Grossesse Nausées vomissement
Fiche maladie Images Ordonnances
La grossesse est une étape importante dans la vie d’une femme. Pendant cette période, son corps et ses métabolismes changent ce qui provoque des troubles variés. Très souvent, elle devient sujette à des nausées ou des vomissements répétitifs pendant les trois premiers mois de la grossesse. Il s’agit d’une affection bénigne certes, mais certaines personnes ont beaucoup de mal à la tolérer si bien qu’elle devient épuisante. Découvrez tout ce qu’il y a à savoir sur les nausées et les vomissements bénins de la grossesse : définition, symptômes, traitements et prévention.
Définition
Les nausées sont de fortes envies de vomir. Chez la femme enceinte, elles se déclenchent surtout le matin, mais peuvent également se répéter tout au long de la journée.
Ce genre de désagrément ne présente aucun danger pour la santé de la femme et de son bébé.
Explications
L’origine des nausées pendant la grossesse n’est pas tout à fait connue jusqu’à présent. Des études évoquent tout de même la possibilité qu’elles soient reliées à une montée hormonale. La production d’œstrogènes et de HCG (gonadotrophine chorionique) est en effet très élevée durant la gestation. La HCG s’accroît principalement jusqu’au 2e mois avant de régresser. C’est principalement au cours de cette période que les nausées et vomissements sont très intenses.
D’un autre côté, chez certaines femmes enceintes dont les vomissements persistent pendant toute la durée de la grossesse, il a été constaté que le taux d’œstrogènes est toujours en hausse.
85 % des femmes enceintes ont des nausées au cours de leur grossesse.
La plupart du temps, les nausées ou vomissements se manifestent vers la 8e semaine d’aménorrhées et cessent avant la fin de la 22e semaine. Ils peuvent survenir à toute heure de la journée et même de nombreuses fois.
Considérés comme des symptômes normaux au cours de la grossesse, les nausées et vomissements sont normalement sans risque. Les signes vitaux de la mère et de l’enfant restent corrects :
Température normale ;
Pression artérielle normale : environ 12/7 ;
Fréquence respiratoire normale : 12 à 20 cycles par minute ;
Rythme cardiaque fœtal normal : 120 à 160 battements par minute ;
Poids stable ou en augmentation ;
Conscience normale ;
Hydratation normale.
Aucune douleur abdominale ne devrait non plus être ressentie lors des nausées ou des vomissements de la grossesse.
Bien que ces cas soient relativement rares, les nausées et les vomissements peuvent parfois prendre des ampleurs plus graves et occasionner diverses complications comme :
Le risque de déshydratation : il survient dans un contexte de vomissements incontrôlables prolongés. La personne ressent des maux de tête et parfois une perte de conscience. On remarque également une perte de poids massive de plus de 5 % de son poids antérieur.
La présence de lésions dans l’œsophage : elle survient au cours de vomissements incontrôlables prolongés avec présence de sang.
L’encéphalopathie de Gayet Wernicke par carence en vitamine B1 (rare): dans ce cas, la patiente est très confuse et n’arrive pas se concentrer.
Le pneumothorax provoqué par les vomissements (rare): se traduit par des troubles respiratoires.
Dès que les nausées et vomissements de la grossesse commencent à devenir plus sévères, le mieux est de consulter un médecin et de surveiller de près l’évolution de l’état de santé de la mère et du bébé. Le médecin doit éliminer les autres diagnostics plus sérieux. C’est le cas de la pré éclampsie qui induit une hypertension artérielle, des maux de tête, des troubles visuels, des troubles de la conscience et une difficulté respiratoire.
En général, on se base sur l’observation clinique pour évaluer la gravité des nausées ou vomissements bénins de la grossesse. Toutefois, s’il y a des doutes en ce qui concerne les causes de ce phénomène, des examens spécifiques peuvent être demandés.
Une analyse sanguine
Pour vérifier la bonne évolution du taux de HCG et éliminer une grossesse extra utérine.
Pour éliminer les diagnostics différentiels.
Pour une grossesse saine, les résultats de ces tests devront tous être normaux.
Une analyse urinaire
Elle est utile pour déterminer la présence de protéinurie (albumine) dans les urines. Si le résultat est négatif, il n’y a aucun risque pour la grossesse.
L’ionogramme sanguin peut révéler une très faible concentration en potassium (kaliémie inférieure à 2,5 mmol/l). Pour une femme enceinte, cette situation peut entraîner des paralysies musculaires au niveau de tout le corps endommageant les activités cardiaques et respiratoires. Elle représente de ce fait une menace mortelle pour la mère ainsi que le fœtus.
Un nombre de plaquettes sanguines inférieur à 150000/mm3, un taux ASAT-ALAT-GGT-PAL perturbé et une protéinurie devra évoquer le diagnostic d’une pré éclampsie ou d’une éclampsie.
Une CRP élevée alerte également de l’existence probable d’une infection aiguë.
Pour traiter les nausées ou vomissements bénins de la grossesse, on aura recours au médecin généraliste ou au gynécologue ou à la sage femme.
Si les nausées et vomissements sont plus ou moins tolérables, de simples mesures diététiques et quelques bons gestes peuvent aider à les soulager. Pour cela,
diminuer la quantité des repas si nécessaire ;
boire à distance des repas et en petite quantité ;
préférer les boissons et aliments froids ;
éviter les odeurs susceptibles de provoquer les nausées et sortir à l’air frais ;
éviter de s’allonger juste après un repas, surtout sur le côté gauche.
Malgré ses mesures diététiques, si les nausées sont toujours présentes, prendre de la doxylamine 15 mg le soir au coucher. Si besoin, augmenter la dose jusqu’à 3 prises par jour. Vous ne trouverez pas d’indications sur les nausées de grossesse sur la notice. Prendre ce médicament pendant la plus courte durée possible.
Si ces moyens thérapeutiques ne sont pas efficaces pour soulager les nausées pendant la grossesse, essayez ces autres méthodes.
Le gingembre en poudre : il semble montrer une efficacité modeste sur les nausées.
L’acupressure : pression manuelle sur une zone du poignet appelée P6. Elle a une efficacité modeste.
Métoclopramide : ce médicament devra être adopté en dernier recours, car il est responsable de plusieurs effets indésirables.
Notez que l’homéopathie supérieure à 12 CH a un effet placebo intéressant sur les femmes enceintes.
Dompéridone : effets indésirables disproportionnés par rapport au faible bénéfice.
Métopimazine : effets indésirables disproportionnés, notamment au niveau cardiaque, par rapport au faible bénéfice.
En principe, les nausées ou vomissements bénins de la grossesse disparaissent spontanément entre la 12e et la 22e semaine de la grossesse.