Urétrite
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L’urétrite est une infection du pénis redoutée chez l'homme. Il est craint car est d'origine sexuel et peut se transmette. Cet article vous donne les détails sur les symptômes, les traitements, et la conduite à tenir face à son partenaire.
L’urétrite désigne une infection au niveau du pénis, causée par une bactérie sexuellement transmissible.
L’infection touche l’urètre et est causée par 4 types de bactéries, à savoir :
le chlamydiae
le gonocoque
le mycoplasma genitalum
le trichomonas vaginalis
Ce sont tous des germes sexuels, c'est à dire qui se transmettent par voie sexuelle.
Voici la durée de l'incubation (délai entre la contamination et l'apparition des symptômes) :
le chlamydiae: incubation: 10 jours à 1 mois ;
le gonocoque: incubation: 2 à 7 jours ;
le mycoplasma genitalum: inconnue (longue);
le trichomonas vaginalis: incubation 3 à 28 jours.
Chez l'homme l'infection se manifeste par une urétrite. Chez la femme, elle se manifeste par des écoulements vaginaux (leucorrhées) et des symptômes gynécologiques.
Cette infection affecte uniquement ayant déjà eu des rapports sexuels. Les facteurs de risque sont :
la fréquence des rapports sexuels ;
le nombre de partenaires ;
l’absence de protection personnelle.
Dans les 50 % des cas, cette maladie ne manifeste aucun symptôme. Sa découverte se fait de manière fortuite (infection du partenaire, ou dépistage à titre systématique).
Donc dans 50% du temps, les symptômes sont présents.
La personne ressent des brûlures à intensité faible ou forte. Les brûlures sont localisées dans le gland ou pénis, et n'irradient pas ailleurs. Elles ont un début progressif, elles sont prolongées et persistent dans le temps. La douleur se ressent davantage lorsque la personne urine.
La maladie se caractérise par une difficulté à uriner et parfois d’une sensation fièvre. Au niveau du système digestif, l’infection se manifeste par une striction douloureuse de l’anus. Un saignement rectal et une constipation peuvent s’observer.
En général, le praticien ne constate pas réellement de fièvre sur le thermomètre. Il observera cependant une inflammation du méat du gland. Un écoulement clair en faveur du Chlamydiae ou un écoulement jaune évoquant le gonocoque peut être observé.
La personne ne ressent aucune gêne au niveau du bas du ventre. Aucune douleur n’est perçue lorsque l’on tape sur les reins.
Quelques symptômes conduisent à évoquer des complications de l’urétrite. En cas de douleur à la palpation des testicules, le médecin redoute l’orchiépididymite, une infection des testicules. En présence de douleur au toucher rectal, le diagnostic mène à la prostatite (infection de prostate). En présence d’arthrite, d’urétrite et de conjonctivite, le médecin diagnostique le « Fiessinger Leroy Reiter ».
a) Examens d’urine
Le dépistage peut se réaliser simplement par une bandelette urinaire. Il dépiste la présence de sang, de nitrite et des leucocytes. Les nitrites sont positifs par la présence de bactéries et la présence des leucocytes et de sang évoque une infection en cours. Si un seul des trois est positif, cela peut faire suspecter le diagnostic.
Une analyse d'urine plus poussée, l’ECBU du premier jet (pour examen cytobactériologique des urines) et un écouvillon du méat urinaire sont des examens indispensables pour confirmer le diagnostic. Un examen direct des bactéries et une mise en culture sont ensuite demandés afin de révéler la présence de germes. Le test PCR sur l'urine sera utile pour révéler la présence du Chlamydiae.
Selon l’habitude sexuelle de la personne uniquement, un prélèvement dans l’anus et depuis la gorge peuvent être réalisés.
b) Recherche des autres maladies sexuelles par une prise de sang
Il est conseillé de rechercher d'autres germes sexuels par prise de sang pour rechercher :
le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) ;
le virus de l’hématite B ;
le virus de l’hépatite C ;
le Treponema pallidum qui provoque la syphilis.
Les professionnels de santé de ville conseillent et orientent le patient. Pour soigner le Gonocoque lié à un rapport sexuel, il faut consulter un médecin généraliste qui orientera au besoin vers un infectiologue ou un urologue. Ces derniers traitent les complications.
Le paracétamol est en premier lieu indiqué pour calmer les douleurs.
La stratégie diffère en fonction du germe retrouvé sur les prélèvements.
En présence d’une infection par Gonocoque, la ceftriaxone 500 mg par voie injectables IM est prescrite en dose unique. Comme alternative, le céfixime 400 mg en dose unique est administré par voie orale.
Une infection par Chlamydiae va être traitée par azithromycine 1 g par voie orale et en dose unique. On constate 97 % de réussite avec ce traitement.
Eu deuxième choix, la doxycyline 100 mg est à prendre par voie orale 2 fois par jour, et ce, pendant 7 jours. La prise de ce médicament demande une protection du soleil, car il provoque une sensibilité aux rayons UV.
S’il existe une infection conjointe avec Gonocoque, il faut prendre en même temps l’azithromycine 2 g en une seule prise. Cela est indiqué si le céfriaxone ou le céfixime par voie injectable ne peut pas être réalisé.
Un cas d’infection par mycoplasme génitalium ou d'absence de germe avec persistance des signes cliniques doit être traité par 500 mg d’azithromycine par voie orale une fois par jour le premier jour, puis 250 mg une fois/j, et ce, pendant 4 jours.
Pour traiter une infection par trichomonas vaginalis, il faut prendre 2 g de métronidazole en dose unique. Éviter de consommer de l’alcool dans les 3 jours de prise du médicament. On peut aussi utiliser tinidazole : 2 g en une seule prise tout en évitant de consommer de l’alcool dans les 3 jours de prise de médicament.
En deuxième choix, 500 mg de métronidazole deux fois par jour durant 7 jours est préconisé. Encore une fois, prendre de l’alcool reste proscrit dans les 3 jours de prise du médicament.
Il est important de détecter les éventuelles séquelles de l'infection. En présence mauvais jet urinaire par exemple, il faut rechercher une rétrécissement du conduit pénis.
Prenez également connaissances du dépistage des autres infections sexuelles.
A noter que les symptômes du Gonocoque disparaissent sous antibiotiques en 72 h.
Pour s’assurer de la disparition du Gonocoque ou du Chlamydiae, il est indispensable de réaliser un test sous un délai d’au moins 3 semaines après la fin du traitement. Ce test est très sensible et risque de se révéler faussement positif s’il s’effectue avant de cette durée.
En cas d’échec du traitement, une réinfection est suspectée surtout si les partenaires ne sont pas traités ou si le traitement est mal pris à cause des vomissements.
Pour prévenir l’urétrite, il est important de lutter contre les facteurs de risques. Il convient de dépister et de traiter tous les partenaires sexuels au cours des deux mois précédents. S’abstenir sexuellement ou porter des préservatifs durant la semaine qui suit le début des traitements est indispensable.