Brûlure cutanée
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Extrêmement dangereux et parfois même mortels, les accidents de brûlures sont fréquents au quotidien. Ils peuvent porter atteinte à l’esthétique de la victime et parfois être responsables d’un handicap majeur. Que faire alors en cas de brûlure de la peau ? Comment la traiter ? Que faut-il faire pour la prévenir ? On fait le point sur ce sujet.
La brûlure cutanée est une blessure sévère de la peau due à un contact direct ou indirect d’une source de chaleur.
La peau humaine est constituée de trois couches distinctes.
L’épiderme : la couche externe qui est insensible.
Le derme : là où se trouvent les petits vaisseaux et les nerfs.
L’hypoderme : là où se trouvent les gros vaisseaux.
Selon le degré de la température et la durée d’exposition, les lésions cutanées peuvent être mineures ou importantes. Pour les cas plus simples, elles se limitent au niveau de l’épiderme. La brûlure compliquée peut s’étendre en profondeur vers les zones hypodermiques.
Les causes d’une brûlure de la peau sont nombreuses. Voici des exemples courants d’accidents domestique ou professionnel :
la flamme ;
les objets brûlant : plaques de cuisson, porte du four, bouillotte ;
la vapeur ;
les liquides chauds : thé, eau bouillante ;
l’électricité ;
les produits chimiques : détergents ;
les radiations : coup de soleil ;
les phénomènes mécaniques : frottement répété avec un objet.
Par ailleurs, la brûlure peut être due à une maltraitance. Cela se manifeste souvent par des traces rondes évoquant une brûlure de cigarette. Un discours incohérent du parent lors de l’interrogatoire vient corroborer cette hypothèse.
Tout le monde peut être victime d’une brûlure. D’après une analyse épidémiologique, 64 % sont des hommes et 36 % sont des femmes.
En général, la brûlure cutanée se traduit toujours, en premier temps, par des douleurs intenses au niveau de la zone atteinte.
Les lésions dermatologiques observées au cours d’une brûlure
Selon la gravité des lésions cutanées, on peut classer la brûlure en 4 degrés.
Brûlure de 1er degré : elle touche uniquement l’épiderme et est caractérisée par une peau rouge et sèche, parfois avec un léger œdème. En plus de la douleur, elle provoque également le blanchissement de la peau à la pression.
Brûlure de 2e degré superficiel : la blessure atteint le derme superficiel. Elle se manifeste par une peau rouge et une douleur intense. Dans les 24 heures suivant l’accident, la peau devient couverte de bulles remplies d’eau. Quand celles-ci se rompent, elles laissent apparaître un fond rose suintant. La peau blanchie à la pression.
Brûlure 2e degré profond : les dommages sont parvenus jusqu’au derme profond. Des bulles remplies d’eau se forment dans les 24 heures puis se rompent en laissant une zone à fond rose-blanc pâle. La douleur peu intense et la palpation ne provoquent pas de blanchissement de la peau.
Brûlure 3e degré : elle a lieu une fois que les lésions affectent l’hypoderme. On observe une peau blanche ou à un aspect carbonisé de la peau. La brûlure est si importante qu’elle entraîne la mise à nu des muscles et des tendons. On peut également apprécier la formation d’escarre. À ce stade, la peau lésée est totalement anesthésiée, mais la douleur peut être encore ressentie au niveau des périphéries.
Les localisations fréquentes
En fonction de l’âge, chaque partie du corps présente un risque spécifique de brûlure. Entre autres, chez les adultes, la règle de 9 de Wallace met en évidence à l’aide de pourcentage les risques de brûlure sur chaque zone du corps.
La tête et le cou : 4,5 % ;
Le torse et le dos : 18 % chacun ;
Les deux bras : 4,5 % chacun ;
La région génitale : 1 % ;
Les deux jambes : 9 % chacune.
Chez les enfants, les risques de brûlure selon la localisation sont définis par la table de Lund-Brower;
La brûlure de la paume de la main représente 1 % des cas (cf ci dessous).
Brûlure chez un enfant de 1 à 4 ans
La tête et le cou : 19 %,
Le torse et le dos : 16 % chacun,
Les deux bras : 9,5 % chacun,
Les deux jambes : 15 % chacune.
Brûlure chez un enfant de 5 à 9 ans
La tête et le cou : 15 %,
Le torse et le dos : 16 % chacun,
Les deux bras : 9,5 % chacun,
les deux jambes : 17 % chacune.
Brûlure chez un enfant de 10 à 14 ans
La tête et le cou : 13 %,
Le torse et le dos : 16 % chacun,
Les deux bras : 9,5 % chacun,
Les deux jambes : 18 % chacune.
Il existe quelques facteurs qui définissent une brûlure grave de la peau:
une brûlure supérieure au 1er degré sur une surface supérieure à 10 % de la surface corporelle d’un adulte ou un enfant ;
une brûlure supérieure au premier degré sur une surface supérieure à 5 % de la surface corporelle d’un nourrisson ;
une brûlure au 3e degré.
Dans les cas graves de brûlure, on peut diagnostiquer un œdème de la glotte. Cela se manifeste souvent par une suffocation ainsi qu’une détresse respiratoire (battement des ails du nez, peau bleue notamment au niveau des périphéries). Ces circonstances se rencontrent souvent au cours d’une brûlure par gaz brûlant.
Pour les nourrissons, les enfants de moins de 5 ans et les personnes âgées de plus de 60 ans, les brûlures sont potentiellement plus graves.
Pour les brûlures de la face, des mains, des plantes des pieds, des organes génitaux, du périnée, des aisselles, du creux des genoux et la circonférence entière d’un membre, les dommages risquent d’engendrer des séquelles fonctionnelles.
Pour les personnes souffrant de maladies vasculaires, de diabète et d’immunodépression, le processus de cicatrisation peut s’avérer plus lent.
En cas de brûlure non compliquée, le patient peut se rendre chez un médecin généraliste ou un dermatologue. En revanche pour une brûlure supérieure à 5 % chez le nourrisson, à 10 % chez l’adulte, une brûlure de 3e degré ou avec des complications, il vaut mieux contacter le 15, les urgences hospitalières, ou un service de dermatologie.
Pour une brûlure supérieure à 40 % (avec un score supérieur à 150 à l’unité de brûlure standard) ou en présence de complications graves, contactez le 15 ou un service de réanimation.
Il existe des bons gestes d’urgences à effectuer pour soulager les symptômes d’une brûlure cutanée et éviter les complications :
Enlever les bijoux pouvant compresser la peau notamment en cas de gonflement.
Ôter les vêtements imprégnés de liquide chaud s’ils n’adhèrent pas forcément à la peau, sinon, laisser tel qu’elle.
Refroidir la brûlure à l’eau froide (entre 15 et 25 °C) au plus tard 30 minutes après l’incident. Maintenir l’opération pendant 5 minutes après diminution de la douleur.
Prendre du paracétamol si la douleur est légère ou modérée. Ou prendre de l’ibuprofène, sauf chez la femme enceinte.
La morphine peut être prescrite en cas de douleur forte sans passer par les antalgiques de paliers 2.
Pour une douleur modérée, les paliers 2 tels tramadol ou codéine peuvent être administrés si les antidouleurs classiques ne sont pas efficaces. Ils sont moins bien tolérés.
Le traitement d’une brûlure cutanée consiste principalement à réduire la douleur au niveau de la plaie, empêcher les proliférations bactériennes et favoriser la cicatrisation. Voici ce qu’il faut faire :
Appliquer plusieurs couches de film alimentaires pour maintenir l’hydratation et alléger la douleur.
Nettoyer la zone brûlée avec de l’eau propre, du sérum physiologique ou éventuellement avec du savon doux.
Enlever les zones de peau morte et les toits des bulles éclatées. Ne pas toucher les bulles intactes.
Faire un pansement parmi les choix suivants : vaseline stérile couverte de compresse, hydrocolloïde ou hydrogel, film de polyuréthane adhésif et transparent.
Nettoyer les lésions de la peau à chaque changement de pansement.
Mettre de la crème hydratante dès que la cicatrisation commence.
Voici tout ce que vous devez éviter en cas de brûlure de la peau :
Appliquer de la glace : ça renforce la douleur et la profondeur de la brûlure.
Utiliser des antiseptiques locaux : inutiles en l’absence d’infection. Ils perturbent la cicatrisation.
Appliquer des substances alimentaires (beurre etc).
Utiliser une crème hydratante contenant des substances allergisantes ;
Utiliser des substances comme l’alcool cétostéarylique, le baume du pérou, la cire d’abeille, le paraben, le laurylsulfate de sodium, le propylène glycol ou la trolamine.
Oubliez ces faux traitements.
Les lésions de blessures de la peau peuvent engendrer de graves complications sur le long cours surtout si le traitement n’est pas suivi correctement.
L’infection : elle se distingue par une rougeur autour de la brûlure, du pus et des taches noires avec saignements. La fréquence cardiaque du patient augmente, et sa tension artérielle baisse. Il peut aussi être fébrile.
La déshydratation : généralement présente chez le nourrisson, les personnes âgées et les personnes atteintes de brûlures graves. Elle se manifeste par un trouble de la conscience, une baisse de la pression artérielle, une fréquence cardiaque élevée, une baisse du volume des urines ainsi qu’une augmentation du sodium dans le sang.
Le tétanos : il s’agit d’une infection supplémentaire due à la souillure de la plaie. Penser à faire un rappel antitétanique régulier.
Selon la localisation de la brûlure, elle peut également engendrer des séquelles fonctionnelles et inesthétiques.
En cas de manque d’apport en protéine, une brûlure cutanée importante peut causer une dénutrition.
En principe, pour la brûlure au 1er degré, la peau pèle dans les 2 ou 3 jours puis cicatrise complètement pendant une semaine sans aucune séquelle.
Pour la brûlure au 2e degré profond, la cicatrisation débute environ 3 semaines après le début des traitements. Elle peut laisser une trace blanche sur la zone affectée.
Pour la brûlure au 3e degré, les cicatrices sont assez importantes.
Afin de se protéger des éventuels accidents de brûlure, il convient de suivre quelques règles essentielles. Ainsi, il faut rechercher toutes les origines possibles de ce genre d’accident : appareils domestiques, matériels professionnels, exposition trop longtemps au soleil… Il est aussi important d’éloigner les enfants de ces sources de chaleur. D’ailleurs, désignez un adulte responsable pour manier les matériels à risque comme une bouilloire électrique, un fer à repasser…
Vous devez également mettre à jour le carnet de vaccin antitétanique. Si le rappel date de plus de 5 ans, vous devez faire vacciner votre patient immédiatement en cas de plaie très souillée, non nettoyée dans un délai de 24 heures.