Cette affection peut arriver à tout le monde. Comment traiter le panaris et que faire pour le prévenir ? On répond à ces questions dans cet article.
Le panaris est une infection périunguéale d’un doigt ou d’un orteil. Il se manifeste par un abcès douloureux qui peut s’étendre vers les zones profondes du doigt et du membre tout entier si la prise en charge est retardée. Lorsqu’il atteint les tendons musculaires, les os et les articulations, le sujet aura du mal à mobiliser le membre atteint. Si l’infection se complique, une intervention chirurgicale est requise.
Le panaris se forme à partir d’une infection bactérienne des tissus autour de l’ongle. Les agents responsables sont souvent le staphylocoque doré et le streptocoque. Ils pénètrent sous la peau à partir d’une porte d’entrée : une plaie ou une légère éraflure.
Le panaris est une affection qui peut toucher tout le monde.
Le panaris apparaît le plus souvent à la suite d’une brûlure, une piqûre ou une plaie. Il faut savoir que la zone cutanée qui entoure les ongles est extrêmement fine et délicate. C’est l’endroit idéal pour l’entrée des bactéries.
Cette affection se reconnaît par une douleur autour de l’ongle accompagné d’une rougeur cutanée.
Au fur et à mesure que le panaris progresse, on peut voir la persistance des rougeurs au niveau de la zone infectée. Puis, un liquide suintant s’écoule du bord d’un ongle du doigt de la main ou du pied. Si on exerce une pression au niveau du doigt malade, la peau autour du panaris blanchit.
En absence ou en retard du traitement, le panaris peut s’aggraver. Trois cas peuvent se présenter :
La plaie occasionne une douleur pulsatile même la nuit, accompagnée d’un gonflement avec émission de pus par le biais d’une fistule. Le sujet devient fiévreux. Ce sont les caractéristiques d’un panaris collecté (abcès).
L’abcès profond : le patient ressent les signes suivants : douleur pulsatile, fièvre, décollement de son ongle, atteinte des tendons des doigts, des articulations, traînée lymphangite, rougeur généralisée de peau.
Pour les diabétiques et personnes souffrant d’immunodépression (cancer, VIH…), le panaris est toujours à risque.
Si l’une des manifestations suivantes apparaît sur les doigts ou les ongles, vous devez envisager un autre diagnostic autre que le panaris :
Dépression en dé à coudre de l’ongle : elle est caractéristique du psoriasis unguéal.
Allergie à la suite de la manipulation de produits, rougeur avec desquamation de peau : on parle d’eczéma atopique.
Éruption vésiculeuse et bulleuse autour d’un ongle : herpes (panaris herpétique).
Lésion blanc verdâtre : mycose de l’ongle.
Aucun examens complémentaires n'est utile en cas de panaris simple.
En cas de complication sévère du panaris, un examen biologique est parfois réalisé. Le plus souvent, il consiste à faire un prélèvement de pus par ponction pour identifier le germe en cause, Staphylococcus aureus le plus souvent. Parfois, on retrouve des bactéries de la flore buccale.
En l’absence de complications, les conseils délivrés en pharmacie seront suffisants. Toutefois, si des signes de complications se manifestent, il est impératif de se rendre chez un médecin généraliste. Pour les cas les plus graves, il faut se rendre aux urgences chirurgicales.
Le paracétamol est en première ligne. Si la douleur est forte, utiliser tramadol, codéine ou directement la morphine. A noter que les anti inflammatoires ne sont pas recommandés car risquent de faire flamber une éventuelle infection.
Traitement de panaris sans abcès
La prise en charge du panaris repose en grande partie sur la propreté et l’adoption d’une bonne hygiène. Pour cela, il faut :
Laver le doigt à l’eau et au savon.
Tremper le doigt dans un bain d’eau chaude propre pendant 10 à 15 minutes 3 à 4 fois par jour.
Couvrir la plaie par un pansement sec, ou un doigtier imperméable s’il y a exposition à l’eau.
Les antibiotiques ne sont utiles qu'en cas de complications.
L’application de solutions antiseptiques sur la plaie n’est pas plus avantageuse que l’eau chaude. D’ailleurs, il faut faire attention à ne pas contaminer le flacon entier en y trempant son doigt souillé.
Éviter l’usage d’antibiotiques locaux tels que l’acide fucidique ou la chlortétracycline pour le panaris sans abcès: ils n’ont pas d'utilité démontrée.
Traitement de panaris avec abcès
Dans la mesure où le panaris évolue en abcès, il faut s’assurer que les pus soient évacués à l’extérieur de la plaie. Ainsi, on doit pratiquer une incision puis un drainage à moins que la fistulisation à la peau ne se fasse naturellement. Elle peut se faire au cabinet d’un médecin généraliste si l’abcès est petit ou sinon dans un service de chirurgie orthopédique. Les antibiotiques restent essentiels en cas de complications. En général, on préconise pyostacine.
En général, le panaris se régresse facilement à condition de respecter le traitement et les règles d’hygiène.
Sinon on s'attend à une extension de l’infection quoi peut atteindre le pourtour de l’ongle. C'est la « tourniole ». Elle peut également évoluer en profondeur. De ce fait, vous ne devez jamais négliger les panaris. On compte sur vous !
Une co-infection au tétanos est aussi un risque fréquent du panaris. Il convient de se faire un rappel de vaccin antitétanique pour vous en prémunir.
En matière d’hygiène, les pus et les fluides résultants de la plaie peuvent contaminer les aliments. Et il s’avère que les staphylocoques et les streptocoques sont de véritables vecteurs de toxiinfection alimentaire collective (TIAC). Pour éviter cette situation, un individu qui souffre de panaris ne doit pas manipuler les aliments. Un arrêt de travail est aussi parfois nécessaire afin d’empêcher la contamination des matériels de travail.
Les bactéries responsables de panaris arrivent dans la peau par diverses manières : morsure, piqûre, brûlure, arrachage de peau autour de l’ongle ou manipulation des cuticules. Pour éviter les facteurs de risque, voici donc quelques exemples de conduites à tenir :
Lavage des plaies à l’eau et au savon ou application d’un antiseptique.
Arrêt des manipulations traumatiques et ne pas refouler les cuticules (peau à la base de l’ongle).
Adopter des gestes prudents lors de la pose d’ongles artificiels.
Traiter les ongles incarnés.
Le diabète et l’immunodépression sont favorables au développement du panaris. Les personnes sujettes à ces types de maladies doivent par conséquent suivre des traitements appropriés.
Les médicaments comme les rétinoïdes, antirétroviraux, antitumoraux (taxanes, anticorps monoclonaux, anti VEGF...), immunodépresseurs peuvent favoriser l’apparition de panaris. Il faut donc réévaluer l’indication de ces traitements si vous en prenez.