Appendicite
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L’appendice est une petite structure anatomique situé sur la partie initiale du gros intestin, sur le côté inférieur droit de l’abdomen. Elle fait une dizaine de centimètres de longueur pour environ 5 cm de diamètre. L’inflammation de cet organe est responsable de douleurs abdominales. En plus d’être brutales et intenses, celles-ci peuvent être alarmantes. Dans cet article, découvrez comment diagnostiquer et traiter une appendicite.
L’appendicite désigne l’inflammation de l’appendice. C’est une pathologie qui représente une urgence chirurgicale, car elle peut évoluer en péritonite qui est une affection potentiellement grave.
Lorsque cette maladie survient de manière brutale, on parle d’appendicite aiguë. Par contre, si elle se manifeste par des douleurs sur une période prolongée, on parle d’appendicite chronique. Contrairement à la première forme, la seconde se produit rarement.
Selon la position de l’appendice, les symptômes de la maladie sont parfois différents d’un sujet à l’autre.
Toutefois, pour ce qui est de la nature de l’inflammation, elle fait généralement suite à l’obstruction de l’appendice. Les principales causes de celle-ci sont les suivants :
le stercolithe : solidification de résidus de matière fécale calcifiée ;
l’hyperplasie lymphoïde associée à une infection virale ou bactérienne.
Dans de rares cas, l’appendicite résulte d’un bouchon muqueux, de la pénétration d’un corps étranger ou d’une inflammation pariétale (maladie du Crohn ou invasion de parasites).
L’appendicite peut survenir à tout âge, et peut atteindre une personne sur 15. Néanmoins, elle est plus courante chez les personnes âgées entre 10 et 30 ans. De la même manière, elle touche plus d’hommes que de femmes. L’appendicite est rare chez les enfants de moins de 3 ans et les séniors.
Les signes typiques d’une appendicite sont multiples. Le symptôme principal est une fièvre modérée de 38 °. Cette dernière s’accompagne de divers signes digestifs tels que :
une douleur importante semblable à une crampe ou une torsion. Elle est souvent située à la fosse iliaque droite (en bas à droite), mais peut également atteindre d’autres zones. Cette douleur apparaît parfois au niveau de l’épigastre, avec un début brutal, aigu et continu.
Quant à son évolution, elle tend vers l’accentuation. Elle s’amplifie davantage par la palpation ou la toux. Et, à l’inverse, elle s’atténue par l’attitude en flexion en avant ;
des nausées dans 50 % des cas, des vomissements dans 30 % des cas et de la constipation dans 30 % des cas.
Selon la localisation de l’appendice, on distingue :
l’appendice pelvien : ce type d’appendicite provoque des signes rectaux comme le ténesme, le faux besoin, des douleurs hypogastriques dans la région pelvienne. À ces symptômes s’ajoutent des signes urologiques à l’instar de la pollakiurie (miction fréquente en petites quantités) ou l’impériosité (irritation) ;
l’appendice sous hépatique : elle se manifeste par des douleurs au niveau de l’hypocondre droit ;
l’appendice rétro-caecale : elle entraîne des douleurs lombaires droites en position antalgique en psoïtis (flexion douloureuse de la cuisse sur le bassin) ;
l’appendice mésocoeliaque : elle cause un arrêt des gaz (iléus réflexe).
Les signes cliniques généraux d’une appendicite sont une température normale ou au-dessus de 38 °C et une fréquence cardiaque normale ou rapide.
En ce qui concerne les signes digestifs, ils sont nombreux :
lors de la palpation, le médecin ressent un abdomen souple, douloureux avec une défense au point de Mc Burnay. Ce dernier correspond au tiers externe de la ligne qui va de l’ombilic à l’épine iliaque antéro-supérieure. C'est le signe incontournable.
Une douleur de la fosse iliaque droite se manifeste aussi pendant la compression profonde de la fosse iliaque gauche. C’est un signe de Rosying ;
En cas de décompression brutale de la fosse iliaque gauche, le patient ressent une douleur de la fosse iliaque droite. C’est un signe de Blumberg ;
un psoïtis qui désigne une douleur à l’extension ou à la flexion contrariée de la cuisse droite (appendice rétro-caecale) ;
un signe de l’obturateur se traduisant par le mouvement passif de rotation interne de la hanche lors de la flexion de la cuisse et du genou ;
une douleur latéro-rectale droite qui se déclenche au cours du toucher rectal (s'il est fait).
D’autres signes oto-rhino-laryngologiques peuvent également être observés lors de l’inspection de cette région. C’est le cas d’une langue saburrale et d’une haleine fétide.
Les tableaux cliniques compliqués de l’inflammation aiguë de l’appendice sont nombreux.
Une forte fièvre associée à des signes généraux, une contracture abdominale ainsi qu’une occlusion réflexe peut indiquer une péritonite. Il s’agit de l’infection du péritoine qui est la membrane séreuse enveloppant la cavité abdominale et contenant les intestins. Certains cas de péritonite peuvent s’avérer fatals en l’absence de traitement, ce qui nécessite une prise en charge immédiate.
Un arrêt de gaz lié à un ballonnement, une douleur et des vomissements. Ils peuvent être les signes d’un iléus réflexe. C’est une occlusion intestinale due à l’enroulement des masses intestinales les unes aux autres.
Un empâtement douloureux, de la peau-rouge et chaude en regard qui peuvent traduire un plastron appendiculaire. C’est une forme évolutive de l’appendicite aiguë. Il nécessite aussi une intervention chirurgicale en urgence.
Les appendicites difficiles à diagnostiquer sont aussi des cas à haut risque de complications. On les retrouve souvent chez les catégories de personnes suivantes :
le nourrisson qui présente des signes comme l’agitation, l’anorexie, l’insomnie, la déshydratation, la diarrhée et l’altération de l’état général (AEG) ;
une personne âgée dont la douleur est moins marquée ;
une femme enceinte, entre le deuxième et troisième trimestre de grossesse, qui présente un tableau appendicite sur l’hypocondre droit.
Il est important de ne pas confondre l'appendicite avec une autre douleur.
Le diagnostic de l’appendicite peut nécessiter différents examens. Et ce, notamment en cas d’appendicite chronique qui est plus difficile à diagnostiquer.
Bilans sanguins
Deux types de tests sanguins peuvent être réalisés : le NFS et la CRP.
D’un côté, la NFS (Numérotation de Formule Sanguine) consiste à mesurer la quantité de leucocytes (globules blancs). Ceux-ci sont produits par des organes dits « lymphoïdes » dont l’appendice fait partie. Dans 80 % des cas de crise d’appendicite, le taux a souvent tendance à être plus élevé que la normale. Cela se traduit par une hyperleucocytose à PNN > 10 000/mm3.
D’un autre côté, il y a la CRP (protéines C-réactives) qui sert de marqueurs d’inflammation. Une CRP élevée correspond à un taux supérieur à 5 mais en cas d'appendicite elle est très élevée, autour de 50 mg/l.
Le test de score des facteurs de diagnostic positif et négatif d’appendicite
En outre, pour confirmer le diagnostic, le médecin peut procéder à un test de score où il utilisera deux critères bien distincts : les facteurs de diagnostic positif d’appendicite et les facteurs de diagnostic négatif d’appendicite.
Les facteurs de diagnostic positif d’appendicite regroupent les éléments suivants :
sexe masculin : score +2 ;
âge ≥ 50 ans (2) : score +3 ;
durée des symptômes : « 1 jour ½ : score +2 » et « 2 jours : score +1 » ;
existence d’une défense : score +3 ;
leucocytes — 13 000 Giga/l : score +2.
Quant aux facteurs de diagnostic négatif d’appendicite, les points considérés sont :
sexe féminin : score -1 ;
âge entre 20 et 39 ans : score -1 ;
durée des symptômes : 3 jours ou plus : score -3 ;
absence de défense : score -3 ;
leucocytes˂10 000 Giga/l : -3 ;
masse pararectale droite : score -3
signes génito-urinaires : score -3.
Pour la lecture du résultat, le score global est doit toujours se situer entre -14 et +12. S’il est en dessous de -6, on déclare qu’il n’a pas d’appendicite. Par contre, s’il est au-dessus de +2, on considère que le syndrome douloureux correspond à une appendicite.
Il est à noter que sur ce score, les malades âgés de 40 à 49 ans sont comptés zéro.
L’échographie abdominale
Les bilans sanguins ne permettent pas de confirmer à 100 % le diagnostic de l’appendicite. C’est pour cette raison qu’une échographie est indispensable. Elle permet de mettre en évidence différents éléments dont :
la douleur au point de Mc Burney ;
l’appendice en cocarde ou l’infiltration hyperéchogène indiquée par l’augmentation de la taille et de l’épaisseur de la paroi ;
l’épanchement autour de l’appendice ou l’abcès péri-appendiculaire ;
le stercolithe : une hyperéchogène avec cône d’ombre.
Le scanner abdominal
Le scanner abdominal se fait avec injection et uniquement si un doute persiste après l’échographie. Il permet de repérer un épaississement de l’appendice.
Une IRM abdominale
Fonctionnant plus ou moins de la même manière que le scanner, cet examen d’imagerie est réservé aux femmes enceintes.
Les signes évocateurs de complications aux examens sont :
une image hypoéchogène qui montre un abcès appendiculaire ;
une masse péri-appendiculaire qui renvoie à un plastron appendiculaire.
Le médecin généraliste est au premier plan pour suspecter une appendicite.
Les cas d’appendicite confirmés sont spécifiquement pris en charge par le service de chirurgie viscérale.
Le pharmacien conseillera et orientera le patient.
La douleur et la fièvre peuvent être apaisées par la prise de paracétamol. Pour ce qui est du phloroglucinol (SPASFON), il aurait la même efficacité qu’un placebo.
Le traitement qui permet de remédier définitivement aux douleurs causées par cette inflammation de l’appendice est l’appendicectomie sous cœlioscopie, avec drainage dans le cas d’un abcès. L’ablation de l’appendice se pratique sous anesthésie générale et dure en moyenne 30 minutes.
Le traitement se poursuit ensuite par une antibiothérapie qui consiste à administrer de l’amoxicilline-acide clavulanique. Certains cas peuvent être traités uniquement avec de l’antibiothérapie.
Pour un abcès volumineux, le protocole de prise en charge commence par une antibiothérapie durant 7 jours. Avec cela, s’ajoute un drainage percutané radiologique et une appendicectomie qui doit se dérouler 2 à 4 mois après.
Tandis que pour un plastron appendiculaire, le patient devra suivre une antibiothérapie et une appendicectomie à froid après 2 à 4 mois.
Aucune mesure préventive à l’encontre de cette maladie n’existe au vu de son caractère imprévisible. Toutefois, une fois l’appendicectomie effectuée, la reprise du transit et des gaz se fait en 24 heures. Le syndrome inflammatoire diminue et la sortie de l’hôpital peut se programmer au 3e jour. Contrairement à l’appendicectomie classique, celle faite sous cœlioscopie n’engendre ni douleurs cicatricielles ni cicatrices. La reprise de l’activité est possible seulement 2 à 4 jours après la sortie.