Plica du genou
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La plica du genou est relativement fréquente chez l’adulte dans 20 à 90 % de la population. Rarement symptomatique, elle est souvent négligée, retardant le diagnostic. Comment se définit-elle, comment la diagnostiquer et comment la traiter ? Trouvez dans cet article toutes les informations nécessaires pour ne pas passer à côté de cette maladie.
La plica du genou est un repli de la membrane synoviale c'est à dire l'intérieur de l'articulation.
La plica est un reliquat d’origine embryonnaire, qui est généralement indolore. Selon la localisation anatomique au niveau du genou, on en distingue trois types.
la plica supérieure: retrouvée chez 50% des individus, c’est une cloison localisée juste au-dessus de la rotule. Cette cloison est le plus souvent incomplète, avec un orifice plus ou moins important. Elle n’est jamais pathologique et n’entraîne aucune symptomatologie clinique.
la plica inférieure: c’est un repli synovial qui se situe juste en avant du ligament croisé antérieur. Elle est présente chez 70 % des individus et n’entraîne aussi aucun trouble.
la plica interne ou antéro-médiane: présente chez 25% des individus et qui peut parfois entraîner une gêne au niveau du genou. Lorsqu’elle est pathologique, elle va venir s’interposer entre la rotule et la partie interne de la trochlée fémorale entraînant des blocages du genou.
La personne se plaint de douleurs en péri-rotuliennes et au niveau antérieur-interne du genou. Elles surviennent après des mouvements répétés de flexion et extension du genou, notamment lors de la pratique sportive. Le plus souvent, on peut retrouver des épisodes de claquements (ressaut de la rotule), de pseudo-blocages du genou et une sensation d’accrochage.
À l’examen clinique, le médecin perçoit à la palpation une impression de corde qui roule sous le doigt à la face interne du genou, parallèle à la rotule.
Une IRM (image par résonnance magnétique)
Le diagnostic peut être évoqué sur l’IRM, l’arthro scanner ou l’arthro IRM.
L’IRM du genou atteint permet de visualiser une plica assez développée et épaisse. Des images en faveur de phénomènes inflammatoires et œdémateux adjacents peuvent également figurer sur le cliché.
L’arthro scanner ou l’arthro IRM, quant à lui est un examen d’imagerie par caméra dans l'articulation. Il nécessite en premier temps une injection de produit de contraste au sein de l’articulation.
Comme la plica est un repli naturel de la poche synoviale, aucun traitement particulier n’est indiqué. En revanche, devant une gêne ou de douleur au niveau de genou, on peut la traiter.
En cas de plica du genou symptomatique, les patients peuvent joindre les professionnels de santé de la ville pour les orienter et les conseiller.
Chez le médecin généraliste, un diagnostic sera posé afin d’établir le traitement.
En cas de nécessité d’un avis spécialisé chirurgical, le malade sera référé chez l’orthopédiste.
Pour soulager la plica du genou, en premier choix, il est conseillé d’utiliser de la glace, de prendre des anti douleurs (comme le paracétamol en raison de 15 mg/kg toutes les 6 heures) et de mettre au repos l’articulation. Des séances de kinésithérapie sont aussi importantes pour écarter la douleur et retrouver l’autonomie assez rapidement (mobilités articulaires normales et marche normale).
L’utilisation des anti-inflammatoires non stéroïdiens se place en second choix. Pour les cas des anti inflammatoires locaux, leur effet est modeste et fugace. Par contre les anti inflammatoires pris par voie orale, tel que l’ibuprofène ou le naproxène peuvent être efficaces.
Une infiltration de corticoïde en arrière du tendon rotulien a des bénéfices incertains. Si le résultat est incomplet, une deuxième infiltration est justifiée 1 mois plus tard. Ce traitement se limite toutefois à 3 séances par an.
Quelques médicaments ne sont pas recommandés, à savoir :
les coxibs, l’acéclofénac, le diclofénac et le piroxicam, car ce sont des anti-inflammatoires avec trop d’effets indésirables et à moindre efficacité ;
le kétoprofène, par voie orale ou par gel, leur effet indésirable n’est pas moindre par rapport aux autres AINS, notamment au niveau digestif (pour la prise orale) ;
En premier recours, le traitement est médical.
Le traitement chirurgical par arthroscopie n’est recommandé qu’en cas de troubles ou de gênes persistantes. Elle consiste à faire une petite opération pour réséquer la plica après l’avoir découpée. Ainsi, le patient peut sortir le jour même, de l’hôpital. L’appui total est autorisé en post opératoire. Toutefois, un arrêt de travail de 10-15 jours est à prévoir. Cette durée peut varier en fonction des professions de chaque patient.
En cas de traitement chirurgical, un rendez-vous de consultation avec le chirurgien est à programmer après 1 mois de l’intervention.