Prostatite aigüe
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La prostatite aigüe est une infection bactérienne de la prostate. Elle touche surtout les séniors. En cas de négligence, elle peut se compliquer. Diagnostic, symptômes et traitements… Faisons le point sur cette infection génitale masculine.
La prostatite est une inflammation de la prostate. On dit qu’elle est aiguë s’il s’agit d’une infection récente, moins de 3 mois.
Toute infection de l’appareil urinaire chez l’homme a une probabilité de 80 % d’affecter aussi la prostate.
Le plus souvent, cela est consécutif à un reflux d’urine infectée qui passe de la vessie vers les canaux prostatiques.
La prostatite aigüe touche 3 hommes sur 1000 hommes chaque année.
La personne qui souffre d’une prostatite aigüe a généralement des frissons et une fièvre importante.
Il présente également différents problèmes urologiques réalisant un « syndrome obstructif » :
une envie fréquente d’uriner ;
des brûlures en urinant ;
une difficulté à uriner ;
une douleur ou une gêne périnéale.
Les signes cliniques de la prostatite aigüe correspondent à une augmentation du volume de la prostate qui devient douloureuse. Ce signe s’observe à la palpation lors d'un toucher rectal prudent.
En absence ou retard de traitement, la prostatite aigüe est susceptible de provoquer quelques complications.
Rétention aigüe d’urine : il s’agit d'une personne n’arrivant pas à vider sa vessie pleine. Elle est caractérisée par la présence d’une voussure dans le bas du ventre que l'on appelle : globe vésical. Le sondage urinaire n'est pas indiqué car il peut léser l'urètre ?
Choc septique : il désigne un trouble grave provoqué par une infection généralisée (septicémie). Il se manifeste par une baisse brutale de la tension artérielle, une température très élevée ou très basse, des frissons...
Pyélonéphrite (complication rare) : elle correspond à une infection bactérienne située au niveau du rein.
Pour confirmer le diagnostic de la prostatite aigüe, le médecin réalise des examens biologiques.
Analyse sanguine
Une NFS-P (numération de la formule sanguine et des plaquettes) : on s'attend à voir les leucocytes et les polynucléaires élevées (par exemple 11000 leucocytes et 8000 polynucléaires neutrophiles par mm3)
Un dosage de la CRP (protéine C réactive) : on s'attend à ce qu'elle soit augmentée (supérieur à 8mg/l par exemple).
Une créatininémie: évalue le rein. On s'attend à ce qu'elle soit normale.
Analyse urinaire
Une bandelette urinaire (BU) : on s'attend à voir des leucocytes positifs, et/ou nitrites positifs, et/ou du sang positif. Toutefois, une bandelette négative n’écarte pas le diagnostic.
Un examen cytobactériologique urinaire (ECBU) du deuxième jet : le taux de leucocytes est supérieur à 10000/mm3 et la quantité de bactéries est supérieure à 1000/mm3. Le laboratoire va cultiver les urines pour déterminer quel est le germe en cause et sa sensibilité aux antibiotiques (antibiogramme).
Une hémoculture (ensemencement avec le sang) peut se pratiquer en option si la température du sujet est supérieure à 38,5 °C.
Et, comme examen complémentaire, le médecin demande parfois une échographie des voies urinaires. Celle-ci permet de rechercher un certain nombre de chose tel que les : obstacle, dilatation des voies urinaires, rétention aigüe d’urine, abcès...
En cas de symptômes d’une prostatite aigüe, le médecin généraliste peut faire le diagnostic complet et obtenir le traitement adéquat.
S'il n'est pas disponible ou si il y a des complications, les urgences prendront le relais.
Un pharmacien ou un professionnel de santé paramédical peut aider en orientant et en donnant des conseils sur la conduites à tenir face à la maladie. Les anti-inflammatoires ne sont pas idéaux car ils sont réputés faire augmenter l'infection, et aggraver les problèmes rénaux.
Le paracétamol est efficace pour apaiser le symptôme douloureux d’une prostatite aigüe. Il est aussi efficace pour traiter la fièvre.
Si possible, il faudra différer le traitement jusqu’à l’obtention des résultats du laboratoire (germe et sa sensibilité aux antibiotiques).
En l’absence de BLSE (bêta-lactamases à spectre élargi), les fluoroquinolones sont indiquées en première intention. Parmi eux, on peut citer :
le LEVOFLOXACINE PO 500 mg, à prendre une fois par jour pendant 14 jours ;
le CIPROFLOXACINE PO 500 mg, à prendre 2 fois par jour pendant 14 jours ;
l’OFLOXACINE PO 200 mg à prendre, 2 fois par jour pendant 14 jours.
En alternative, le COTRIMOXAZOLE 800 mg/160 mg, à administrer 2 fois par jour par voie orale pendant 14jours.
En troisième intention, le CEFTRIAXONE 1 g en intraveineuse ou en sous-cutanée, à prendre une fois par jour pendant 14 jours.
En cas de rétention aigüe d’urine, le traitement consiste à réaliser un drainage urologique. Cela peut se faire avec un cathéter qui perce la peau jusqu'à atteindre la vessie.
Il faut garder à l'esprit que les fluoroquinolones favorisent les tendinites, il faudra arrêter les fluoroquinolones dès que des signes évocateurs.
En général, l’évolution de la prostatite aigüe est favorable dans 75 % des cas. En cas de guérison clinique, les examens de contrôle ne sont pas recommandés.
En outre, la prostatite aigüe peut aussi mal évoluer : vers une prostatite chronique (cherchez ce terme)ou vers un abcès s'il est mal soigné, ou encore vers une persistance de la douleur.