Compression du nerf ulnaire
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Les décharges électriques suivies d’engourdissement dans le bras et dans les deux derniers doigts peuvent faire penser à une irritation du nerf ulnaire. C'est une maladie peu connue et assez difficile à diagnostiquer. Pour en connaître plus sur le syndrome, cet article, suivez le guide.
Le nerf ulnaire fait partie des trois nerfs qui innervent le membre supérieur. Son nom vient du fait qu'il passe près de l'os de l'avant bras appelé « ulna ». Il est également appelé nerf cubital car l'ancien nom de l'ulna était cubitus.
La compression du nerf ulnaire désigne une irritation du nerf à un endroit.
Le nerf ulnaire commence au niveau des vertèbres cervicales numéro 8 et thoracique numéro 1 (C8 et TH1). Ensuite, il longe la partie médiale du bras et passe derrière le coude. Il passe dans l’avant-bras pour terminer son trajet au niveau du petit doigt et de l'annulaire.
Le nerf ulnaire donne la motricité d’une partie de la main et du poignet. Il est aussi responsable de la sensibilité des deux derniers doigts de la main.
Le plus souvent, il est piégé au niveau interne du coude, et il l’est moins dans le bras supérieur et au poignet.
La cause de cette compression peut être la suivante :
une arthrose ;
une tumeur ;
une compression nerveuse ;
un traumatisme ;
une diabète et d’autres pathologies endocriniens ;
une carence vitaminique ;
une instabilité du nerf.
Le plus souvent la cause est inconnue
L’irritation nerveuse du nerf ulnaire provoque un engourdissement, picotement, ou sensation de décharge électrique sur le trajet du nerf. Cette localisation correspond à la face interne du bras, de l’avant-bras et des 4e et 5e doigts. Les symptômes sont accentués en deuxième partie de la nuit ou lorsque le coude est plié (par une conduite automobile, ou la position du téléphone par exemple). C’est également le cas lorsque les températures sont froides.
Le syndrome provoque aussi une faiblesse dans la préhension. Cela conduit à de nombreuses maladresses.
Un examinateur bien informé peut réaliser les tests suivants :
Signe de Froment: on constate une difficulté à maintenir une feuille de papier entre le pouce et l’index.
Signe de Wartenberg: une impossibilité de ramener le cinquième doigt au contact du reste.
Signe du croisement; une impossibilité de passer le médius (doigt du milieu de la main) sur l’index.
Signe de luxation du nerf dans la gouttière qui est palpable.
Signe de la lime à ongles: le patient crochète l’index de l’examinateur à l’aide de son cinquième et de son quatrième doigt ; A l'aide de son autre index, l’examinateur peut étendre les doigts crochetés.
L'examinateur peut apprécier une perte de sensibilité ou hypoesthésie dans le territoire du nerf ulnaire à l'aide d'une pointe appliqué sur la peau.
On parle de complication lorsqu’il y a compression importante du nerf ulnaire. Cela se reconnaît par une atrophie musculaire importante, avec un aspect de griffe du quatrième et cinquième doigt. Ils deviennent plus ou moins irréductibles.
a) Électromyogramme : seul examen indispensable
Il consiste à enregistrer l’activité électrique des nerfs et des muscles par le biais d’une stimulation électrique. Cela permet de voir le ralentissement de la vitesse de conduction sensitive et motrice.
b) Radio
La radiographie permet de rechercher les causes.
c) Échographie
Une échographie consiste également à rechercher les causes.
La prise en charge de la compression du nerf ulnaire se déroule en ville.
Les professionnels de santé de ville orientent le patient et le conseillent.
Le médecin généraliste fait le diagnostic.
Le rhumatologue, le neurologue et le chirurgien orthopédique donnent des avis spécialisés.
Pour soulager la douleur de l’affection, le port d’une attelle amovible à 45° doit se faire la nuit.
On recommande dans un premier temps la prise d'anti-inflammatoires, dont l’ibuprofène et le naproxène. Si ces derniers ne parviennent pas à calmer la douleur, une infiltration est envisageable.
La kinésithérapie constitue un soin de premier recours afin d’aider le nerf ulnaire à coulisser correctement à travers le bras.
En cas d’atteinte motrice ou en présence d’anomalies à l’électromyogramme, une chirurgie est nécessaire. L’intervention consiste à libérer le nerf à l’aide d’une ouverture de la face interne du coude. Le but étant de faire une ablation de l’arcade fibreuse ou une ablation d’une saillie osseuse.
Enfin, en cas de forme avancée on préconise une transposition antérieure du nerf ulnaire du coude faisant déplacer le nerf, il faut immobiliser le bras pendant 10 jours.
Dans le traitement de la compression du nerf ulnaire, même les plus graves, les résultats chirurgicaux sont généralement bons.
La prévention consiste à intervenir sur les facteurs de risques.
Dans ce cas, il faut :
éviter de plier le coude ;
éviter de reposer le coude sur un accoudoir qui sert d’ergonomie d’un poste de travail ;
éviter de conduire avec le bras gauche par la fenêtre.
Il convient également de traiter les facteurs connexes au syndrome.
Si la cause est inconnue, le plus souvent il n’y a rien d'autre à faire, par définition.
Lorsque l’irritation provient d’une arthrose, d’une tumeur ou d’une compression nerveuse, à ce moment-là, il faut les traiter.
En présence d’une instabilité nerveuse, il faut se tourner vers un kinésithérapeute.
Il convient également de traiter le traumatisme, le diabète et les pathologies endocriniennes.
Et, si vous souffrez de carences vitaminiques, penser aussi à les traiter.