Condylome
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D’origine virale, le condylome ou verrue génitale est une infection sexuellement transmissible très répandue dans le monde. Touchant aussi bien les hommes que les femmes, il peut parfois provoquer un cancer. Diagnostic, symptômes, traitements, prévention… nous allons faire le point sur le condylome.
Le condylome désigne des lésions macroscopiques au niveau des organes génitaux liés à l’infection par Human Papilloma Virus ou HPV.
Il existe de nombreux génotypes (types) de HPV, dont certains sont responsables des condylomes. Ces derniers sont des génotypes à faible risque oncogène, c’est-à-dire qu’ils sont à faible risque de développer un cancer.
Ces virus sont très contagieux et se transmettent lors des rapports sexuels non protégés (IST), même lors des préliminaires. Autrement dit, l’infection est possible même sans pénétration. La contamination en dehors des rapports sexuels est rare.
Les lésions les plus contagieuses sont les condylomes acuminés. Il s’agit d’une tumeur rare liée aux infections de HPV.
Les lésions apparaissent après 3 semaines à plusieurs années suivant la contamination par le HPV (incubation longue). Pour la plupart des personnes infectées, leur organisme parvient à éliminer spontanément le virus. En revanche, chez d’autres personnes, à l’état quiescent (des personnes inactives), ce dernier persiste notamment dans les couches profondes de l’épiderme.
Le condylome est l’infection sexuellement transmissible la plus fréquente dans le monde. Il atteint 2 % de la population. Il est plus fréquent chez les personnes sexuellement actives, pratiquant des rapports anaux.
Le condylome est très fréquent chez les personnes sexuellement actives. Elles s'en aperçoivent par parce qu'elle ressemble à une excroissance de chair au niveau des organes sexuels. Dans la majorité des cas, cette infection ne présente pas de symptômes. Mais, dans d’autres cas, elle se manifeste par des démangeaisons, des saignements lors des rapports sexuels et à l’essuyage.
L’examen clinique du condylome repose sur l’anuscopie. Après l’application d’acide acétique en solution aqueuse à 5 %, à l’aide d’un spéculum vaginal, on peut observer différents types de condylome, tels que :
le condylome acuminé : il s’agit d’une lésion exophytique rose blanc ou grise dite « crête de coq », confluant en nappes. À la loupe, son aspect est caractéristique de ponctuations vasculaires au sommet des papilles ;
le condylome papuleux : il correspond à des papules multiples, pigmentées (rose) ou non, isolées ou en nappes ;
le condylome plan : il correspond à des macules rouges ou rosées, qui ne sont pas visibles à l’œil nu.
Le condylome se manifeste spécifiquement au niveau des organes génitaux externes (gland, prépuce, verge, scrotum, lèvre, vulve, vagin), l’anus, le rectum (en tissu épidermoïde uniquement).
Les localisations extrapérianales orales, labiales, laryngées ou conjonctivales sont très rares, et se voient surtout chez les personnes immunodéprimées.
En cas de retard de la prise en charge, le condylome est susceptible de prendre des formes plus compliquées.
Les condylomes papuleux et plans sont plus à risque oncogène.
Le condylome de Buschke-Löwenstein (rare) : il apparaît généralement à la suite d’une exérèse chirurgicale (une intervention pour traiter une certaine anomalie). Il se caractérise par une prolifération papillomateuse bourgeonnante à cavités profondes, parfois infectées (condylome géant).
Une suspicion de sévices : il s’agit d’un condylome chez les enfants. Elle se produit chez les enfants victimes d’une violence sexuelle.
La grossesse : le bébé risque d’être contaminé lors de l’accouchement (papillomatose laryngée).
Le condylome est parfois confondu avec le Bowénoïde qui est caractérisé par des papules rouges, parfois squameux. Seule une biopsie permet de les différencier.
Une biopsie peut être réalisée pour confirmer le diagnostic du condylome. Elle consiste à analyser un fragment de tissu en anapath.
Un médecin généraliste, un gynécologue, un urologue, un proctologue et un dermatologue sont tous en mesure de prendre en charge le condylome.
Dans le cadre du traitement du condylome, voici les plus indiqués.
Azote liquide avec 70 % d’efficacité. Mais, il peut induire une ulcération ;
Bistouri électrique sous anesthésie locale, qui a une efficacité de 80 %, un risque de cicatrice et dépigmentation de la peau ;
Laser Co2 sous anesthésie locale ou générale avec une efficacité de 80 % et un risque de cicatrice et de dépigmentation.
Sinon, vous pouvez choisir les traitements chimiques :
Imiquimod 5 %, en couche mince, appliquée en massage prolongé trois fois par semaine, le soir au coucher jusqu’à guérison. Il faut rincer la zone le matin. La durée de ce traitement est de 16 semaines maximum. Son efficacité est visible au bout de 2 mois. Il peut entraîner des rougeurs et a une efficacité de 50%.
Podophyllotoxine, en application chaque matin et soir durant 3 jours consécutifs par semaine pendant 5 semaines maximum. Il a une action antimitotique et cytolytique (il détruit les cellules affectées). Il entraîne des rougeurs également et est efficace à 70%.
Les médicaments suivants ont des bénéfices incertains pour lutter contre le condylome. Utilisez les en l'absence d'alternative :
5 — fluoro-uracile : à appliquer en fines couches une à trois fois par semaine durant 6 semaines maximum. Il présente autant d’effets secondaires que le prodophyllotoxine avec une efficacité de 80% ;
cidofovir : il s’agit d’un antiviral à large spectre. Il y a peu de documentation à ce sujet.
Attention, lors du traitement du condylome, il faudra éviter:
l'extrait de thé vert/sinécatéchines (VEREGEN). Il est inefficace et trop indésirable ;
l’acide trichloracétique à 85% à appliquer avec un coton-tige une fois par semaine durant 3 semaines. Il peut produire des brûlures incitant à en limiter l’usage. Il faut protéger la peau périphérique avec de la vaseline.
Pour les femmes enceintes, choisissez plutôt l’azote liquide ou le laser CO2 à la crème.
Dans 30% des cas, le condylome évolue vers la récidive. La surveillance lors des traitements doit se faire régulièrement (pendant 1 mois, 3 mois voire 1 an).
Pour prévenir le condylome, il faudra limiter la contamination du HPV en recommandant les préservatifs jusqu’à 3 mois après la rémission (cette mesure est de faible efficacité tout de même).
Il faudra également éliminer les facteurs de risque comme :
l’immunodépresseur, VIH (traiter) ;
le tabagisme (faite accompagner votre patient si vous n'avez pas le temps) ;
les nombreux partenaires sexuels ;
Il est nécessaire de dépister régulièrement les nouvelles lésions condylomes par anuscopie. Celle-ci permet de rechercher et caractériser les lésions au niveau de l’anus
Réalisez des vaccinations Cervarix (un antiHPV 16 et 18) et Gardasil (un antiPHV 16, 18, 6 et 11) chez les personnes à risque. Ces vaccins ont une efficacité globale de 50 %.
La circoncision serait également un moyen protecteur contre cette infection.
Il est important aussi de faire un frottis cervical de dépistage. Il s’agit d’un examen gynécologique de dépistage afin de repérer l’état de la paroi de l’utérus chez les femmes.
Il faudra faire également le dépistage des autres IST.