Pancréatite aigüe
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La pancréatite aigüe est une maladie du pancréas qui survient généralement de façon soudaine et brutale. Elle est responsable de violentes douleurs abdominales handicapantes. En cas d’aggravation, elle peut même induire des réactions inflammatoires sur les autres organes comme le poumon, les reins ou le cœur. Découvrez l’essentiel à savoir sur la pancréatite aigüe dans cet article
La pancréatite aigüe est une maladie caractérisée par une inflammation aigüe du pancréas.
Le pancréas est une glande qui intervient dans la digestion. Il occupe deux fonctions :
Sécrétion d’insuline dans le sang ;
Fabrication des enzymes digestives qui dégradent les aliments.
En temps normal, au cours de leur synthèse, les enzymes digestives sont encore sous forme inactivées. Elles ne s’activent que lorsqu’elles sont libérées au sein du tube digestif.
Dans le cas d’une pancréatite aigüe, les enzymes digestives s’activent en étant encore à l’intérieur du pancréas et détruisent les tissus de la glande. C’est ce qui engendre l’inflammation.
La maladie évolue généralement sous 2 formes différentes :
bénigne œdémateuse ;
maligne nécrosante : elle libère des sous-produits inflammatoires et risque la défaillance d’organes (poumons, rein, foie, cœur...).
Les causes de pancréatite aigüe sont essentiellement liés à deux causes:
biliaire : 40 % des cas de pancréatite aigüe sont dus à la présence de calculs biliaires ;
alcoolique (40 % des cas) : consommation durant plus de 10 ans de plus de 100 g d'alcool pur par jour ;
autres causes: infection par parasites (ascaris, salmonelle), intoxication médicamenteuse, anomalie anatomique, traumatisme du pancréas, cancer du pancréas, hypertriglycéridémie>10 mmol/l, hypercalcémie, mucoviscidose, examen endoscopique agressif, nutrition par les veines, hyperparathyroïdie, infections virales.
Les personnes adultes de plus de 40 ans sont les plus touchées par la pancréatite aigüe.
La maladie concerne environ 25 malades pour 100 000 habitants par an.
Dans 90 % des cas, tout commence par une douleur à type coup de poignard ou de crampe. Elle apparaît de manière violente au niveau du haut du ventre, parfois sous le nombril ou sous les côtes gauches. Elle irradie ensuite dans le dos ou vers l’épaule gauche et parfois se diffuse dans tout l’abdomen.
La douleur a un début brutal et s’étend sur une durée prolongée, est permanente et avec une intensité constante. Elle peut s’aggraver avec la consommation d’alcool ou de certains aliments, mais peut également être diminuer par la position recroquevillé, la compression du ventre et la prise d’aspirine.
Les autres signes sont :
les nausées ;
les vomissements (50 % des cas) alimentaires puis bilieux ;
les diarrhées ;
l’anorexie ;
l’amaigrissement ;
et l’arrêt des gaz avec ballonnement (dans 30 % des cas).
Comme la pancréatite aigüe peut entraîner des défaillances au niveau de divers organes, au cours de la consultation clinique, on évalue systématiquement les diverses constantes telles que :
la pression artérielle ;
la fréquence cardiaque ;
la température corporelle ;
la Sp02 (Taux de saturation en oxygène 02 du sang) ;
la fréquence respiratoire.
La palpation du ventre est impossible car est très douloureuse.
L’obésité constitue un risque pour le patient qui souffre de pancréatite aigüe. Elle augmente la probabilité de formes graves de la maladie.
Il faut aussi être vigilant à la manifestation des signes comme :
une détresse respiratoire ;
une baisse de tension brutale avec perte de connaissance ;
une baisse du volume des urines ;
des signes neurologiques à type de confusion (concerne 15 % des cas) ;
de signes d’infection (concerne 30 % des cas) ;
une hémorragie.
Tous sont responsables de formes graves dont vous devez prendre en charge rapidement.
Pour confirmer le diagnostic la maladie, voici les examens utiles :
a) Des examens biologiques
Ils sont nombreux.
NFS-P (numération de la formule sanguine et des plaquettes) ;
hémostase, groupe sanguin ;
ionogramme ;
dosage de la CRP (protéine C-réactive) pour voir l'inflammation ;
bilan hépatique (c'est le foie) ;
lipasémie (analyse du taux de la lipase dans le sang) : 3 fois la normale (nb : il n'y a pas de lien entre le taux et la gravité de la maladie) ;
créatininémie (dosage de la fonction rénale) ;
alcoolémie ;
glycémie à jeun (c'est le taux de sucre) ;
LDH (Lactate déshydrogénase).
b) Une échographie abdominale
L’échographie permet de visualiser l’état du pancréas : il apparaît sombre avec épanchement de liquide autour.
Elle aide aussi à établir le diagnostic de cause. En effet, cette imagerie peut mettre en évidence les calculs au sein de la vésicule biliaire.
Un scanner abdominal injecté
Le scanner est également un examen de référence lors du diagnostic de la pancréatite aigüe.
Le scanner sans injection est utilisé pour voir le volume de la glande et pour repérer la présence de coulées.
Le scanner abdominal avec injection de produit de contraste, par ailleurs, servira à repérer les nécroses qui s’y développent. Il doit être différé de 48 heures afin de mieux établir l’étendue des complications.
En fonction des résultats des deux scanners, on obtient ce qu’on appelle le score de Balthazar modifié. On l’obtient grâce au score du pancréas et au score de nécrose.
Score scannographie (en fonction de l’inflammation pancréatique et péri pancrétique)
Stade A : pancréas normal (0 point)
Stade B : pancréas augmenté de volume diffus ou focal (1 point)
Stade C : infiltration de la graisse alentour (2 points)
Stade D : une coulée de nécrose péripancréatique (3 points)
Stade E : plus d’une coulée de nécrose ou présence de bulles de gaz au sein d’une coulée (4 points)
Score de nécrose
Absence de nécrose (0 point)
Nécrose inférieure à 33 % (2 points)
Nécrose inférieure à 50 % (4 points)
Nécrose supérieure à 50 % (6 points)
Les résultats s’interprètent comme suit :
score de 0 à 3 : pancréatite peu sévère avec taux de morbidité à 8 % et taux de mortalité à 3 % ;
score de 4 à 6 : pancréatite modérément sévère avec taux de morbidité à 35 % et taux de mortalité à 6 % ;
score de 7 à 10 : pancréatite grave avec taux de morbidité à 92 % et taux de mortalité à 17 %.
Des complications peuvent se révéler lors des examens,
Par exemple, si le score scannographique est supérieur ou égal à 4, cela veut dire qu’il s’agit d’une pancréatite grave.
Lorsque les analyses biologiques dévoilent un CRP élevé, une hémoculture, et une ponction sous scanner purulente, c’est qu’il y a infection. Ce cas arrive chez près de 30 % des patients.
Dans la mesure où le scanner montre des hémorragies, une perforation des organes de voisinage, une obstruction, une fistule, une nécrose, une colite ischémique, un kyste…, ce n’est pas bon signe. Ce sont des symptômes de pancréatite aigüe compliquée. Elle touche environ 20 % des cas.
Un taux de sucre élevé indique l’existence de diabète et de ce fait, une perte de la fonction de fabrication de l'insuline.
Une créatininémie élevée correspond à une défaillance du rein. Cela est visible chez 20 % des cas.
Un épanchement découvert à la radiographie du thorax avec la présence de lipasémie lors de la ponction désigne un épanchement secondaire.
Un épanchement péritonéal avec lipase présente aussi un marqueur d’épanchement secondaire.
Une anomalie du foie à la prise de sang indique une atteinte du foie.
Une chute du nombre des plaquettes est un signe de coagulation massive. Cela signifie qu’il a une formation importante micro-caillots dans la circulation sanguine.
Les deux grandes causes sont assez faciles à déterminer.
Augmentation de VGM (volume globulaire moyen) et présence GGT (gamma-GT), histoire alcoolique: cause alcoolique.
Existence de perturbation du foie dans les examens de biologie et au scanner : lithiase biliaire.
Dès la manifestation de la pancréatite aigüe, il convient de se rendre chez les urgences ou un service de réanimation. Ces entités s’occuperont de la prise en charge initiale.
Après cela, il y aura une hospitalisation en gastroentérologie où le patient suivra un protocole de traitement bien défini.
Repos à jeun avec une pose de sonde naso-gastrique si les vomissements sont incoercibles.
Reprise alimentaire en l’absence de douleur (en général dans les 10 jours), avec régime sans graisse.
Perfusion de soluté de réhydratation.
Prévention des phlébites
Le gastroentérologue donnera des avis spécialisés sur l’état du patient, l’évolution de la maladie et les traitements de fonds à effectuer.
Pour soulager les symptômes de la pancréatite aigüe, on propose en première ligne le paracétamol.
Si ce dernier ne démontre pas assez d’efficacité, il possible de recourir à des antalgiques plus puissants comme la codéine, le tramadol et la morphine.
Par contre, il faut à tout prix éviter de prendre de l’aspirine et des anti-inflammatoires.
En cas de pancréatite aigüe avec infection de nécrose, le médecin recommande dans un premier temps un traitement à base d’antibiotiques.
S’il y a échec du premier traitement, en alternative vient la chirurgie. Elle consiste à faire un drainage radiologique ou endoscopique.
Selon l'état du patient, il faudra prendre en charge les défaillances au cas par cas.
Pour prévenir la pancréatite aigüe, il faut avant tout éviter l’alcoolisme. C’est l’une des principales causes de la maladie chez de nombreuses personnes. On devra dans certain cas retirer la vésicule biliaire, afin que les calculs ne puissent plus boucher les canaux pancréatiques.
En ce qui concerne l’évolution de la maladie, 80 % des patients guérissent sans complication locale ou générale, et sans récidive.
20 % des patients quant à eux ont un pronostic sévère. Le taux de mortalité globale est actuellement de 5 %.
Pour lutter contre les complications, il faut surveiller de près la maladie. Une pancréatite aigüe peut s’aggraver plusieurs semaines après son début.
Si la pancréatite aigüe est due à la présence de lithiase, il faudra mettre en action une prise en charge spécifique contre celle-ci.
Si le patient est alcoolique, il devra être accompagné vers l’arrêt.
En gros, le médecin doit rechercher et traiter tous les éléments susceptibles d’être la cause de l’affection.
En outre, il est important de faire un tri dans les médicaments du patient. Certains médicaments s’avèrent capables de provoquer une inflammation du pancréas. On peut citer :
le diurétique furosémide ;
les immunosuppresseurs azathioprine et 6 — mercaptopurine ;
inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine en cardiologie, etc.